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250 LA CONFERENCE D ALGESIfiAS
riale parvenait à Washington : c^ctait un refus catégorique. Sans se laisser arrêter, M. Roosevelt estima que le te^le q«e ini envoyait M. White lui fournissait une naturelle occasion ée répliquer. Et en enregistrant le refus initial, il suggéra à Guillaume II, par une seconde dépèche, la possibilité d'une transaction. Ne pourrait-on, par exemple, la police étant limitée à huit perts, la conRer au Sultan et aux autorités chérifiennes ? Les instructeiurs seraient français et espagnols. Les plus élevés en grade adresseraient un rapport au Sultan. L'Italie recevrait communication de ce rapport et contrôlerait^ au nom des puissances, le fonctionnement de la police ainsi constituée. Pour la banque, un avantage devrait être reconnu à la France en échange des droits du consortium. Pour le reste, égalité absolue et « porte ouverte ». C*était exactement la combinaison suggérée par M. Révoil, adoptée par M. White et qui, impossible à présenter par nous, pouvait Tètre utilement par un tiers. M. Roosevelt la faisait sienne et, marquant le caractère international qu*elle avait, par conséquent Timportance de la concession consentie par la France, il priait instamment l'Empereur de l'accepter. Presque immédiatement Guillaume Il répondait. Et, une fois encore, il refusait. Il refusait, on enveloppant ce refus dans une proposition contradictoire; mais, chose curieuse, cette proposition n'avait rien de commun — sinon d'être inacceptable — avec celle qu'au jnéme JBoment il adressait au comte Wilte et faisait suggérer par le prince de Bi'ilow au baron de Gourcel. Dans la réponse k M. Roosevelt, pas un mot du port donné à la France seule et de la police internationale, Allemagne comprise, pour les autres, mais retour à la combinaison exposée dans la note sUemande du 19 février, au système Lanessan, aux propositions du début, à savoir organisation de la police dans tous les ports par des iastructeursque le Sultan recruterait librement. A Theure par conséquent où la solution devenait imminente, où la conférence allait être appelée à se prononcer, l'Allemagne ne savait pas ce qu'elle voulait ou, si elle le savait, elle ne le disait pas. Et soit au nom du chancelier, soit au nom de l'Empereur, deux systèmes radicalement différents étaient simultanément présentés à unchef d'Étatet àun chef de gouvernement, qui pouvaient compter sur une réponse ou plus sérieuse ou plus sincère.
Dans ces condilions, il ne nous restait qa*à obtenir l'intervention énergique de M. White au cours du débat qui ne pouvait tarder à s'engager. Mais, ici, nous nous heurtions aux difOcultés d'ordre intérieur qui ont été signalées plus haut ^ Sans que le détail en fût connu, Tactivité diplomatique déployée par le gouvernement de rUnion n'était patS complètement ignorée. Quand deux ambassades, si discrètes soient-elles, transmettent des dépêches de chefs d'État, comme les ambassadeurs sont obligés d'aller eux-mêmes porter aux destinataires le texte déchiffré, cela donne lieu à des allées et venues faciles à constater. A Algésiras môme, tout le monde savait que M. White avait nettement pris parti en notre faveur pendant les conversations privées, mais notoires des quinze derniers jours. Et Ton supposait bien qu'il n'avait pas agi sans instructions. Les adversaires du président ne guettaient donc qu'une occasion publique de saisir M. Roosevelt en flagrant délit d'intervention européenne, d'oubli des principes de Monroë. Il fallait par conséquent être prudent. Et un vote en séance était une imprudence. Ni H. Roosevelt ni M. Root n'étaient, par nature, partisans de l'abstention. Et lous deux eussent pris volontiers dans le plénum de la conférence la même attitude qu'ils avaient délibérément adoptée soit à Algésiras soit à Berlin. Mais les situations sont plus fortes que les volontés. Et si M. White avait marqué aussi nettement que le président et le secrétaire d'État sa préférence pour la politique française, ce qui avait été possible dans des entretiens privés ou des correspondances secrètes, ne l'était pas au grandjour. Plusieurs membres du gouvernement insistaient d'ailleurs pour le respect des règles traditionnelles. Et, après un débat en conseil, il fut décidé que M. White, si la question se posait au fond dans un scrutin, s'inspirerait de ses instructions primitives et s'abstiendrait de se prononcer sur une question litigieuse qui n'intéressait pas directement le gouvernement de l'Union ; en tout cas cette abstention serait accompagnée d'un commentaire qui ne permettrait pas de l'interpréter contre nous et, tant que pourrait durer l'action officieuse, cette action s'exercerait pour nous, M. Roosevelt nous en renouvelait l'assurance. Jusqu'au bout, par conséquent, si les circonstances s'y prêtaient, le gouvernement américain nous con-