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police, avait accepté de la partager avec TEspagne. Â ceux qui raccusaient de vouloir ainsi prendre le Maroc, elle avait prouvé qu'il ne s*agissait^ qu'il ne s'était jamais agi, fût-ce en 1905, que de mettre dans huit ports une soixantaine d'instructeurs français et espagnols à la disposition des autorités chérifiennes. Si on lai donnait satisfaction sur la question, essentielle pour elle, delà nationalité de ces instructeurs, elle ne refusait même pas d'envisager des garanties de surveillance pour le fonctionnement de cette police. L'Allemagne cependant était restée intraitable. Gest alors que la presse française, suivant l'exemple donné par le Temps S avait, avec une unanime énergie, demande au gouvernement de porter le débat devant la conférence ; de prouver, devant l'Europe et avec l'aveu de l'Europe, que l'Allemagne, par ses prétentions, paralysait l'effort d'une conférence réunie à sa demande; de montrer que les puissances, dont la chancellerie impériale
1. Voici (les extraits des principaux articles du Temps à cesujet :
M II est lompstiue la conférence disu son mot. 11 est temps qu'elle puisse statuer sur la qualité spéciale de nus intérOls et de nos droits ; évaluer la situation unique ({ue nous crée noire empire algérien ; comparer à nos titros, qui tiont trèsforls, nus prétentions, qui sont très-modérées; exprimer enfin son opinion sur les coinbinaisuns diverses que MM. Révoil et de Radowitz oui jus(iu*i<:i disculées dans le silence du cabinet. Convaincus de la bonté de notre cause^ nous demandons que la conférence soit mise â m^me de reconnaître le caractère particulier de notre droit, à même aussi d'indiquer comment il en sera tenu compte. Si, à ce moment, l'Allemagne demeure intransigeante, il sera temps de parler de a refus » et « d'échec », — sans d'ailleurs prendre au tragique les conséciuences de l'un ou de l'autre. Jusque-là il no saurait y avoir rien de définitif. Car l'avis de TEurope n'est pas encore tomt>é dans la balance. Et cet avis ne saurait manquer de peser beaucoup sur l'issuo de la conférence. » (11 février 1900.)
Et encore :
« Plus «lue jamais, nous estimons qu'on aurait grand tort d'abuser des conversations préalables souhaitées par M. de Radawitzet qui n'ont jusqu'ici pas donné de résultat. Nous avons, depuis le 6 juin dernier, l'expérience de ce que sont ces conversations. Les délégués allemands y manifestent simultanément It^s plus cordiales intentions de conciliation et l'intransigeance la plus obstinée. C'est en attestant leur modération qu'ils ont exigé en juin la conférence ei rappelé d'un ton conuninatoire que « l'Allemagne était derrière le Maroc ». C'est vu proclamant leur désir d'entente qu'en septembre, au cours de la mission Rosen, ils ont tenté de nous lier les mains par dos engagements anticipés que M. Rouvier refusa toujours de prendre. C'est en affirmant leur volonté dèliv modérés qu'ils nous proposent aujourd'hui à, Algésiras les combinaisons mêmes qu'ils savent que nous refuserons. A quoi bon persévérer dans celte roule ingrate et stérile? Peut-être, au grand jour de la salle des séances, avec l'Europe coinnje témoin, celte obstination s'adoucira-t-ello? En tout cas, c'est notre intéièt de tenter l'épreuve, et, en la tentant, d'obtenir Pavis motivé des puissances sur les solutions contradictoires défendues par l'Allemagne et par^ nous, w (15 février 1906).
disait défendre les intérêts, n'avaient que faire de cet appui et jugeaient leurs intérêts largement respectés par nous^ ; d'aboutir «nfin, si raccord était impossible, au maintien du statu quo moins préjudiciable à coup sûr que les abdications où Ton tentait de nous acculer-.
