Voir ci-dessus, page
2. Sir Arthur Nicolson télégrapfiia à ce moment à sir Edward Grey que le plénipotentiaire français lui semblait avoir perdu confiance. En réalité, M. Révoil faisait aussi bonne contenance que possible. Mais il ne méconnaissait pas les graves difficultés de la situation. Ce fut le mérite de M. Léon Bourgeois, énergiquement soutenu par le Temps, d'assurer, dos son arrivée aux affaires, M. Révoil, qu'il lui maintenait intégralement les instructions de son prédécesseur (Voir ci-dossous, page 32!9) .
3. A aucun moment, ni M. Révoil, ni M. Regnault n'admirent vis-à-vis de leurs collègues l'hypothèse de concessions nouvelles.
Tardieu. 21
322 LA CONFÉRENCE d'âLOÉSIBAS
effort qu'elle fit, aux regards hosliles ou simplcmenl carieux. En examinant la troublante alternative du risque des concessions ou du danger d'une rupture, elle diminuait ioconsciemmenl sa capacité de résistance. Et quand elle évaluait les chances que nous réservait un nouveau vote, elle incltnail au pessimisme. Sans doute, le projet non amendé n'était pas acceptable, puisqu il équivalait à la solution internationale repoussée par nous dès le pre* mier jour ; substituait un mandat à trois à un mandat à deux; ouvrait la porte à toutes les intrigues euro pée nues et mellait au-dessus du Sultan le corps diplomatique de Tanger. Mais* d'autre part, quelles seraient les suites de la rupture ? Et à quoi bon cette rupture, puisque, malgré la fidélité de nos amis, l'unanimité requise nous interdisait d'espérer un résultat matériel f Enfin, dans ce qui s'imprimait, en Allemagne, au sujet des dispositions des puissances, — les démarches des ambassadeurs, du chancelier et de TEmpereur n'étaient pas encore connues, — n'y avait-il pas Tindiced^une évolution, non point des délégués, mais de leurs gouvernements? C'était, en effet, le grand danger de la manœuvre, allemande que d'inspirer des doutes, — pour quelques heures seulement, il est vrai, mais en pleine crise une heure peut être décisive, — aux cUancelleries sur l*opinian des plénipotentiaires, aux plénipotentiaires sur Topinion des chancelleries. Le terrain paraissait instable et periide. La prudence conseillait l'immobilité. Mais rimmobilité est la pire des lactiques, dans une négociation comme sur un champ de bataille. Et Fajournement répété des séances de la conférence n'était pas une solution. Tout concourait doncà inquiéter, à troubler, à déprimer ceux qui, depuis deux mois révolus, défendaient pied à pied notre cause. Et cette inquiétude, ce trouble, celle dépression étaient pour nous le pire des périls. C'est dans ces conditions pénibles et critiques que, le 14 mars, M. Léon Bourgeois prit, des malnâ de M. Rouvicr, la direction des affaires.