Voir ci-doasus, page
LA PHESSIOiN ALLEMANDE 207
allait redresser les volontés hésilantes. Aidé du chargé d'affaires l'Angleterre, M. Carlwright, notre ambassadeur alla droit au fait. >i^ l'Espagne, cédant à des offres ajlemandes, oubliait ses engageï^enls, elle ne ferait que déplacer Tobstacle qu'elle fuyait : car la résistance anglo- française se substituerait à la résistance nllettiande. C'était Tévidence même. Aussi bien, M. Moret affirmait sur l honneur qu'on se méprenait sur les sentiments des plénipot.enliaires espagnols à Algésiras ; que jamais le duc d'Almodorar nipersonne n'avait pu songer à s'écarter du chemin tracé par les accords. Il faisait valoir cependant les mérites de la note du 19, qui, selon lui, réservaitTavenir et permettait d'éviter une rupture. C'est cela que nous ne pouvions admettre. Énergiquement soutenu par le chargé d'affaires d'Angleterre, M. J. Cambon signala au président du Conseil que mieux valait cette rupture que l'abdication proposée; que mieux valait l'échec de la conférence avec le maintien des accords franco-espagnols que le succès de la conférence par la ruine de ces accords. Dans ces accords résidait, en effet, pour l'Espagne comme pour nous, la se\ile garantie du lendemain. Ce que serait ce lendemain, on l'ignorait. Il pouvait, vu la situation générale de l'Europe, être plus difficile pour l'Allemagne que pour nous. Et qui sait s'il ne nous offrirait pas, plus tôt que nous ne pensions, l'occasion d'exécuter au Maroc les arrangements de 1904 et de 1905? Nous faisions observer d'ailleurs que, dans l'instant qa'elletentaitd'amorceravecl'Espagnedespourparlerséquivoques, l'Allemagne essayait d'en nouer à Paris avec nous ^ Fidèles à nos engagements, nous refusions ces apartés. On devait faire de même à Madrid. Cette démonstration répondait aux convictions de M. Moret. S'il avait pu être superficiellement impressionné par des insinuations contraires, sa pensée intime restait la même. Cela ressortait de ses paroles, de son ton, de la chaleur avec laquelle il répétait, une fois de plus, que rien ne valait pour son pays l'entente étroite avec la France et l'Angleterre. La volonté du roi, il le déclarait à M. Cambon et le faisait dire à M. Rouvier, était d'ailleurs invariable. Pour éviter le retour des malentendus, Alphonse XIII désirait que le duc d'Almodovar s'abstînt de toute initiative, de toute intervention, risquant de retarder l'entrée en