Saas doute la conférence souhaitait n'avoir pas à se prononcer. HsLis d'une part l'absolue netteté de notre attitudejnvariable quant ^ux principes, conciliante sur les moyens, d'autre part les variations de la politique allemande irréductible dans son hostilité Potirla France, pleine de contradictions dans ses rapports avec ^^s tiers, avaient créé autour de notre délégation une atmosphère de sympathie. Et de petites puissances comme la Belgique* ou les ^ays-Bas refusaient, malgré la pression dont elles étaient Tobjet, 4e prendre position contre nous. De l'Angleterre^ et de la Russie
\. En Allemagne, on s'appliquait généralemenl à donner l'impression quo la négociation restait ouverte. La Gazette de VÀllemagne du .Vorc^ écrivait : a La réponse française décline la proposition allemande et difTèro peu au fond do la première réclamation du mandat franco-espagnol. La contre-proposition française équivaut sommairement à donner à la France une influence politiciuo presque exdûsive sur lacô te do l'Atlantique et léserait ainsi le libre di3velo|)pemcnt des intérêts économiques. C'est précisément parce que l'Allemagne reconnut la situation de la France dans la région frontière, consolidée par des traiiés, et qu'elle lui laissa la main libre dans ces régions, qu'il lui est diflicile, après l'attiludo qu'elle a prise, de laisser à la France une influence décisive sur la c<Ho marocaine à l'exclusion de toutes les puissances n'ayant pas des conventions spéciales avec la France. Toutefois si la réponse de la Fiance ne nous paraît pas satisfaisante, nous ne voulons cependant ])as renoncer ù, Tespoii' que l'entente sur\iendra finalement aussi dans la (luesliun de la police. » La Gazette de Cologne s'exprimait dans le même sens. On télégraphiait enQn à la Seue Frète Presse « qu'à l'occasion d'un déjeuner de l'Automobile Club, l'Kmpcreur Guillaume s'était déclaré de nouveau contre la guerre, disant notamment (|U(^ ce serait folie de croire que l'Allemagne pourrait déclarer la guerre à propos du Maroc ». (Voir le Temps ^ 2 février.)
2. A plusieurs reprises, la presse française signala les avantages, notamment financiers, que la France pourrait trouver au maintien du statu quo.
3. Le ministre de Belgique, M. Leghait, vint dire officiellement à M. Bouvier, le 14 février, qu'il était fauxcfue les délégués belges à Algésiras eussent l'ordre d'appuyer les propositions allemandes. Presque au môme moment, le gouvernement japonais, très désintéressé dans l'affaire, nous exprima spontanément sa sympathie.
4. Lord Lansdowno. le lOfévrier, prononçai la Chambre des Lords les paroles suivantes, d'accord avec le gouvernement : « Nous considérerions avec crainte toute tentative d'améliorer, au moyen d'un contrôle international, l'administration d'un pays en proie aux désordres.» Aux Communes, sir Henry Campbell Bannerman déclara : « La conférence d'Algésiras progresse lentement, mais de manière satisfaisante. Les rapports de l'Angleterre et de la France ne sont pas modifiés. L'Angleterre donne à la France tout l'appui diplomatiiiue
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nous pouvions attendre un concours actif et public. L'Espagne, ' après un instant d'incertitude, gardait sa place à nos côtés deU. façon la plus nette et la plus loyale. L'Italie ne contestait pas !&& devoirs que lui imposaient ses engagements. Les États-Unis nou^ assuraient une aide qui, pour être discrète, n'en était pas moii^s précieuse. Le débat en séance nous vaudrait donc au moins u^^ai succès moral. Et peut-être, parce succès, appuyé d'une démarctM^e simultanée à Berlin des puissances amies de la France, pourrion ^s. nous vaincre la résistance que nos raisons n'avaient pas entamée. C'était la seule chance qui reslàtd'une entente. Nousallions tenter Taventure.
en son pouvoir, et cela sans porter atteinte à sa parfaite amitié et son boa vouloir à l'égard des autres puissances. Cet accord ne renferme aucun noir dessein contre toute autre nation. Nous voulons Mul«menl y trouver le moyen i do fortifier les scnlimcnts presquo affectueux que nous désirerions vivement promouvoir entre les deux pays. [Applaudissements,) »