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scène de la conférence et son vole. Au surplus, la proposition du 19 n'avait pas d'existence ofTicielle. 11 n'en restait rien, du moment que nous Técartions. La seule base ferme et durable, c'étaient les accords. On s'y tenait des deux parts avec une égale fermeté. A Madrid comme à Home, nous faisions face parconséquent à l'effort allemand. Mais il restait, avec l'Espagne, à régler amicalement une difficulté locale qui, contemporaine de la réunion de la conférence, fournissait, en durant, à la diplomatie allemande, Toccasion de rouvrir contre nous les intrigues que nous venions de déjouer.

L'alTaire de Mar-Chica, dont quatre diplomaties et trois marines de guerre eurent tour à tour à s'occuper, ne méritait pas tant d'honneur. Et si le caractère ombrageux des Espagnols ne l'avait fâcheusement grossie, elle eût été tranchée sans peine par la France et par le Maroc. Mar-Chica est une lagune, au sud et non loin du préside espagnol de Melilla. Des Français', avec qui bientôt des Belges s'étaient associés, avaient fondé là une factorerie : quelques lentes et un baraquement en planches. A quoi s'occupaient-ils? Très-cerlaincmenl à approvisionner le prétendant, dont le campée dressait sur la montagne, à quelques kilomètres. Mais un certain nombre de jolirnalisles espagnols, ceux notamment d'un journal de Melilla, El 722/, affirmaient que nos compatriotes ne se bornaient pas à de légitimes opérations commerciales : qu'ils faisaient aussi de la contrebande de guerre et qu'ils avaient promis au Roguî de lui apporter 60 000 fusils. Or le llogui était notoirement insolvable. Cette fourniture importante avait donc un but politique. El làdessus, sans vérifier les faits, sans examiner les intérêts en cause» on accusait la France de poursuivre, tout près de Melilla, un dessein machiavélique, — lequel, on ne le disait point, à quelles fins, on ne l'expliquait pas. Mais, l'écho multipliant les commérages locaux, le bruit de nos <( intrigues » arrivait jusqu'à Tanger, passait à Algésiras et se répercutait à Madrid.

C'était une ennuyeuse histoire, et qui, si médiocre f&t-elle»

i . Lo nombre de ces Fran«;ais varia de cinq à dii.

risquait de nous attirer divers désagréments. Il va de soi qu'après les sacriûces consentis par nous en faveur du Sultan, personne en France ne pouvait songer à soutenir contre lui le Ilogui. Il n'est pas moins évident que, si nous eussions voulu lefaire^ ce n'est pas la région que les accords de 1904 reconnaissaient à l'Espagne comme sa sphère d*influence que nous eussions donnée pour terrain à cette action. C'étaient là des vérités d'évidence. Mais les Espagnols sont souvent plus sensibles à des impressions qu'à des raisons. Ils sont prompts à la défiance. Et leur amour-propre est incjuiet. Certains d'entre eux, comme M. Villanueva^ nous étaient hostiles. D'autres, seulement crédules, s'associaient au jeu des premiers. Il était donc à craindre que, dans l'instant où la fidélité de l'Espagne nous était le plus nécessaire, elle ne fût ébranlée par les imputations dirigées contre nous. Et cette crainte était d'autant plus légitime que TAUemagne, aux aguets, pourrait être tentée d'intervenir soit dans la coulisse soit publiquement. D'autre part, au Maroc même, il était fâcheux qu'un conQit fût possible entre les autorités chériOennes et des ressortissants français. Les Marocains ignorent les nuances du droit public européen. S'ils se décidaient à des mesures de répression, nul doute qu*ils n'allassent trop loin, nous obligeant ainsi à les contenir. Rien ne nous autorisait d'ailleurs à penser qu'ils dussent traiter TafTaire dans un esprit amical ou seulement loyaP. De ce cêté encore par conséquent, des difOcuUés étaient à prévoir, dont le retentissement accru par la proximité, ne manquerait pas de compliquer les débats d'Àlgésiras.

