‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 170 sur 357 · Voir Protocoles, page · texte numérisé non relu

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visait rintroduction, non l'exécution des réformes*. Que toutes les puissances prissent une part égale à l'élaboration du règlement international^ cela allait de soi, puisque la conférence n'avait pas d'autre objet. Mais que cette participation égale dût s'étendre à la mise en œuvre des décisions prises, c'était contraire aux textes aussi bien qu'au bon sens. De quel droit d'ailleurs M. deRadowitz se faisait-il juge de l'intérêt de « toutes » les puissances ? En vertu de quelle délégation formulait-il en leur nom une thèse que leurs représentants étaient loin de s'approprier? A cette séance où, pour la première fois, la solution franco-espagnole était officiellement proposée, aucun de ces représentants allait-il protester? Non. Les uns allaient formellement adhérer aux vues de M. Révoil. Les autres ne feraient aucune objection. C'est à leur profit cependantqueM. deRadowitz prétendait agir ! De quelle autorité? Avaitil ce « mandat de l'Europe » qu'on nous avait tant de fois reproché, à tort du reste, d'avoir invoqué ? Ou bien l'Allemagne se considéraitelle comme la protectrice des États souverains, dont les délégués siégeaient à Algésiras, pour proclamer ainsi, sans môme les consulter, une « égalité » qu'ils se gardaient bien d'afflrmer? L'obscurité voulue et tendancieuse de la déclaration allemande obligeait à poser ces questions, mais ne permettait pas d'y répondre. Après les explications si fortement objectives du second délégué russe, celles des représentants de la France et de l'Espagne allaient porter le dernier coup à ce document équivoque.

M. Bachèracht avait montré que la solution franco-espagnole était la seule efficace. M. Révoil^ répondante une objection qui ne figurait pas dans la note lue par M. de Radovv^itz, mais qui, souvent énoncée, reparaîtrait tôt ou tard, montra que celte police ne porterait aucune atteinte ni à l'indépendance ni à la souveraineté du Sultan, ni à l'égalité économique : dequoi s'agissait-il en effet? De former des troupes de police limitées aux besoins les plus immédiats, c'est-à-dire à assurer la sécurité des ports ouverts et de leur banlieue. Pour cette organisation, quelles ressources seraient nécessaires?

Il suffira, disait M. Révoil, d'efTectifs réduits et, à première vue, il semble que quatre ou cinq cents hommes dans un ou deux ports prin-

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