‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 174 sur 357 · N\)irci-dt*s?us, pafîo · texte numérisé non relu

N\)irci-dt*s?us, pafîo

2. .\uv tenues nirrues de la déelaralion du 5. Voir eï^dfîssus, page SSO.

communiquait, le 7 mars, à la délégation française son intention de soumettre à la conférence, en même temps que le projet allemand, un projet transactionnel. Cette communication était significative, car elle montrait que T Allemagne, sans Taveu de qui l'Autriche n'eût pas pris cette initiative, était d*ores et déjà résignée à voir écarter la combinaison qu'elle devait présenter le lencJemain. Sans doute, M. de Welsersheimb disait que son projet lui ôtait tout personnel. Mais, d'une part, il ne pouvait dire autre ohose ; d'autre part, il était évident qu'il n'agissait pas sans inst^ructions ; enfin nous savions par deux de nos ambassades, à qui -des gouvernements étrangers en avaient parlé, que non seulement le cabinet de Vienne avait étudié le texte de son délégué, mais qu'il l'avait soumis à la chancellerie allemande qui l'avait elle-même modifié, puis approuvé *. Aux termes de ce projet, le Sultan aurait la direction de la police et cette police serait constituée avec des éléments et des cadres marocaine; tout le monde, là-dessus, était d'accord. Les instructeurs seraient français à Tanger, Safi, Rabat et Tetouan, espagnols àMogador, Larache et Mazagan. Un inspecteur général, fourni par la Suisse, les Pays- Bas ou la Belgique, aurait le commandement direct du port de Casablanca et rendrait compte au corps diplomatique chargé du contrôle. La durée de cette organisation serait de cinq ans. En se déclarant prêt à déposer ce projet, M. de Welsersheimb nous révélait, ipso fado, l'état d'esprit de ses collègues allemands. Ceux-ci, de toute évidence, ne croyaient pas possible de s'exposer à un vote qui eût appelé la conférence à choisir entre la combinaison franco-espagnole et leur impraticable organisation internationale : le scrutin du 3 mars leur avait, à cet égard, donné une leçon de sagesse qu'ils avaient comprise et retenue. Cependant, pour ne pas abandonner tout à fait leurs positions, ils corrigeaient la solution franco-espagnole en la restreignant à sept ports sur huit, et en subordonnant la police, non seulement à l'inspecteur commandant le huitième port, mais encore aux ministres accrédités à Tanger. C'était une cote mal taillée, illogique, incommode. Mais le comte de Welsersheimb ne disait

1. Un fonctionnaire do la chancellerie de Berlin, M. Kriege,élait venu à Vienne pour travailler à la rédaction du projet et sa présence nous avait été signalée.

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point du tout que ce fût le dernier mot de la transaction qu*il suggérait. Et d'autre part, prêts que nous étions à consentir à la surveillance de la police, nous avions le droit de penser que rAllemagne, en échange, céderait sur Casablanca. La porte restait donc ouverte à des amendements, en tout cas à la discussion.

Hors d'Algésiras, l'impression était également favorable. Le bruit nous était revenu de Tanger d'une conversation où le D' Rosen, ministre d'Allemagne, après avoir adressé de vifs reproches au sujet de l'attitude de M. Bacheracht à M. Sabline, chargé d'affaires de Russie, avait conclu en s'écriant :

— Notre dignité est engagée. Nous ne reculerons pas. Et^ je vous le dis, c'est la France qui cédera.

Toutefois cet accès de colère n'avait pas eu d'écho. La presse allemande marquait une modération toute nouvelle. Le Lokal- Anzeiger écrivait : « Tout le monde est persuadé qu'on arrivera à une entente aussi bien sur la question de la banque que sur celle de la police. » La Gazelle de Francfort, la Gazette de Cologne, le Berliner Tageblall^ le Taegliche Rundschau ^, donnaient une note identique. A la chancellerie, on affirmait, le 7 mars au matin, an correspondant du Temps, que les instructions envoyées à M. de Radowitz étaient des plus conciliantes^. Le soir du même jour une dépêche de la même source portait : <c L'optimisme a repris le dessus à Berlin et on croit généralement que le gouvernement saura faire le nécessaire pour arriver à une entente. » Le 7 mars

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