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CHAPITRE PREMIER CASABLANCA

I. La lâche de M. Léon Bourgeois. — La déclaration ministérielle. — Le premier contact avec les ambassadeurs. — Les instructions de M. Rdvoil confirmées (14 mars). — L'Angleterre dément l'attitude que l'Allemagne lui a prêtée (13 mars). — La Russie suit son exemple (19 mars). — Le Temps publie les deux circulaires (16-20 mars). — L'aveu de la Gazette de V Allemagne du Nord. — Une nouvelle dépêche de M. Roosevelt (17 mars). — Les instructions de M. Henry \Vhit€.

\\. La politique de M. Léon Bourgeois. — Plus de concessions sur la police.

— Transactions possibles sur la banque. — Leur limite. — Une solution élégante, mais irréalisable. — L'article 17 et l'article 32. — Les arguments juridiques. — La thèse adoptée.

III. Le succès de la France. — La première intervention du comte do Khevenhuller (15 mars). — L'intransigeance du prince do Radolin (17 mars). — La seconde visite du comte de Khevenhuller et sa signification (17 mars).

— L'Allemagne cède sur Casablanca. — Déclarations du Dr Rosen, de M. do Szœgycny, du prince de Biilow, de M. de Schœn, du comte Goluchowski vi du comto de Khevenhuller (18-24 mars). — Un nouveau télégramme de Guillaume II à M. Roosevelt (20 mars).

IV. A Algésiras. — Inertie et nervosité. — Les fausses nouvelles. — Les quatre séances du comité de rédaction (20, 21, 23, 25 mars). — La séance plénière du 26. — L'accord sur Casablanca (26 mars). — Une nouvelle proposition allemande sur la Banque. — Un état d'esprit dangereux.

La tâche de M. Bourgeois était complexe et malaisée. Tout ce qu'avait gagné la fermeté de son prédécesseur, la crise ministérielle nous Tavait fait perdre. Jamais l'intrigue nouée par l'Alleroagne ne nous avait serrés d'aussi près. Jamais les puissances, amies delà France, n'avaient été l'objet d'une pression aussi vive. Enfin plus d'un, à Algésiras ou ailleurs, escomptait, de la part d'un ministre nouveau, une tendance à céder qui, en facilitant la solution, éviterait la prolongation des débals et la nécessité d'un vote. Il fallait, pour conjurer ces risques, de la fermeté et de la présence d'esprit. Il importail d'abord que la politique du cabinet

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Sarrien fût définie clairement et que la contïnuilé de notre aelloa diplomatique^ exigée par la permanence de nos droits et de nos intérêts, fût publiquement affirmée. Cela fait, nous aurions ù déjouer les manœuvres menées depuis huit jours contre nous, à montrer que la France ne s'abandonnait point et que personne ne l'abandonnait. Après quoi, il faudrait remettre en marche la négociation et déterminer rAllemagne a la concession que M, de Radowitz avait annoncée le 10 mars S mais qu'ensuite il n'avait point faite. Négociateur de tempéramenl et de carrière, plus rompu que M. Bouvier aux pourparlers diplomatiques, convaincu par Tétude du dossier marocain que nous étions arrivés à la limile des transactions acceptables, M. Bourgeois allait, en moins de deux semaines, ressaisir Tavantago. Ce fut une partie décisive^ où le succès final récompensa notre résolution de préférer la rupture môme à un accord humiliant et mauvais.

Un ministère qui se constitue a un moyen immédiat de publier ses vues : sa déclaration. Le i% mars, cette déclaration édut lue à la tribune de la Cliambre par M. Sarrien, président du Conseil, à celle du Sénat par M. Clemenceau, ministre de Unierieur. Le passage relatif à la politique extérieure t^ait rédigé comme il suit :

A Textérieur, nous entendons continuer, notamment dans les questions qui louchent à notre situation dans rAfrlque du Nord, la poli- ' tique suivie par nos prédécesieurs et qui a reçu récemment encoi e rapprobation du parlement.

Pleinement conscients des droits et des Inlérèti vitaux que noire diplomatie a pour devoir de sauvegarder, noua sommes convaincus que Texercice de ces droits et le développement normal de ces intérêts i

peuvent être assurés sans porter atteinte à ceux d^aucune autre puis- | sance; comme nos prédécesseurs, à qui nous tenons â rendre hautement justice, nous avons T espoir que Ir droiture et la dignité de ceUe altitude permettront le règlement prochain et définitif des difficultés pendanles.

Fidèle à une alliance dont la France et la Russie éprouvent également Taction bienfaisante et à des amitiés dont nous avons pu mesorer aussi la sûreté et le prix, la France a, dans le monde ^ une situation ,

qu'affermit encore l'esprit de justice et de paix avec lequel elle envisage les divers problèmes posés par la force des choses devant les nations. I

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