Voir Protocoles, page
Il semblait qu'après M. Bacheracht et M. Révoil, il ne restai que peu de chose à dire. Avec un remarquable talent, le second délégué espagnol, M. Ferez Caballero, réussit à renouveler le débat «n le résumant dans un exposé synthétique dont presque tout est à, citer. Le sophisme allemand sur « Tégal intérêt » et la a participation égale » lui fournit un exorde décisif :
Si j'ai, dit-il, bien compris, le point de vue de la délégation allemande consisterait à soutenir que, si un concours étranger est nécessaire pour la réorganisation de la police au Maroc, ce concours doit -être international; tout autre système étant d'abord Contraire à régalité des puissances et pouvant être un risque pour Tapplicalion efifeclive da principe de liberté économique au Maroc, auquel chacun des délégués ici présents a donné son adhésion dès le moment même de l'ouverture de la conférence.
Je tiens, en premier lieu, à faire observer que Tacceplation du programme de la conférence, par les différents gouvernements, n'a pasprcjugé que les diverses questions soumises à notre examen seraient résolues dans un sens déterminé plutôt que dans un autre. Le fond des questions est resté, à ce moment, intact; spécialement en ce qui <;oncerne l'organisation de la police au Maroc, le fait d'avoir admis que l'affaire serait étudiée par l'ensemble des puissances ne nous engageait, en aucune façon, à admettre plus tard que, si un concours étranger était à prêter au maghzen à cet effet, ce concours devait être collectif ^
Restait l'autre sophisme, celui qu'on réservait sans doute pour «ne séance ultérieure : les soixante instructeurs français et espagnols refermant la « porte ouverte ». M. Révoil en avait déjà fait justice. M. Ferez Caballero acheva de le démasquer :
Je ne vois pas, déclara-t-il, comment le concours de l'Espagne et de la France à l'organisation de la police marocaine, pourrait être un danger pour la liberté économique. Je ne comprends pas quelle espèce d'action nuisible à ce principe pourraient exercer ces puissances dans un pays où il est établi que les tarifs et les formalités douanières seront les mêmes pour les marchandises de toute provenance et où Ton va prescrire qu'aucun service public ne sera aliéné au profit des particuliers et que les travaux publics seront toujours l'objet d'adjudications sans acception de nationalité.
En cette matière, il ne faut pas perdre de vue la distinction qui «xiste entre l'organisation technique de la police et les dispositions de police^ lesquelles, en effet, pourraient, dans une certaine mesure, avoir
i. Voir Protocoles, page 175.
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une inflaence sur la liberté du trafic. Mais personne ne peut oublier qu*il ne s'est jamais agi de substituer à Tautorité et à l'administratioD chérifiennes une autre autorité et une autre administration.
Ce que l'on propose d'organiser, c'est un instrument auxiliaire, m moyen efficace d'exécution pour les arrêts du maghzen. Mais la volonté qui dictera ces arrêts et qui donnera le mouvement audit instrument, continuera toujours à être souveraine. De celle-ci donc, toutes le» puissances pourront réclamer le respect pratique de l'égalité économique.
Quant au droit de l'Espagne et de la France de revendiquer ponr elles seules lorganisation de la police, M. Ferez Caballero n'était pas moins catégorique. Il justifiait ce droit par l'inefficacité de U solution internationale qui, disaitril, n'assurerait & la police cni la cohésion ni l'unité de direction indispensables »; par llmpo^ tance prépondérante des intérêts franco-espagnols au Maroc dans Tordre commercial ; par Timporlance unique de ces intérêts dans l'ordre politique ; par l'impossibilité de les sauvegarder grêce à la seule police de la frontière, chaque partie du Maroc subissant la répercussion des troubles dont les autres étaient le théâtre; enfin et surtout, par la « spéciale compétence » que les instrocteurs français cl espagnols apporteraient à raccomplissement de leur lâche. Il n'y avait rien à répondre à ces arguments fondés sur l'équité autant que sur l'expérience. Ni M. de Radowitz, ni M. de Tattenbach ne firent mine d'esquisser cette réponse.
Après que sir Arthur Nicolson et le comte de Martens Ferrao eurent déclaré se rallier aux vues de MM. Bacheracht, Révoii et Ferez Caballero, le président, aucun autre délégué ne demandant la parole, exprima Tavis qu'il conviendrait, «c pour donner une expression pratique aux idées échangées » de préparer pour une prochaine séance des propositions écrites. Tout le monde y consentait. M. de Radowitz annonçait qu'il se réservait de formuler bien* tôt ces propositions, et l'ordre du jour allait être ainsi réglé, lors* que le marquis Yisconti-Yenosta, voulant sans doute donner à l'Allemagne, après les reproches amers qu*il avait reçus depuis le 3, une satisfaction, proposa de revenir à la banque et aux questions économiques pour ne continuer que plus tard le débat sur la police ^ Celte proposition, qui ne fut pas sans provoquer quel-