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222 LA CONFtnENCE D ALGÉSIRAS

comment se caractérisait celui du comte de Taltenbach*. Selon le mot d'un des plénipotentiaires, ce n'était pas une banque, mais un gouvernement, et un gouvernement tourné tout entier contre la France. De môme qu'en matière de police la dernière proposition de M. de Radowitz cherchait, par Tinternationalisation à tous les degrés, à anéantir nos intérêts spéciaux, fût-ce en portant atteinte à cette souveraineté du Sultan si souvent invoquée contre nous par TÂllemagne*, de même la Banque d*État de M. de Tattenbach, organisme plus politique que financier, n'intervenait abusivement dans l'administration marocaine que pour que fût mieux justifiée sa subordination au corps diplomatique, organe international entre tous. Quant auxdroitsde la France, — droits naturels résultant de ce fait que nous faisions au Maroc 80p. 100 des affaires de banque et que, dans la constitution du crédit marocain, l'épargne française représentait 92 p. 100; droits contractuels assurés aux banques françaises par l'emprnnt de 1904, — M. de Tattenbach les ignorait. Sa banque, créée pour cinquante années devait être l'agent financier du gouvernement marocain, et, à ce titre, jouir d'un droit de préférence pour les opérations de crédit'. Le capital, constitué en pesetas, serait fourni, à raison d'une part chacune, par les puissances siégeant à Algésiras ^. Le gouvernement marocain verserait dans ses caisses « tous les revenus quelconques de l'empire' ». Les revenus des douanes, notamment, lui seraient assignés. On en déduirait « peut-être », — ce « peut-être » était un chef-d'œuvre, — les sommes nécessaires au service de l'emprunt français*. La banque, enfin, serait chargée de ce service (qui appartient par traité à la Banque de Paris) et de celui de la dette publique'. A quel prix M. de Tattenbach supposait-il que les porteurs de l'emprunt et les banques contractantes abandonneraient leurs droits? Une le disait pas. Et par là mùme son projet, impossible à mettre en œuvre, — puisque

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