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270 lA CONFÉRRNCR d'aLGÉSIRAS
ultérieurement reprise avec rAllemagne, serions-nous récompensés par elle de n'avoir pas réclamé un vote qui, faute d'avoir été émis, se prêterait, de sa part, à toutes les interprétations ? Quant aux tiers, à ceux-là surtout qui avaient des engagements vis-i-vis de nous, n'était-ce pas pécher par faiblesse que de leur faciliter Toubli de ces engagements? Qu'est-ce qui nous prouvait, au surplus, qu'un protocole économique, — avec des concessions françaises à la base*, — nous assurerait une tranquillité politique^ mt^me provisoire ? De quelque côté qu'on envisageât cette hypothèse, elle était pour nous inacceptable. Et mieux valait courir les risques d'un scrutin.
En présence de l'attitude des divers délégués, ces risques pouvaient être évalués comme il suit. Pour les propositions allemandes, c'est-à-dire contre nous, voteraient certainement le Maroc et l'Autriche ; non moins certainement voteraient pour les propositions françaises, TAnglcterre, la Russie, l'Espagne et le Portugal ; soit cinq voix sûres pour ces propositions, trois voix sûres contre. Los États-Unis seraient très probablement forcés, pour les raisons de politique intérieure que Ton sait-, de s'abstenir, mais ils avaient promis de déclarer qu'ils trouvaient nos offres raisonnables : c'était donc moralement, — et l'effet moral seul importait, puisque les résultats matériels étaient subordonnés à la condition nécessaire de l'unanimité, — une voix de plus pour la France, soit six contre trois. Restaient la Belgique, la Suède, les Pays-Bas et rUalie. Tandis que les trois premiers étaient de petits Étals libres avec nous do toutes promossos, la dernière était une grande puissance qui nous avait engagé sa parole. Belges, Suédois et Hollandais s'abstiendraient ; mais cette abstention, évidemment légitime, ne serait pas accompagnée d'un blâme à l'adresse de nos propositions. Quant àritalie, qui, au début et dans toutes les négocialions secrètes, nous avait prêté un si excellent concours ^ son représentant semblait de plus en plus atteint de la phobie du vote. Il partageait, en les aggravant, les vues du baron Sonnino sur la nécessité de ne point compromettre son pays. Et il épiioguait sur
1. On no saurait rappeler assez qu'en luaUôrc rinanci«>re, nous étions, grdco il nos droits acciuis, tiôfond'iurs et non doniandcurs.