Voir Protocoles, page
2. M. Luzzatti, ministre du Trésor italien, allait, le 13 mars, nous donner, & ce sujet, une promesse formelle.
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conjurer ce risque, nous demandions et nous obtenions que le d%x^ d'Almodovar, qui devait quitter Algésiras le samedi 10 mar^, afin d'assister aux fêtes données à Madrid en Tbonneur du roi «ïe Portugal, fût invité par M. Moret à rester à son poste. Nous avi» v:xs ainsi l'assurance que la discussion continuerait sans délais. Qol^^Vques heures seulement nous séparaient de la séance où les trc^û projets de TAIlemagne, de la France et de TAutriche devaient et confrontés. Les Allemands exceptés, la valeur du nôtre n'était c testée par personne. Et la communication, dont le prince de Mon avait été chargé, nous permettait de croire que cette exceptm^c^a même serait peu durable. Le 7 au soir, après dtner, dans le haUL «Se Thôtel, on parlait des chances respectives et Topinion des lien» nous était pas défavorable, quand soudain, vers dix heures, télégramme de presse passa de mains en mains : mis en minoir^S té sur la question des inventaires, le ministère Rouvier venait ^e donner sa démission.
- MUétat d'esprit à Algésiras. — Deux bonnes séances (8 et 10 mars). — La c:](iiestion de la banqae. -- La police. — Le projet aatrichien. — Les provnessos do M. de Radowitz. — La confiance du roi d'Italie.
^ - Le revirement. — Les dernières instruclions de M. Rouvier et l'acceptation <3e l'inspoclion (9 et 11 mars). — La question de l'article 32. — Les bases ^e l'accord. — La journée du 11 mars. — LMntrausigeance soudaine de M. de Radowitz. — Les violences du comte do Tattenbach. — La situation.
I^ïï. La manœuvre allemande. — La presse offlcicuse. — La circulaire du 42 mars. — L'action des ambassadeurs d'Allemagne (13-14 mars). — La <iépèche du prince de Bùlow au comte Witte (12 mars). — Les trois télégrammes de Guillaume 11 à M. Roosevelt (14-17 mars).
I^X^. Les effets de la manœuvre allemande. — Le départ de M. Rouvier. — L'état d'esprit deM. Révoil. — L'incertitude des délégués. — L'arrivée de M. Léon Bourgeois (14 mars).
H était à craindre que Tacte de démence électorale commis, sans -fgard aux difticultés extérieures, par une Chambre agonisante, ne provoquât, en Allemagne, des illusions qui se traduiraient à Algésiras par de nouvelles exigences, non pas peut-être immédiatement, car les positions étaient prises pour les séances qui devaient être tenues le 8 et le 10 mars, mais par une transition insensible, qui nous ramènerait à l'intransigeance d'antan. Sans doute, nos délégués expliquaient, à leurs collègues incrédules \ que la
1. Beaucoup de délégués, dés que la nouvelle de la crise ministériello fat connue, vinrent dire à M. Révoil : « Alors, c'est fini ? Vous n'avez plus d'instructions? Nous faisons nos malles. » La délégation française répondit à ces questions» en haussant les épaules et en disant, qu'après comme avant la crise, ses instructions restaient les mômes. Dans le milieu curieux et cancanier de l'hôtel, on signala comme un symptôme à retenir, que, le jeudi soir, les délégués français avaient, jusqu'à une heure tardive, gaiement causé en buvant du chocolat.
Dans Tune de ses excellentes lettres d'Âlgésiras au Journal des Débats,
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journée parlementaire du 7 serait sans action sur notre politique étrangère. Nos journaux écrivaient : (r La séance continue* » et rappelaient que les instructions données à M. Révûil s appliquiùmt àTensemble du débat. Les pronostics» h l*hôtel Rein a Çristim^ne nous en étaient pas moins, par un brusque ressaut, devenus pe«i ] favorables. Et Ton augurait mal du sang- froid d'un peuple do*^^ les mandataires élus étaient si peu maîtres d'eux-mêmes.
Par la vitesse acquise, les résuUals obtenus la semaine précei^^^^ dente parurent cependant se confirmer. En ce qui concerne 1-^^^' banque, les séances officielles du 8 et du 10 permîrcnl k l'accor^^ de s'établir, au moins en principe, sur la législation, la juridio— ^' tion, les censeurs et lassainissement de la monnaie. On a vti^ quelles avaient été les solutions envisagées, sur les deux premier^^ points, dans les conversations des jours précédenls : ce ÎMiéùi ces-* solutions qui prévalurent : à savoir, la législation française; les tribunaux consulaires, quand la banque serait demanderesse; un tribunal mixte, composé de trois consuls et de deux commerçants, lorsqu'elle serait défenderesse ; la cour de Lausanne pour les appek et aussi, en première instance, pour lesconleslations soit eiUre la banque et le Sultan, soit entre la banque et les actionnaires. Pour les censeurs, M. de Tattenbach proposait qu'on en fixât le nombre
M. do Caix ûcrivait : o 11 est curieux de voir tïuoliiues diiilontatt^s^ prt^àv's do quitter Algésiras, s'indigner de noln.' obstinalioiL Mais co iiVst pas tjiiil *ur cette dernière que sur la crise miiiiatérk-ik^ ifue tes Fiinçais iieuvent Burprondre, à Reina Cristina^ des comnicntaires il**sQhtig<?ants qui prodiii^irit partout un mauvais otTot sur certains di|>lomates étnmgci'â» incapatjfd^^ tin coniprcndrc que la crise ne fait pas luMo ra^e dû toute ta politique française, (le matin, au ttié, j'entendais un di I. ;:tjé sï'crier : a Pouttiuol ne pas ê^uspondre la conférence, puisque les délégu» s français D'ont ptuî dlnslmclions*? n
1. Tous les journaux français furent unaninaci à c^t dgarti. Lg Temps iScdvait (9 mars 4906): « Avec ou sans le niinistùre Bouvier, la Frante ne peut pas ne pas avoir une politique marocaine. Av(?e on sans lui, cette îioUUiîuo ne peut past^tre autre que colle qu'a suivie M. Rouvier, Les sacrifices que nous avons consentis sur le terrain économique étu-iont iaiportanta. mais posîiibtes. Ceux qu'on nous demande sur le terrain politique sont et sitîmnl taujourà ioaclnnssibles. Bien que l'Allemagne ait pu prendre goût il voir eVjuvrir chez nous d^s crises ministérielles, ces crises, quelle qaVn soit t Issue, ne feront pas <|uiî nous n'ayons, au maintien de l'ordre dans J'eiiipire clii^riiien, un intérêt πcial, reconnu par l'Allemagne elle-môme. Elles ne feront pas que toute fucnac^ pour l'Algérie ne soit un danger pour ia France. Ces vérités, qui dictent h noâ plénipolenliaires leur conduite, ne sont pas a la merci des nervosités électorales et des convoitises personnelles, q^ui décident parfais ^u sort dos cabinets. Elles ont déterminé notre résistance dans le passé. Elles la déteroiineront dans l'avenir. Nous le répétons : la séance contîmie. a