‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 164 sur 357 · Vi>ir Protocoles, pago IGO · texte numérisé non relu

Vi>ir Protocoles, pago IGO

M. Joseph Galliei' donna à. ce sujet le détail suivant : « L'ambassadeur d'Autriche, ayant à co inotiH^nl cxpi'inié la crain'c que io cotniU.' «lu lodaclioii déjà t liargc du projet di* banque ne pût ûludicr en niMiie ti nips lo projet de la police si on l'en saisissait : « Ohî a répliqué en .souriant sir A. McoUon, la qu; t 0.1 de la police (.'st très simple » (Le Tov.ps, '6 mars iliOii.)

^78 LA CONFKRKNCB D ALGÉSIRAS

La délégation belge se ralliera à la majorité : elle sait en effet que, par cette déclaration, elle nous donnera toute satisfaction et répondra, sans pourtant se compromettre, au mauvais procédé des délégués allemands. M. White est plus net :

— Je ne vois aucun inconvénient à commencer, dit-il, en séance de comité Texamen de la question de la police. Je crois de plus que, si son Exe. M. le président s*absente à Toccasion de la visite à Madrid de S. M. le roi de Portugal ^ il convient qu'au moment de son départ Tétude de tous les articles du programme soit aussi avancée que possible.

M. Révoil, qui a déjà donné son avis, insiste : a On ne peut pas traiter la question de la banque. Il est conforme aux précédents de passer à celle de la police. » Sir Arf hur Nicolson rappelle qu'il a pris rinitiative de la proposition ; qu*il n'a donc pas à répéter qu*il l'approuve. G'eât maintenant le tour du marquis Visconti* Yenosta. M. de Radowitz et le comte de Tattenbach reprennent espoir. Car, s'il vote avec eux et que, comme il est probable, les Pays-Bas et la Suède le suivent, cela fera six voixxontre la proposition anglaise, six pour, les Belges devant s'abstenir, faute de la majorité à laquelle ils ont promis de se rallier : ce sera l'échec de celte proposition. Mais le plénipotentiaire italien a déjà pris la parole et il répond au président :

— Je propose d'employer la première séance officielle à Texamen des points réservés du projet de banque et de consacrer, en attendant, une séance de comité à un premier échange de vues sur la question de la police.

Après cette déclaration, le succès nous est acquis. M. Testa, délégué des Pays-Bas, se range à l'avis du préopinaut. Le délégué du Portugal fait de même. Le comte Cassini réitère son adhésion aux vues de M. Révoil. Le plénipotentiaire suédois déclare s'abstenir de tout vote et se mettre à la disposition de la conférence : c'est-à-dire de la majorité qui, dès ce moment, est formée, puisque huit délégués, auxquels s'est joint le délégué belge, out voté pour. La délégation marocaine vote non. Mais la délégation espagnole ajoute un dixième oui aux neuf qui ont été précédemment émis. Cela fait dix voix pour nous et trois contre. Le duc d'Almo-

i. Le roi (le Portugal devait arriver le 12 mars à Madrid.

dovar tire aussitôt la conclusion de ce rapide débat, en fixant, au lundi 5 mars, une séance de comité destinée à « aborder Telude de la question de la police ».

Dès le soir même, à Algésiras, dès le lendemain dans toute l'Europe, le sens de ce premier scrutin était abondamment commenté. Ce sens n*était point douteux et ne prêtait pas à Téqui- •voque. La conférence, quelque désir qu'en pussent avoir isolément la plupart de seé membres, ne croyait pas possible de se dérober à une discussion publique du problème de la police. Elle partageait donc l'opinion, souvent combattue par la presse allemande S que l'étude couplée du projet de banque et des projets de police pouvait seule fournir les bases d'une entente. Elle révélait enfîn, non pas certes sur le fond des choses, mais par une manifestation d'ordre significative, un groupement de puissances sensiblement différent de celui qu'avaient annoncé les journaux de Berlin ^. Combien de fois ces journaux n'avaient-ils pas affirmé que, de plus en plus, les négociateurs d'Algésiras rendaient justice à fÂllemagne, et se rangeaient aux côtés de cette « tutrice des intérêts généraux de l'Europe »! Or^ à la première occasion €c la tutrice » était abandonnée par tous les pupilles qu'elle revendiquait, sauf un. Et quand il s'agissait de se prononcer sur la meilleure façon d'engager les réformes^ elle n'avait avec

Page 1