Notre intérêt était de prévenir ce qu'il pourrait être délicat d'arrêter ou de réprimer. Dèsle 15 janvier, le croiseur La/a7icfe avait été envoyé à Mar-Chica. Si des navires battant pavillon français avaient été surpris par lui en flagrant délit de contrebande de guerre, il les aurait arrêtés : il ne pouvait faire davantage. Or, dans sa croisière, le Lalande ne rencontra ni voiliers ni vapeurs français : seules, les balancelles espagnoles de Melilla longeaient la côte, avec des intentions peut-être repréhensibles, mais qui ne nous regar-

\. Ghennam, délégué intérimaire du Sultan à Tangor, allait, quelques jours après, inart]uer une froideur toute particulière dans les félicitations oflicicllcs qu'il apporta à M. Saint-Rcnc-Taillandicr, lors de l'entrée en fonctions de M. Pallii^res.

Tardieu. 14

210 LA CONFÉRENCE 1) ALGÉSÏRAS -]

daienl point. Sur la lagune de Mar-Chica, on apercevait la petite ; factorerie. Mais le yacht, qui était réputé rapprovisionner, VEider, j n était pas là. Nos consuls, dans les villes de la côte européenneet africaine, avaient été invités à veiller sur les mouvements de C6 petit bâtiment et d*un autre, le Zuê, appartenant au même armateur. .Mais nous étions désarmés à Tégard des navires de nationalité i étrangère. Et quand, à la fin de janvier, un vapeur suédois, venant ] en ligne droite d'Anvers, débarqua à Mar-Chica â canons, 600 obus, ' 1000 fusils et 350000 cartouches, il allait de soi que nous ne pouvions rien pour la répression du délit qu'il commettait en introduisant au Maroc des marchandises en dehors des ports ouverts. L'Espagne, informée par nous de Tcnquétedu Lalande, le reconnaissait d'ailleurs et exprimait Tavis, que, seul, le maghzen pouvait agir efficacement pour mettre un terme à une situation délicate. Elle invitait donc le représentant du Sultan à Tanger éprendre toutes mesures convenables à cet effet.

La seconde des complications que nous avions à redouter, c*esi à savoir, Tintervention du Maroc, était donc imminente. A deux reprises successives, à la fin de janvier et au début de février, un petit vapeur marocain, qui constitue à lui seul toute la flotte d'Abd-el-Aziz, le Turki, s'en fut à Mar-Chica et envoya sur la factorerie des obus d'ailleurs inefficaces et dont aucun n*atteignit le but. C'était là un procédé sommaire que nous ne pouvions pas admettre. Si nos corapalriolesfaisaientde la contrebande de guerre, il était licite, après vérification, de les saisir à terre et de les remettre aux autorités françaises : mais cette canonnade a priori n'élait pas acceptable. Elle «'tait plus injustifiableencore, si ledélit se bornait à commercer en dehors des ports ouverts. De toute façoo^ nous devions protéger nos nationaux, si gênants fussent-ils pour notre politique, contre une action coercitive. Une telle action était d'autant plus déplaisante que les canons du Turki étaient maniés par un personnel allemand au service du Sultan. M. Rouvier, en termes catégoriques, invita donc M. Révoil et M. Saint-René-Tail* landier à formuler auprès des représentants du Maroc une énergique protestation et à déclarer que le maghzen serait rendu responsable de tout acte de guerre commis contre des Français. Comme cependant il importait que notre bonne foi ne pi!kt être suspectée, le Lalande^ revenu à Tanger, reçut Tordre de retourner

à Mar-Chica et de s'opposer aux actes de contrebande qu'il constaterait. Dans ces conditions, nous étions doublement qualifias pour exiger que le Tm^ki reçût Tordre de ne plus tirer. Celte somnnation fut adressée à Tanger au fils de Torrès^ en même temps que notification lui était faile par écrit du départ du Lalande, On a vu qu'elle n'avait pas empêché le Turki de recommencer en février l'inutile bombardement de janvier. Les Marocains s'en excusèrent en disant que les Français de Mar-Chica ne se contentaient pas de faire de la contrebande; qu*ils étaient les alliés du Ilogui; qu'ils avaient des canons, — c'était vrai, — et que le Turki avait ouvert le feu pour prévenir une attaque, — c'était douteux, — non pas même sur la factorerie, mais sur des maisons arabes l'avoisinant. Le retour du Lalande allait nous permettre de vérifier dans l'avenir la sincérité de ces assertions.

