Voici lo texte de cet arlicle
Art. 3i. — Lo ministre des Finances déclare» atl nom do gonvornement impérial du Maroc, que, par suite du rembourseriirtit dos Imis t'Tnpmiil£ ci-diisstta spécilirs, français, anglais et espagnol, du^il l«? iiioniaiit kIoM est de i'2,H)OUU() francs, los produits dos douanes de iuminrc sârDat iibr<î5 etpeu^ônt «■•hr anVcU-s au service du présent oiiipi'unt.
(,)u;iiit au solde du produit des douanes rc&tanl disponiïdii [lour Je gouvc*rnt ment cliérilien. apns ))r.lèvcnient de la pnjpojljon i(Ue le reprcâenUnl des porteurs de litres et ses d*'léi;ués doivent faitu entiibsL'r poiîr le service de l'emprunt, il ne pourra, sans entente préalable avt'c ki« litinquca contractante* sur le ((uunluin qu'il convient de donner sur Ju aoUg &ugdîl, ôlre affe<sl4î 4 la ^'aratiti'.' d'aueun autre t'inprunt.
Tou> oidres de payement (jue lo gouvernemenl impédd du Maroc poiirraii donner à ses lonetiuiinair.s sur le solde dispornMe sur le produit de.'îdauaiU's, ne j)ourront être considérés à un titre quelcon.|UM cuaime un privilège SUi' le produit des douantes disponible, ni primer lo -.t vicw ûn preaûaL çuipniiiL qui reste ^^lran(i jus(pïii la (in |tar le i)roduit des iloUttiics.
LA CRISE MINISTÉRIELLE FRANÇAISE 31 i
garaoli jiisqu*à la fin par le produit des douanes. » Cet article ne restreignait, en aucune façon, les droits des porteurs qui, en tout état de cause, restaient garantis par les articles il, 16, 17 et 21 *. Que le droit qu'il stipulait fût exercé par le consortium des banques contractantes ou parla Banque d'Ëtat, le représentant des porteurs de titres n'en conservait pas moins, aux termes de l'article 11 et de l'article 32 lui-môme, le droit d'exiger, pour le service de l'emprunt de 1904, la priorité de paiement sur les recettes douanières. Il était donc assez naturel que les banques, si elles cédaient les droits de l'article 33, ne retinssent pas ceux de Tarticle 32. Et c'était une façon commode de grossir notre apport. En un mot, le représentant de la France était autorisé à faire trois concessions : une sur la police : acceptation de l'inspection, à condition qu'elle n'impliquât pas de commandement direct ou indirect et ne portât pas atteinte à la souveraineté du Sultan ; deux sur la banque : réduction de 4iuatre à deux du nombre des parts à attribuer au consortium et cession éventuelle des droits de l'article 32. Nous n'étions irréductibles que sur deux points : suppression de la police mixte â Casablanca et cession du droit de contrôle. L'Allemagne, par conséquent, n'avait à accepter que deux modifications, tandis que nous en acceptions trois. Dans l'effort demandé par M. de Radowitz pour (c mettre en harmonie » les projets en présence, nous payions largement notre part.
Les choses en étaient là, lorsque, le samedi 10 mars, dans l'après-midi, sir Arthur Nicolson alla voir M. de Radowilz. Le plénipolentiaire anglais, convaincu comme tout le monde que le <;adre des concessions mutuelles était arrêté dans l'esprit des deux
1. Art. 11. — Le présent emprunt est garanti spécialement et irrévocablement par préférence et priorité à, tous autres emprunts par la totaUté du produit des droits de douanes, tant & l'entrée qu*à la sortie de tous les ports de Tempire existant ou à créer.
Art. 17. — Ainsi qu'il a été dità l'article 11, le produit des douanes est affecté en totalité et par privilège au service du présent emprunt.
Art. 21. — Au cas oti deux mois avant chaque échéance semestrielle, le total des encaissements effectués et reçus par le représentant des porteurs de titres à Tanger, par application de la perception limitée prévue à l'article 17, n'atteindrait pas le montant do la semestrialité correspondant à cette échéance, le représentant des porteurs de titres en avisera le commissaire du maghzen qui devra parfaire la semestrialité dans un délai de quinze jours à partir do cette notiûcation, et ce au moyen des autres ressources du gouvernement impérial du Maroc et notamment au moyen du solde du produit des douanes qui restera disponible.
parties, félicita son collègue de ses concessions de la veîUe, puislui dit:
— Il n'y a plus maintenant que Tattribution de Casablanca aux Suisses qui soit inadmissible pour la France. Donnez-lui la satisfaction d'y renoncer, puisqu'elle vous donne, à vous, rinspection. Et tout sera fini.
