‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 144 sur 357 · Voir appendice, page · texte numérisé non relu

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2. Pour la réfutation <le cette thùse, voir ci-ilessns. page 41.

3. La presse française n'avait été que très-résoluo dans la réfulation dos mauvaises raisons de la presse allemande et dans la dénonciation des erreurs voulues commises à Berlin (Voir les articles du Temps, dos Débals et do V Aurore). La vérité, c'est (fu'on ne pardonnait pas au\ journaux français la force de leur démonstration. (Voir ci-dessus, alTairo deladépéchc Wolff, p. ^67),

2i8 LA CONFKUENCE I) AL<;KSIUAS

« intriguaient » pour remporter un succès d'amour-propre. Cependant, par égard pour la Russie, par égard pour le comte Wille, l'Empereur voulait bien faire une concession encore : et cette concession, dont l'importance était, par ce qui précédait, si fortement mise en valeur, c'était... la combinaison môme que, six jours plus lût, le chancelier avait proposée au baron de Courcel et dont on a vu quelles étaient pour la France les ruineuses conséquences. Il était donc impossible do parler encore d'une divergence de vues entre l'empereur Guillaume et la chancellerie, puisque, à quelque porte qu'on frappât, l'intransigeance était la même et la réponse identique. Seule, une confiance persistante dans la faiblesse de ia France et dans sa capitulation tinalc expliquait celte inlransigeance et le peu d'égards avec lequel on accueillait une démarche aussi pressante que celle du premier ministre russe.

Le Tsar, inquiet, attristé, étonné surtout, déclarait ne pas comprendre. Nicolas H a le cœur et l'esprit très-droits. Peut-être, pour résoudre la crise la plus formidable qui ait depuis des siècles opposé un peuple à un régime, manque-t-il de fermeté de vues, d'énergie et d'en dehors. Mais, en matière de politique étrangère, il a toujours dit ce qu'il voulait et fait ce qu*il disait. Il avait entendu à Bjorkœ les assurances réitérées de Guillaume II. Il avait sous la main les lettres où ces assurances étaient confirmées. Et comme il constatait que les événements n'y répondaient pas, il exprimait honnêtement sa légitime surprise. Il se rappelait l'appui prêté par la France à la Russie après la guerre sino-japonaise et il trouvait avec raison les circonstances analogues. II nous rendait pleine justice, d'ailleurs, quant à la modération de nos demandes. Et il estimait que la politique allemande contredisait non seulement les promesses à lui faites par l'empereur Guillaume, mais les engagements pris vis-à-vis de la France le 8 juillet et le 28 septembre 1905. Il se dé»'larait donc résolu à nous aider de tout son pouvoir, soit par l'intermédiaire de ses représentants diplomatiques, soit par son action personnelle. 11 priait noire ambassadeur d'en transmettre l'assurance formelle à M. Fallièresel&M. Rouvier. 11 se réservait seulement d'apprôcier la meilleure façon de donner à celle action toute sa ft)rce et toute sa valeur*.

1. L'empereur cle Hnssie ivimuvulla fonnellement celte assurance & notre amlmssuileur le 22 lévrier 1906.

Dès le 2 mars, le journal ÏEiat Russe, édité par le gouvcrnemeDt et connu pour être son organe officiel, publiait un article très énergique en faveur de notre politique, et cet article produisait à Berlin une assez vive impression. On refusait cependant d'en tenir plus de compte que de la lettre du comte Witte et l'on se contentait de déclarer que le gouvernement russe prouvait sa partialité en se faisant, — obsédé qu'il était du désir de contracter à Paris un emprunt, — l'avocat des thèses les moins défendables.

Le 15 février*, M. Wliite avait dit à M. Révoil :

— Puisque vous acceptez d'entourer de garanties le fonctionnement de la police franco-espagnole, je suis prôt à m'approprior cette transaction et à la présenter, le moment venu, comme une proposition américaine. Je crois pouvoir ajouter que le président consentira à la recommander à Berlin.

A la suite de cette conversation, un projet avait été rédigé-. Ce projet se terminait ainsi :

L'officier français etTofficier espagnol le plus élevés en grade seront chargés d'établir chaque année, de concert avec le représentant du Sultan à Tanger, un rapport d'ensemble sur le fonclionnemcnt de la police. Ce rapport sera adressé au Sultan, et, par l'intermédiaire de la légation d'Italie à Tanger, au gouvernement italien qui le communiquera aux puissances. Le gouvernement italien pourra, s'il le juge utile, faire établir des rapports complémentaires.

Quand M. Roosevelt eut connaissance de ce texte, il avait devancé nos désirs. Et l'intervention personnelle qu'il nous avait promise s'était déjà produite. Sans attendre de notre part une demande nouvelle, il avait télégraphié à TEmpereur d'Allemagne pour lui recommander purement et simplement la solution franco-espagnole. Quarante-huit heures après, la réponse impé-

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