‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 175 sur 357 · Voir le Temps des 8 et 9 mars · texte numérisé non relu

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2. a Je crois savoir que les instructions des délégués allemandi en vue des séances do demain sont conçues dans un esprit conciliateur, fl serait toutefois prématuré de prédire que l'accord se fera à la séance de demain, car le nouveau projet transactionnel sera vraisemblablement présenté sur la police par une puissance européenne, amie do l'Allemagne, qui apporterait un umendomcnt au projet russe, notamment pour certains modes de sorveiUance do la police.

» D'autre part, pour la banque, on me dit que rAllemagno est disposée k reconnaître le droit français, mais voudrait son application par des tribunaux mixtes. L'opinion générale parait convaincue qu'un compromis sur la police et la banque constituera la base de l'accord qui est attendu ici, dans le monde des affaires, avec une impatience croissante.

» L'intransigoanco allemande a fini par inquiéter les milieux financiers allemands eux-mêmes. Malgré la source de mes informations, au sujet des. nouvelles instructions envoyées à MM. de Radowitz et de Tattenbach, l'expéficnce de ces deux derniers mois permet encore do douter de la réalité de^ lesprit do conciliation qui règne à Berlin. » (Voir le Temps, 8 mars.)

LA POLICE A l'ordre DU JOUR 295

«ncore, M. de Szegyeny, ambassadeur d'Autriche en Allemagne, disait à un de ses collègues :

— J'ai vu hier, — c'est-à-dire le mardi 6 — le prince de Biilow. Je suis maintenant certain du succès de la conférence. \

Simultanément, le comte Witte, à qui des plaintes avaient été adressées de Berlin au sujet de l'article favorable à la France, ( publié par le journal officiel VEtat Russe, et qui avait vivement répondu à ces griefs, recevait du correspondant que l'Empereur ( lai avait désigné à Rominten, un message annonçant que l'entente était faite, si la France acceptait que les instructeurs français et' espagnols fussent contrôlés, si elle renonçait à la juridiction fran-, çaise pour la banque, enfin si elle n'exigeait pas pour elle-même et le consortium cinq parts sur quinze dans la formation du capital. En même temps, le comte Lamsdorf, tout en recommandant une grande prudence, signalait que, frappé du scrutin du 3, excédé du reste de tout ce conflit marocain, Guillaume II venait peu à peu à des idées plus modérées. Puis c'était le prince de Radolin qui, d'ordre évidemment de son gouvernement, deman-* dait au baron de Gourcel de proposer à M. Rouvier un accord . direct sur la police. Enfin, toujours le 7 mars, le prince de Monaco que Guillaume II avait invité le 3 à venir à Berlin à l'occasion de l'inauguration d'un institut océanographique, rentrait à Paris. Et de ses conversations successives avec M. de Tchirschky, le prince^ de Bûlow, l'Empereur lui-même, il rapportait l'impression que ce dernier « en avait assez » et « voulait que cela flnlt honorable^n ment pour l'Allemagne », rien de plus^

Ce n'était pas tout cependant. Le prince se déclarait chargé de transmettre à Paris une proposition ferme, qui équivalait à Tacceptalion de celle que M. de Radowitz avait écartée le 19 février. Cette proposition portait en effet : police franco-espagnole dans les ports avec un contrôle, pour la forme, exercé soit par le corps diplomatique soit par un ofTicier pris dans une armée neutre. On ne nous demandait, en retour, que de ne pas insister sur le chiffre des parts primitivement réclamées par nous dans le capital de la

i. Le chancelier avait ajouté: « Dans quelques mois, personne ne pensera plus au Maroc. » Le prince de Monaco, dès son arrivée à Paris le 7 au soir, communiqua ces renseignements & un ami de M. Rouvier. Il l«s confirma le lendemain 8, au président du conseil, ainsi qu'à M. Falliôrcs. 11 considérait 1 l'entente conune faite ».

banque*. Tous ces symptômes, — et le dernier plus qu'auet cap sa précision était extrême, — prouvaient irrécusablement qm- j la crainte du débat public, accentuée par le vote du 3, éveillait]^^ t Berlin le désir d*une entente que nos concessions n'avaient pas sui^^/ à provoquer et que, pour avoir tenu bon, nous étions à la vei^""^/^ d'obtenir la reconnaissance pratique de « Tintérét spécial » th^^o. riquement inscrit dans le protocole du 8 Juillet 1905.

Notre attitude se réglait aussitôt sur ces données concordantes. Dès le 6 mars, M. Bouvier faisait prier l'ambassadeur d'AUemaçse de le venir voir. Et, dans une forme plus nette encore, il lui répétait ce qu'il lui avait dit et écrit le 44 février ^ M. Bévoil avait reçu des instructions extrêmement conciliantes sur la banque, M. de Taltenbach le savait, et, sur la police, il avait Tordre de s'en tenir à la note remise par lui à M. de Badowitz le 26 février. La négociation pouvait et devait donc utilement se poursuivre & Algésiras. Une négociation parallèle était superflue et dangereuse : superflue, parce qu'elle n'ajouterait rien aux ternies précisément circonscrits du débat, dangereuse, parce qu'elle risquerait de donner à croire de notre part à des concessions que nous ne ferions pas. La conférence était saisie ; la conférence prononcerait. En conséquence, le même jour 7 mars, M. Bévoil était invité par le président du Conseil à déposer à la séance du 8, un projet sur la police. Ce projet, concerté avec le duc d'Almodovar et sir Arthur Nicolson, répondait à nos déclarations du 5. De même que, dans ces déclarations, nous nous étions bornés à exposer la solution franco-espagnole sans parler des (c garanties nouvelles », c'est-à-dire de la surveillance, que nous avions envisagées dans nos pourparlers avec M. de Badowitz', de même dans ce projet nous ne mentionnions pas celte concession éventuelle^ subordonnée à racceplation de la police franco-espagnole. Et usant de la liberté que nous avait rendue le refus de l'Allemagne du 19 février, nous prenions comme point de départ la police franco-espagnole pure et simple. Nous nous donnions ainsi plus de marge pour la négociation. Notre rédaction était la suivante :

1. On suit (]ue nous avions demandé quatre parts sur quinze pour le consortium et que nous étions prêts à nous contenter de trois.

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