Avec une vive surprise, sir Arthur, qui s'attendait à une adhésion immédiate, rencontra un tout autre accueil. M. de Radowitz trou* vait naturel que la France fit une concession à l'Allemagne en acceptant l'inspection. Il n'admettait pas que l'Allemagne dût, en échange, faire une concession h la France en acceptant la suppression de la police suisse à Casablanca.
— Mon gouvernement, déclarait -il, a dit son dernier mot. Ce dernier mot, c'est le projet autrichien tel quel, avec l'inspecteur et la police suisse à Casablanca; c'est à prendre ou à laisser.
Le soir même et le surlendemain lundi, M. White, le comte Cassini, le duc d*Almodovar venaient, à leur tour, voir leur collègue allemand. Il était plus catégorique encore. Il ne se contentait plus d'affirmer que ses instructions étaient irrévocables. Il déclarait qu'on les lui avait renouvelées le M, et, s'engageant Jui-môme, il donnait « sa parole d'honneur » qu'il ne s'agissait point là d'un blu/f et d'un marcliandage, mais de renonciation réfléchie d'une résolution inébranlable. Le lundi soir, il se rendait chez sir Arthur Nicolson. Et comme celui-ci insistait, lui montrait nilogisme blessant de rcxigonce maintenue pour Casablanca, lui rappelait ses paroles du 10, lui demandait enfin ce que l'Allemagne avait, suivant ses propres expressions, « pris du projet français », puisqu'elle s*en tenait au projet autrichien ne varietur, M. de Radowitz répondait :
— Que voulez- vous? Je n'y peux rien. Mes ordres sont formels. J'ai fait tout ce qui dépendait de moi. J'ai demandé qu'on mit l'inspecteur à Tanger et que Casablanca, comme les autres ports, fût confié à la police franco-espagnole. On m'a répondu très sèchement que c'était impossible. Je ne peux plus rien.
En môme temps, M. de Tatlenbach changeait de ton. Le il, à la séance du comité de rédaction, il revenait sur les concessions qu'il avait précédemment consenties quant au mode dénomination des
coïïseurs*. Pour le capital, il maintenait ses prétentions. Pour la police, il affirmait avec raideur que le projet autrichien n'était ?.
ncàodifiable sur aucun point. Le 14, à une nouvelle séance de la commission de rédaction, il ne se contentait pas d'être intransi-' .' . :
S^^nt; il était agressif et menaçant, si bien que M. Regnault devait lo ramener vivement à un ton plus courtois. Le parti pris de résis- ^
t^LDce et d'intimidation s'afOrmait donc, avec les nuancesdilTérentes ^^
cjui'y mettaient l'inégalité de Tàge et du tempérament, chez les . *
<loux délégués de TAllemagne. Au même moment, la presse aile- i
xnande nous en renvoyait Técho. Et elle accusait des a influences J-.
Occultes » de s'exercer à Paris pour empêcher le succès de la conférence. ' '^^ Quelle était cependant la situation? Le 10 mars, deux projets se %trouvaient en présence : le projet français et le projet autrichien. -^^ A.U projet français, on savait que TAllemagne reprochait de ne pas j; comporter d'inspection. Au projet autrichien, on savait que la F*rance reprochait de confier à l'inspecteur la police de Casablanca. .' ^- C'était donc sur ces deux points que devait porter relTort transac- 1 tionnel que M. de Radowitz avait défini en disant : « Il y a beau- , :' coup de bon dans ces deux projets. Le comité de rédaction devra UJLcher de les mettre en harmonie. » Il était clair que le comité demanderait à la France d'ajouter à son texte ce que l'Allemagne désirait, à l'Allemagne d'effacer du sien ce que la France repoussait. ""Or, que voyait-on? La France, très loyalement faisait un pas en avant et acceptait l'inspection. L'Allemagne, au contraire, rest«iit immobile et maintenait à Casablanca la police suisse. Oubliant qu'il avait le premier parlé de combiner le projet Révoil et le projet Welsersheimb, M. de Radowitz écartait simplement le premier de ces projets pour s'en tenir au second. Par une surenchère soudaine, il retirait d'une main ce qu'il avait paru donner de l'autre et revenait sur une promesse qu'il avait publiquement formulée.
Comment expliquer cette volte-face? Non point certes par l'intérêt objectif que pouvait présenter la présence àCasablancad'instructeurssuisses commandés par l'inspecteur. M. de Welsersheimb avait motivé cette présence en disant qu'à défaut de ce comman-