11 était indispensable que le commandant du croiseur agit énergiquement tant pour contenir la malencontreuse activité de nos nationaux que pour parer aux brutalités du Turki. Le commandant s'acquitta par des avertissements menaçants de la première partie de sa lâche. Pour la seconde, il aviserait selon les circonstances. Ces circonstances, précisément, n'allaient pas larder à se compliquer. Le li février, un vapeur français, le Zénith^ quittait Oran. En réponse aux avis réitérés de la préfecture que l'accès de Mar-Chica était interdit, l'armateur déclarait formellement que son bateau allait à Nemours et à Melilla, pas ailleurs. Le 15, le Zénith était néanmoins devant Mar-Chica. Et le Turki, l'apercevant, lecanonnait aussitôt, h^ Lalande intervenait et arrêtait la canonnade, en obligeant toutefois le Zénith à repartir pour Oran, après s'être assuré d'ailleurs qu'il ne portait pas de contrebande de guerre. Le Turki, se retournant alors vers la terre, bombardait la factorerie : ce à quoi le Lalande s'opposait également. Le commandant de notre croiseur, qui, la veille, avait donné un délai de trois jours aux gens de Mar-Chica pour quitter leurs établissements et rejoindre son bord, avait rempli son devoir en défendant au Turki d'user de violence. L'inlervenlion de son bâtiment n'en fit pas moins, à Algésiras et à Madrid, l'objet desinter-

1. Torrés était, pondant son absence, remplacé dans ses fonctions de délégué du Sultan à Tanfzcr par son fils et par Ghennam.

212 LA CONFKRENCE D ALGKSIRAS

prétations les plus désagréables. Les journaux proteslaient les uns violemment, les autres sourdement. M. Moret craigoait d'être interpellé, il disait que notre croiseur s'était opposé à une action légitime du navire marocain, — action demandée par l'Espagne. Il admettait notre droit d'empêcher le bombardement de la factorerie, mais il estimait que nous n'aurions pas dû défendre au TurU de poursuivre \e Zénith. Il craignait que rAllomagne n'en proGtàt pour se mêler d'une affaire qui ne la regardait point. Que le commandant du Lalande, après avoir visité le Zénith et constaté qu'il n'avait pas à bord de contrebande de guerre, eût dû, non content de le faire repartir pour Oran, le laisser canonner par le Turki^ c'était une thèse insoutenable. Le gouverneur de Melilla avait d'ailleurs approuve sans réserve l'attitude du commandant. M. Moret, par contre, avait raison de prévoir l'interrention de TAllemagne. Cette intervention allait se produire sur deux terrains à la fois.

Le 16 février, M. de Tattenbach, muni d'un télégramme da mécanicien allemand du Tur/ci racontant l'affaire du 15 et se plaignant du Lalande, demandait des explications à M. RegnauU : demande d'un caractère personnel, d'ailleurs, qu'il motivait par le seul désir d'éviter des incidents, Ce que M. RegnauU savait de la mission du Lalande sufïisait à dégager notre responsabilité. M. de Tattenbach en convint. Il ajouta même qu'il était prêt à faire des observations à Torrès dans le même sens que celles que nous avions déjà formulées. Sans répondre à cette invite, M. Regnault observa que l'afTaire n'était pas du ressort de la conférence et laissa l'entretien sans conclusion. Bien lui en prit, car, tandis que le comte de Tattenbach lui faisait ces offres obligeantes^ encore qu'un peu indiscrètes peut-être, le prince de Radolin, d'ordre évidemment du chancelier, apportait au quai d'Orsay une communication beaucoup moins amicale ^ D'après lui, le gouvernement allemand savait, — or il ne pouvait avoir d'autre source que les journaux, — que les Français de Mar-Chica se livraient en grand à la contrebande de guerre au proût du Rogui. Dans ces conditions, et sans nous dire de quoi il s'autorisait pour se mêler de cette aOaire, le gouvernement impérial s'adressait

i. Le môme jour, 16 février.

