r. Livre Jaune, page
fait auprès de M. de Muhlberg une démarche aQalogue^ Mais Tune n'a pas plus d'eiTel que Taulre.
Alors la Chambre française perd son calme et, dans la séance du 19 avril, MM. Jaurès, de Caslellane, Paul Deschanel, Vaillant, attaquent tour à tour le ministre des Affaires étrangères ^ Celui-ci répond brièvement qu'il a déclaré, et fait déclarer qu'il était prêt à donner toutes explications qu'on jugerait utiles et qu'il n'a rien à ajouter. M. Rouvier, président du Conseil, intervient. Il souligne le changement d attitude de l'Allemagne de 1904 à 1905. changement dû, selon lui, aux défaites russes. Il répète que nous sommes prêts à « causer » ; que nous restons résolus à respecter l'égalité commerciale : « Nous demande-t on autre chose ? Alors, qu'on le dise I Nous avons parlé. Nous attendons la réplique. » Ce débat laisse donc les choses en l'état. M. Delcassé donne sa démission. M. Rouvier la refuse.
Cependant à Berlin le silence persiste^. Et au Maroc l'échec de notre politique se dessine. Le li mai, le comte de Taltenbach, ministre d'Allemagne à Lisbonne, envoyé en mission spéciale auprès du Sultan, arrive à Fez. Le 27, les « notables » reprenant la thèse soutenue depuis deux mois par la presse allemande, conseillent la réunion d'une conférence internationale qui examinera les propositions françaises^. Le 30, le Sultan s'approprie cette opinion^. M. Delcassé est d'avis de repousser le principe de la conférence. Le gouvernement pense autrement. Le ministre des Affaires étrangères se retire alors définitivement. Et M. Rouvier lui succède.
Le gouvernement allemand qui, depuis près de deux mois, refuse d'entrer avec nous en conversation, n'a pas attendu cet événement pour définir, vis-à-vis des tiers, sa position.
Dès le 12 avril, il a adressé une circulaire aux puissances pour