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président du Conseil. M. Rouvier, constatant que l'ambassadeur irenail lui parler des problèmes soumis à la conférence, c'est-à-dire rouvrir une négociation directe, Tarrêta dès les premiers mots. C'est l'Allemagne qui avait voulu la conférence. Nous y étions. Il fallait y rester. C'était vis-à vis des délégués un devoir d'élémentaire correction. L'Allemagne, après avoir refusé obstinément que ra(Taire du Maroc se réglât en téte-à-téte. avait-elle attendu, pour changer d'avis, que les représentants do treize puissances fussent, depuis un mois, réunis à Algésiras? S'il en était ainsi, nous avions, quant à nous, le regret de ne pouvoir nous y prêter. Le prince n'insista point. 11 parla alors du mandat général et de « l'engagement » pris de ne pas le solliciter. M. Rouvier lui rappela les documents que l'on sait. Le prince n'en contesta pas la force. Sa seconde visite fut aussi incertaine que la première : des allusions, des essais indirects de renouer un dialogue parallèle à la conférence, rien de plus. Pour y couper court, le président du Conseil lui remit une note sommaire qui, en quelques lignes, établissait une fois de plus que la renonciation affirmée par M. Rosen n'existait que dans son imagination, dénonçait l'équivoque entretenue sur le sens du mot « mandat général », — un mandat n'étant pas général lorsqu'il est limité à huit ports, partagé entre deux puissances et, éventuellement, subordonné dans son exercice à des garanties de surveillance. La note ajoutait que M. Révoil avait pleins pouvoirs pour négocier sur ces bases et qu'à lui et à ses collègues seuls devait être laissé le soin do poursuivre cette négociation. C'était la sagesse même : et après un mois de conférence, en présence d'une politique aussi flottante qu'inamicale, la courtoisie et la prudence eussent également condamné Fouverture à Paris de pourparlers sans objet, mais non point sans danger. Un fait, connu de nous quelques heures après, devait apporter à notre réserve une justification de plus. Dans deux communications adressées Tune ù Vienne, l'autre à Rome, le prince de Bi\loWr prenant à son compte les informations inexactes de la dépêche WolflF, ne s'étonnait-il pas que M. Révoil eût « rompu la discussion sur la banque ))?^ Ceci au moment où cette conversation,
1. M. de Bûlow s'appropriait ainsi une fausse nouvelle do la Gazelle de Cologne déjà démentie par le Temps.
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jamais interrompue, continuait, on l'a vu, dans les conditions mômes demandées par M. de Uadowitz, entre M. Regnault et M. de Tattenbacli. Quelle que fiU Torigine d'aussi étranges erreurs, nous no pouvions assister sans inquiétude au développement de celle politique insidieuse et décevante, avec laquelle rien jamais n*étail acquis, ferme, ni définitif et qui, infiniment ondoyante et diverse dans ses moyens, trouvait son unité dans la méconnaissance persistante de nos droits et de nos intérêts.
La première^ mesure à prendre était une précaution d'ordre général. A Âlgésiras, à Berlin, à Vienne, à Rome, à Madrid, à Saint-Pétersbourg, à Paris même, nous constations que l'on invoquait contre nous trois sophismes. Le premier était la prétendue promesse faite au D' Rosen de ne pas demander pour la France le mandat de police. Le second consistait dans la méprise volontaire que Ton commettait sur le caractère et l'étendue de ce mandat. Lo troisième, qui avait pris corps dans la dépêche Wolflf, dénaturait Tattitudo de nos représentants à Algésiras et nous imputait des responsabilités que nous ne pouvions pas accepter. Sur les trois points, il était aisé de rétablir la vérité. Tous les documents nécessaires furent mis à la disposition de nos ambassadeurs. Et, dans chaque capitale, la rectification fut faite avec succès.
A Vienne, le comte Goluchowski ne cacha pas sa surprise. Gomment de telles confusions étaient-elles possibles? En les signalant, le marquis de Reverseaux, qui, du premier au dernier jour, tint avec infiniment de tact et de succès un rôle malaisé, savait qu'il stimulerait le zèle du ministre commun pour une solution conciliante. Sans doute, le comte Goluchowski a fait pendant ses onze ans de ministère une politique très-allemande. Mais c'est la politique de sa fonction. Et, personnellement, il n'a jamais donné à cette politique un caractère anti-français. On sait les liens qui l'attachent h notre pays. C'est d'autre part un esprit plein de mesure. Dans Tafi'aire marocaine, il ne méconnaissait aucune des difficultés de sa position. Mais il avait eu, dès le début, la pensée de trouver dans ces difficultés mêmes l'étoffe d'un succès per-
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"sonnel. Ce succès ne devait pas lui être inutile. Très attaqué, surtout en Hongrie, il serait fortifie à son poste si, par ses soins, rAutriche apparaissait comme la médiatrice de l'Europe en mettant d'accord l'Allemagne et la France*. Plusieurs fois, il avait demandé au marquis de Reverseaux de transmettre à Paris des conseils transactionnels. Puis, le temps passant, il avait été forcé de reconnaître dans ses conversations avec notre ambassadeur que, depuis la réunion de la conférence, nous avions prouvé, notamment le 3 et le 17 février, notre désir sincère d'entente. Cette preuve de notre modération fut très habilement utilisée par M. de Reverseaux. Et, sur ses suggestions discrètes, d'un mouvement naturel et comme spontané, le comte dirigea vers nos adversaires les exhortations au calme que, d*abord, il nous avait adressées. A plusieurs reprises, il marqua au général de W- edel, ambassadeur d'Allemagne, que les tiers n'approuveraient pas, si elle se prolongeait, l'intransigeance de M. de Hadowitz. Au duc d'Avarna, ambassadeur d'Italie, il exprima plus ouvertement son blâme pour l'attitude équivoque de la chancellerie allemande. Simultanément, une interpellation, sans importance pratique, il est vrai, était déposée au Reichsrath par l'un des leaders du parti tchèque, le D' Kramarcz, sur les risques que faisait courir à l'Autriche, dans l'affaire marocaine, une interprétation abusive du traité de la Triple Alliance -. A des degrés divers et avec des conséquences très iné-