Il y eut d'abord une note Ilavas ainsi conçue
« Le séjour en Allemagne de M. de Courcel lui a permis de s'entretenir de nouveau avec l'Empereur et aussi avec le chunccliiT. Mais nous croyons savoir que ces conversations n'ont pas eu de répercussion sur les négociations qui 8C poursuivent à Algésiras devant la conférence et vont continuer dans les mêmes conditions. »
Le Temps écrivait deux jours plus tard (26 février 1906) : a II faut dissiper les étiuIvoqUL'S ou tout au moins les illusions qu'on tente do nouveau do répandre quanta la possibilité de s'entendre eu dehors de la conférence. Les journaux allemands, dans un dessein (juc nous n'apprécions pas, mais que nous sommes obligés de constater, paraissent attendre quelque chose de la visite à Berlin du baron de Courcel. Or, nous l'avons déjà dit, niais nous le répétons do la façon la plus formelle, les deux joui-s passés en Allemagne par l'émincnt ambassadeur n'ont exercé aucune action sur les négociations
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fois encore, le coup était paré. xMais la solution n'en seaiblait pas plus proche ni le succès plus facile.
Le gouvernement russe nous avait utilement soutenus et pouvait nous soutenir encore. Mais son action auprès du chancelier était épuisée par les trois refus successifs qu'il avait essuyés ^ C'était l'avis du comte Lamsdorf lui-même. Des efforts plus personnels étaient seuls désormais susceptibles d'aboutir. L*heure était venue de les provoquer.
Le âO février, tandis qu'à Algésiras on abordait le débat sur la banque et qu'à Berlin le baron de Courcel s'entretenait avec le chancelier, le comte Witte, à notre demande, adressait à TEmpereur d'Allemagne une communication directe et pressante. A son retour d'Amérique, M. Witte avait été reçu par Guillaume Tlà Hominien- avec des honneurs quasi royaux. Et parmi beaucoup de compliments, .son hôte impérial lui avait fait quelques promesses. Tout le monde, à ce moment, prévoyait qu*en rentrant dans son pays l'heureux négociateur de Portsmouth serait appelé à prendre en mains la direction des affaires. L'Emperear lui avait parlé de cette hypothèse ; il avait ajouté :
— Si je puis, alors, en quelque façon, vous être utile, écrivez-moi. .le ne négligerai rien pour vous aider.
Et il avait conclu en lui indiquant par quel intermédiaire il devrait faire passer ses lettres.
Le comte Witte, encore sous le charme de cet accueil et confiant
d'Algôsiras. On parle des « impressions favorables » rappûrté<ï8 par M. do Courcel. Tous les Français, qui ont eu l'occasion depuis dix mois do rencontrer riCniporcur ou le chancelier, ont rapporté des impi'esslons pareilles. Mais ces iinpressioïis ont difficilement survécu au spectacle des événements ultérieurs. Kn fait, on n'a rien dit, — et nous soulignons le mot rien, — ni au baron de Courcel ni à personne qui nous autorise à penser que l'Allemagne consente à la consécration pratique de cet « intérêt spécial » qu'elle a thoorlqueraenl reconnu à la France le 8 juillet. En d'autres termes, rintransigcanco allemande persiste Jie varielur. Et ce serait une duperie de laisser traîner les travaux de la conférence en espérant de ce retard le changement d'une attitude (jui, malgré des conseils amicaux et des pressions énergiques, s'est jusqu'ici obstinéincnl maintenue, w
i. Voir ci-dessus, pages 193 à 196.