à nous directement pour avoir des explications. Il aurait pu également, disait l'ambassadeur, saisir la conférence, mais il avait préféré ne pas « faire un éclat ». C'était là une initiative étrange. Entre deux Etats souverains, la France et le Maroc, que signifiait cette intervention de TAlIemagne? A quel titre se produisait-elle? Quel droit invoquait-on pour la motiver? Le Maroc était-il sous le protectorat de rAllemagne, pour que le prince de Radolin vînt ainsi parler en son nom, envisager même à cette occasion l'hypothèse d'un a éclat »? La réponse qui fut faite à Tambassadeur ne lui permit pas d'ignorer notre légitime étonnement. Rien ne nous autorisait à admettre l'authenticité des détails qu'il donnait, d*après une dépêche de M. Harris dans le Times, Nous avions pris toutes les mesures légales pour nous opposer à des actes de contrebande plus gênants pour nous que pour personne, sans rien pouvoir du reste contre les navires suédois, belges, allemands même qui s'y livraient. Au surplus, c'était TafTaire du Maroc et la nôtre. Elle n'intéressait personne d'autre. Ainsi accueillie, la « demande d'explications » n'eut pas de suite. Peut-être sut-on par une voie indirecte que, si elle eût été contre tout droit portée devant la conférence, « l'éclat » annoncé fût venu de nous et n'eût fait de tort qu'à l'Allemagne, surprise en flagrant exercice de ce « protectorat » qu'elle nous reprochait de convoiter.

Dès le 19 février, nous décidions d'ailleurs que le Lalande repartirait pour une troisième croisière, afin de s'opposer à la fois à tous actes illégaux de la part de bâtiments français, à tous actes violents de la part du Turki. Son commandant avait l'ordre de prévenir du but de sa mission le navire marocain. Si des vapeurs on des voiliers portant pavillon français étaient reconnus par lui, après visite, coupables soit de contrebande, soit simplement de stationnement illégal dans les parages de Mar-Chica, interdits depuis quinze jours par un règlement de la marine, il les ferait juger par un tribunal maritime français. L'aiïaire semblait donc en voie d'arrangement du côté du Maroc. Et du côté espagnol, Tinitiative allemande, aussi inquiétante pour l'Espagne que pour nous, avait rétabli la confiance et la solidarité.

21 i LA CONFliinENCE d'aLGÊSIRAS

Telle élait, au terme de celle première période et à la veille da jour où allaienl reprendre les séances, la situation à Algésirasel dans les capitales. Tous les plénipotentiaires se trouvaient, à des degrés divers, mais unanimement d*accord pour juger qu'elle élait mauvaise et que les exigences de T Allemagne rendaient vraisemblable l'échec de la conférence. Le duc d'Almodovar ne cachait pas son pessimisme. Sir Arthur Nicolsonet M. Révoil s'attendaient à une rupture. Le comte de Welsersheimb la tenait pour si probable qu'alin de la masquer, son gouvernement proposait au marquis de Reverseaux de suspendre la conférence'. Seul, le comte Cassini trouvait dans son habituel scepticisme les éléments d'une conliance persistante.

