‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 143 sur 357 · Voir ci-dessus, page · texte numérisé non relu

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dans Tappni promis, ne doutait guère du succès de sa démarche. Sa lettre commençait par ud plaidoyer très ferme bien que très mesuré pour notre cause. Il montrait d'abord qu'au Maroc les intérêts allemands étaient sensiblement inférieurs aux intérêts français; que, partant, les concessions devaient être plus faciles à TAllemagne qu'à la France. Il parlait aussi de nos droits. Mais, comme de juste, c'est surtout l'argument russe qu'il invoquait. Combien délicate était entre la France alliée e[ l'Allemagne amie la situation de l'Empire russe; combien difficile celle même du Tsar! Combien enfin cette situation était encore aggravée par la crise intérieure que traversait la Russie! Le premier ministre, tant au nom de son pays qu'en son nom personnel, s'adressait donc à la bonne volonté de Guillaume II et lui demandait de donner à la France, inquiète de ses intentions, un gage de son esprit de conciliation, en admettant, avec les garanties convenables, les solutions proposées par elle.

Pour résister à cet appel, il fallait, semblait-il, des raisons bien fortes. Or M. de Biilow avait dit et redit que le Maroc n'était pour l'Allemagne qu'une «occasion' ». Si cela était vrai, comment douter que la voix du comte Witte ne dût être entendue ? Elle ne le fut pas cependant. Par le même chemin que la demande, la réponse fut expédiée et parvint à Pélersbourg le I" mars. Cette réponse était un refus : bien plus, un réquisitoire et un réquisitoire qui réveillait des griefs dont on pouvait se croire libéré. Que demandait-on, disait le correspondant du comte, des concessions à l'Allemagne, alors qu'elle avait « accordé» à la France la police <les districts marocains frontières de TAlgérie-? Comment supposait-on qu'elle céderait quoi que ce fût, en présence des violences de la presse française^? Si on voulait à Saint-Pétersbourg éviter une rupture, c'est à Paris plutôt qu'à Berlin qu'il fallait adresser les conseils de modération, à Paris et à Algésiras, car M. Révoil et M. RegnauU, sacrifiant le bien de leur pays à un intérêt personnel,

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