Voir ci-dessus, page
2. M. Kramarcz motivait ainsi son interpelljition «Icposéo lo 15 février :
rt Nous avons lo ferme espoir qu-î la question marocaine, malgré ses dangers «•vidents. sera résolue pacifiqu«;ment. Nous considérons comme nécessaire de savoir si notre monarchie, eu égard à l'article 2 du traité d'alliance auslroallemand, est sufflsanmient protégée contre les dangers qui pourraient compromettre sa tranquillité du l'ait do la politique mondiale de rtnq)ire d'Allemagne. Certes, il n'y aurait personne en Aulriche qui ne serait épouvanté a l'idée ([\ic l'Autriche doive intervenir avec sa force armé*; pour la politique marocaine do l'Allemagne. Les peuples de l'Aulriche doivent protester d'autant plus énergiquemenl contre une pareil'e éventualité (ju'ils sont plus disposés à défendre leurs intérêts et ceux bii.'n compris de la monarchie.
0 PréiMsément, pendant ce conflit, on reconnaîtra ce que nous avons si souvent affirmé : que la Triple-Alliance, au moment où la politique européenne devient une politique mondiale, recèle pour nous des dangers incalculables sans compensations suffisantes pour notre sécurilé. Si donc la Triple-Alliance ne doit pas ôtre pour les peuples de TAutriche un élément de plus grande inquiétude, il faut que nous apprenions par une déclaration autorisée que nos obligations ne doivent pas s'exercer en dehors du cas où il s'agirait de maintenir l'éiiuiiibre et le statu quo en Europe. Nous ne voulons aucune
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gales, ces événements élaient, à noire profit, des mesures de pro< phyluxic, qui, sur le terrain le moins favorable pourtant û noire cause, arrêtaient les insinuations allemandes et nous valaient, sinon un appui, au moins des sympathies. Nous devions, à la (in du débat, en recueillir le bénénco.
A Saint-Pétersbourg, nous n'avions pas à convaincre le comte Lansdorf de notre bonne foi et de notre bon droit. La dialectique de M. de Schœii n'avait pas troublé son esprit clair et son cœur fidèle. Et l'appui, que, dès le principe, il nous avait prêté, nes*élait pas démenti. Convaincu qu'après ses affirmations publiques d'intransigeance, le gouvernement allemand ne céderait pas à des arguments, mais seulement à la nécessité, il cherchait avec nous comment celte nécessité, évidemment d'ordre moral, pourrait se manifester. Le comte Lamsdorf eut, en celte occasion, une vue très juste et que Tévénement confirma. L*Allemagnc ne.se rendait pas à nos raisons : c*était donc Téchec à peu près assuré de la conférence. Mais le très vif souci qu'ont les Allemands, à commencer par l'Empereur, de l'opinion de l'Europe à leur égard, celte préoccupation un peu tluàtrale de paraître et d'être applaudis qu'on noie en eux si fréquemment, ne fournissait-elle pas une prise sur leur politique? Le comte Lamsdorf estimait que si. Et, pour ce qui le concernait, soit dans ses conversations avec M. de Schœn, soit dans ses télégrammes au comte d'Osten-Sacken, il insistait sur la responsabilité qu'assumait TAUemagne, en empêchant le succès d'une conférence, réunie à sa demande, par des exigences que l'Europe était unanime à ne pas approuver. Il voulait que cette remarque allât jusqu'à Guillaume II. Et, pour cela, il prescrivait à Tambussadeur de Russie de se rendre, malgré le deuil de la cour impériale russe, au bal donné par l'Empereur d*Allemagne, le 21 février, et de lui parler dans ce sens. Il voulait aussi que son
politique agrossivo. nous ne pensons ù aucun agrandissement territorial et, l)oui- rien au monde, nous no voudrions prendre sur nous la responsabilité d'une guerrcî (jui ne serait occasionnée «jue par la politiiiuo d'p.\pansion do notre alliée. »
Simultanément la presse hongroise soutenait des idées analogues. Un des organes principauv du parti n>agyar, le Magyar Orszag, journal do M. Kos- >utli. déclarait « «luo la Hongrie no veut s'iilentilier en aucune façon avec la politique allemande au Maroc m et il ajoutait : « On peut aussi nous représenter comme les enn'-mis do la Triplice: nous ne protesterons pas, car nous considérons que la Triplice est l'obstacle principal & nos i*cvendicaUons légilimes. »
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représentant ne fût pas seul ù tenir ce langage à Berlin. Et lout en reconnaissant qu'il fallait éviler l'apparence blessante d'une pression concertée, il nous conseillait inslammcnt de mettre en mouvement tous nos amis. Il savait par l'ambassadeur d'Angleterre que le cabinet de Saint-James irait avec nous jusqu'au bout. Mais, selon lui, ce n'était pas assez. 11 fallait que Tltalie et les États-Unis vinssent aussi à la rescousse et que, d'un môme mou* i^ement, avec la Russie et TAngleterre, ces deux puissances rendissent sensible à l'Allemagne le jugement de la conscience publique qui donnait raison à la France. La seule chance d'accord résidait, à ses yeux, dans cette offensive diplomatique. Il ne cessait de nous y convier.
Mais, avant d'attaquer, il fallait, sur des points essentiels, repousser les assauts dont nous étions l'objet. A Rome d'abord, malgré l'appui unanime de la presse, malgré la présence dans le cabinet d'un ami dévoué de notre pays, M. Luzzatti, ministre du Trésor, malgré même les sentiments intimes du roi, on a vu combien nous étions serrés de près par les menées allemandes. L'intérêt du ministère italien s'était trouvé d'accord avec le nôtre pour repousser momentanément ces menées, en renvoyant au marquis Visconli-Venosta les conseils et les demandes apportés par M. de Monts à la Consultai Ce n'était là toutefois qu'un expédient précaire. Et, tôt ou tard, il faudrait prendre parti sur le fond. On sait que les engagements réciproques de la France et de l'Italie au sujet de Tripoli et du Maroc, ont la forme d'un protocole de désintéressement mutuel. Mais les obligations qui résultent de ces sortes de contrat peuvent être interprêtés de deux façons différentes : ou bien les contractants se garantissent un appui effectif pour le développement de leurs politiques respectives ; ou bien ils se bornent à ne pas entraver ce développement. Dans l'esprit des signataires des accords franco- italiens aussi bien que dans celui de leurs successeurs, MM. PrinettietTittoni notamment, la première interprétation était seule valable. Et, partant, l'Italie devait appuyer de son vote à Algésiras les seules solutions présentées par la France. Mai8,à mesure qu'approchaitl'heurcdes responsabilités, lesfaibles, il y en a partout, murmuraient qu'après tout le devoir de l'Italie