Si cette rupture se fût produite, l'Allemagne en aurait porté devant l'Europe la responsabilité. Elle avait exigé la conférence : la conférence s'élail réunie. Elle avait voulu que l'intégrité du Maroc, la souveraineté du Sultan et la liberté commerciale fussent respectées : nous les avions non seulement reconnues, mais garanties. Elle avait invoqué sa dignité : cette dignité était satisfaite par la réunion d'Algésiras; ses intérêts économiques: ces înté-

i. Le pessiiiiiàiue éclatait dans loutos les correspondances. M. Joseph Galtiur ((.Ué^nuphiail : « La plupart dos ain))assadourA que j'ai tus ne m*ont pas radié louib i»entlinenU. IlâpMiocnt que los négocialions demeurent ouvcrtos, mais ([u'il n'est plus de saison do s'ubaudonner à. un optimisme confiant. » (Lo Temps. 21 février 190G).

M. Hobort de Caix écrivait au ukônic moment : a Certains plénipotenUaires — nous disons cerLains et non pas tous— semblent conserver peu d'espoir de iiioner à bien la conférence, ils laissent d'ailleurs deviner leurs sentiments plus (ju'iis no les oxpriinonl : ils afiiraient leur optimisme, mais avec moins de spontanéité que do raidissoiiient contre une idée qu'ils veulent repousser, connue un bointne qui fait désespérément un acte de foi à l'heure de sa vie où il est sur le point do lu; plus croire. 11 subsiste assurément encore à, Algésiras des oplirnisnics robusteset décidés à l'action, mais le doute, très rare à l'époque de la période préparatoire, a gagné de noinbi-eux esprits. »

M. Stanbopo. correspondant du Seiv-Yurk Herald, qui arrivait de Berlin disait : « L'Allemap^no veut à tout prix humilier la France soit par la gueiTC soil par la paiv. »

Knlin lo correspondant do l'agence i/at^o^ télégraphiait : a Les principaux délégués des autres puissances considèrent que la conféi*ence est condaïunôe niainlenant d'une manière à peu près inévitable. »

rets étaient sauvegardés par les engagements les plus formels. Que demandions-nous? Â trouver dans Torganisation de la police la reconnaissance pour l'Espagne et pour nous d'une situation particulière et d'un intérêt spécial qui n'étaient pas contestables et que rAliemagne môme avait admis en juillet 1905. On avait dit à Berlin que la tâche des plénipotentiaires serait de concilier ces intérêts spéciaux avec les intérêts généraux de TEurope. Les seconds étaient par notre loyauté pleinement préservés. Par Tin- Iransigeance de TAUemagne, les premiers étaient sacrifiés. Et dans quelles conditions? Après que les promesses les plus rassurantes nous avaient été prodiguées. Relisez le Livre Jaune : (c La conférence facilitera au Maroc de satisfaire aux désirs justifiés de la France ^ » Et plus loin : « L'Allemagne, affirme le prince de Blilow, ne peut faire aujourd'hui, — 23 juin 1905, — ce qu'elle aurait certainement pu faire il y a un an et ce qu'elle pourra pcut< être faire dans un an. Si vous acceptez la conférence, la diplomatie impériale adoptera dans les négociations ultérieures une attitude dont vous aurez lieu d'être satisfaits 2. » Ou encore : « La conférence he tend pas à procurer à la diplomatie allemande une misérable satisfaction d'amour-propre, ni à porter atteinte à la dignité d'une grande nation^. » Le 9 juillet 1905, M. de Bulow accentuait a le contraste entre la résistance qu'il croyait devoir, avant la conférence, opposer à nos demandes et la facilité avec laquelle il accepterait nos légitimes prétentions si Ton se fiait à ses paroles et si la conférence se réunissait^ ». Enfin le 4 octobre 1905, il reconnaissait, dans une déclaration dont le texte fut revu et approuvé par lui*, que le Maroc n'avait été pour l'Allemagne qu'une « occasion » et, la dignité de l'Empire comme ses intérêts commerciaux étant respectés, il s'engageait « à ne pas nous gêner. â nous aider même au Maroc et ailleurs ». Or de toutes ces promesses, que restait-il? L'Allemagne, depuis le début de la conférence, ne nous avait rien cédé. La France, tout en prouvant son droit de revendiquer pour elle seule la charge d'organiser la

i. Voir Liv^'e Jaune^ page 235.

t. y o'ir Livre Jaune y page 241.

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