Voir Livre Jaune, page
10 L\ CONFKnENCE D ALOÉSIRAS
établir la faute commise par la France, qui a négligé de lui notifier ses accords ; pour conseiller la réunion d'une conférence et affirmer 1 intérêt commun de TEurope à soutenir la thèse allemande *. Le 5 juin, nouvelle circulaire ^ pour appuyer officiellement la proposition du Sultan, suggérée par M. de Tattenbach, tendant à convoquer cette conférence. M. Rouvier refuse d'aller à une réunion de cette sorte, si l'Allemagne doit « y faire échec à nos propositions ' ». Le prince de Radolin lui répond que « l'Allemagne est derrière le Maroc avec l'ensemble de ses forces* ». Du moins devons-nous, avant d'accepter le principe de la conférence, « savoir comment l'Allemagne envisage les réformes ». Dans sa réponse ^ le prince de Bulow indique que c'est l'internationalisation des réformes qui a toutes ses préférences. M. Bouvier explique alors ce que la France a voulu faire, ce qu'elle veut faire au Maroc *. On négocie, — cependant que le chancelier insiste sur la nécessité de « ne pas laisser traîner cette aff'aire mauvaise, très mauvaise'»; sur les satisfactions aussi qu'il nous accordera sans compter si nous acceptons la conférence ; sur le contraste enfin entre la résistance qu'il croit devoir avant la conférence opposer à nos demandes et la facilité avec laquelle il accédera à nos « légitimes prétentions », si l'on se iie à ses paroles et si la conférence se réunit*. Le 8 juillet, on arrive enfin à se mettre d'accord sur une formule impliquant à la fois l'adhésion de la France au principe de la conférence et la reconnaissance par l'Allemagne de nos droits et de nos intérêts®. M. Rouvier, le 10 juillet, en faisant connaître à la Gliambre cet arrangement, déclare que l'Allemagne ne discute pas notre situation particulière, notre intérêt spécial au maintien de l'ordre, nos arrangements avec le Maroc, l'Angle-