‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 116 sur 357 · Voir ci-dessus, page i · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, page i

sou L\ r.ONFKRKNCE 0 ALGÉSIRAS

rence ; tantôt, à celte menace d'un caractère général, il en ajoutait de plus directes. Il laissait entendre que les dispositions du gouvernement impérial à l'égard de l'Espagne n'étaient plus les mêmes qu*en janvier : car il avait pu apprécier combien étroitement la politique espagnole était unie à la politique française. Il se plaignait formellement au président du Conseil de Tattitude de la délégation espagnole à Algésiras. Il l'informait du mécontentement personnel de son souverain et ajoutait que, si cela continuait, Tempereur ne viendrait sans doute pas rendre à Madrid au roi Alphonse la visite qu'il avait reçue de lui l'année précédente ^ Sous l'éperon de cet avertissement discourtois, le jeune roi se révolla de toute la générosité de son âge et de son caractère : et il fit immédiatement prier Guillaume H de fixer la date de sa visite. L'Empereur d'Allemagne, sur un ton du reste amical, lui répondit qu'il n*élait pas à même de lui fournir une indication ferme : c'était un refus poli de venir pour le moment à Madrid. En même temps, dans une forme beaucoup moins plaisante, l'attaché militaire allemand demandait aux ministres espagnols des renseignements sur l'affaire de Mar-Chica- et sur le « concert » qui semblait s'êlre établi entre l'Kspagne et nous pour le règlement, surplace, de ce vulgaire incident de contrebande. Chaque jour enOn M. de Ojeda, soit avec les représentants de l'Angleterre soit avec ceux de France, devenait un peu plus gêné, un peu plus fermé, un peu plus pessimiste ; et si l'absolue loyauté du roi était aussi évidente que la fidélité du président du Coîiseil, on sentait l'atmosphère chargée d'intrigues et que de sourdes menées se tramaient contre nous. Le 10 février, la note du duc d'Almodovar sur la police' nous apprenait à quoi avait abouti le travail allemand. Elle nous montrait aussi sur quel terrain nous devions nous placer pour le déjouer. A Paris même, le prince de Radolin, oubliant ses déclarations do janvier sur la nécessité de laisser k la conférence seule le soin do trancher les questions, faisait au quai d'Orsay d*étranges démarches, dont le but imprécis aggravait le caractère anormal. Le mercredi 14 et le jeudi 15 février, il demandait audience au

1. Le roi d'Espaj^nu était allé à Berlin en novembre 1M5. Les démarches iiu?uacanlcs doM. d«' Sluinni se ropétôivrit du 11 au 20 février.

Page 1