‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 16 sur 357 · Voir Journal officiel, !•' avril · texte numérisé non relu

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intentions ni dans nosactcs». Mais, aumômeinstant, Guillaume II, par son discours de Tanger, introduit ce a fait nouveau », que M. Delcassé n'aperçoit pas.

Dans ce discours', l'Empereur insiste sur V « indépendance » du Sultan, « souverain absolument libre », sur sa volonté de s'entendre « avec lui » pour sauvegarder les intérêts allemands au Maroc, sur la nécessité de ne procéder aux réformes (présentées par la France) « qu'avec beaucoup de précaution ». Aussitôt la presse allemande se met en mouvement ; elle réclame, pour le règlement des affaires marocaines, la réunion d*une conférence internationale, et dénie à la France toute qualité pour s'en occuper spécialement -. On cherche alors du côté français à s'expliquer. Le 7 avriP, M. Delcassé renouvelle à la Chambre les explications qu'il a données au Sénat : « La pratique de nos accords ne peut, dit-il, motiver des appréhensions que leur conclusion n'a pas fait naître... Nous ne lésons en rien, nous ne méditons de léser en rien les intérêts d'autrui... L'ayant dit à plusieurs reprises, nous n'éprouvons aucun embarras à le répéter. » Le 13 avril, à un dîner chez le prince de Uadolin, M. Delcassé rappelle à l'ambassadeur qu'il lui a fait connaître l'accord anglo-français avant sa signature ; qu'il a communiqué l'accord franco-espagnol ; qu'il est tout disposé à dissiper un malentendu, s'il en existe un malgré tout:. Le 18 avril, M. Bihourd

1. En voici le texte. « C'est au Sultan, en sa qualilê de souverain indépendant, que j«> fais aujourd'hui ma visite. J'espère que, sous la souveraineté du .Sultan, un Maroc libre restera ouvert à la concurrence pacilijpie de toutes les nations, sans monopole et sans annexion, sur lo pied d'une égaille absolue. Ma visite à Tanger a eu pour but de faire savoir que je suis décidé à. faire tout ce qui est en mon pouvoir pour sauvegarder enicacoment les intérêts do rAllemagne* au Maroc, puisque je consitlère le Sultan comme souverain absolument libre. C'est avec lui que je veux m'entendre sur les moyens propres à sauvegarder ces intérêts. Quant aux réformes que le Sultan a l'intention de faire, il me semble qu'il faut procéder avec beaucoup de précaution, on tenant compte des sentiments religieux de la population pour que l'ordre public no soit pas troublé, u Voir Livre Jaune, page 205.

2. La Gazette deVAllenuKjne du Nord, suivie i)ar toute la presse officieuse écrit: « L'allocution de S. M. l'ompercur s'accorde avec la déclaration que le clian-

celiercomle de Bùlow a faile le 29 mars au Roichstag. L'Allemagne demande que toutes les nations représentées au Maroc soient traitées, au point do vucéconomiquo, sur un pied d'égalité, selon l'esprit de la convention intcrnationalo conclue à Madrid en 1880 ». (Voir Le Temps 6, 7, 8 avril 190ô.)

Sur la signification réelle de la convention de 1880, voir plus loin page 39.

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