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328 LA CONFÉRENCE dVlGÉSII!AS

en ce qui nous concernai l» les animiations de M, de fladowîtz et de la chancellerie impériale. Au comle de KtievenliuUer, ambassadeur d'Autriche, et au comte Tornielli, ambassadeur d'Italie, il déclara avec une insistance parliculière, qui! ne comprenait pas comment TAllemagne avait pu se tromper aussi gravement sur nos intentions. Il était notoire que M. Eouvîer avait confîroié à M. Révoil ses instructions? antérieures, puisque le Temps les avait publiées le 13 mars *. Ces inlruclions, tout en laissant la porte ouverte à la négociation, maintenaient catégoriquement notre refus d'admettre, pour le huitième port, une police qui ne fût point francoespagnole; elles maintenaient non moins éoergiquemenl notre décision de n'accepter de la part de Tinspecteur ni commandement ni collaboration au comniandement. Ce faisant, elles préservaient ce que nous considérions comme « un intérêt vital », Or ces intérêts, la déclaration ministérielle affirmait qu'ils ne seraient pas abandonnés. Comment puuvait-on croire que M. Bourgeois pût

1. Voir le Temps daté du 14 mars 1506, Pi'ôpos dipÎQmaiifjuen. Ces^ iDslnic- Uons.que le Temps crut devuir [lublkn pour rcagir eoalre la lége«do de notre* capitulation, portaient :

« lo Dans l'ensemble, se prôler, eomnie par h pa&sd^ à toutes le^ IraitsaC' lions, mais à la condition formelle que rint43r*H spécial de la Franco* en matière politique, soit sauve ^^nnb^ tît t[uc se^ *lr<ïits canlracluek, en inalitn'e cconumique, ne soient pas atiandonnéi ^an^ une cquitatitc erimpciisatfoD ;

i) 2^ Dans la quesUon d( lu J>anqiie, adïnettre uric réduction de nos deinandcs primitives; accepEei', comme marque extn^mc do no tri? esprit d» <onciliation. une part pour Jd l^rance. trois pour les élablissenienls frAnça.is, déjà créanciers du Maroc pour tîr> nùlUonâ, et bênéfieiatrtîs indîscalés d'un droit de contrôle et de préféirtn.,.' ;

» 3° Dans la question do In fnjlii^e, accepter, si celte poUce est fninco-espa- ^'nolo, la création d'une insj^cUon. Se prêter iï c€ que celle inspéctloii soit aussi ollicace et ai^ssi forte i|ue pos&ib]<'. Mais en revanche, n*admeUre k aucun prix qu'elle se transforme en une collaboration et refus^y cat<îgoriquement que l'inspecteur ait le commandement direct d'un poH. »»

Le correspondant du Temps k Berlin lelégnipliiail k c(? sujet le i4 mars : « La publication par le Teiup^ dt^s «km/ùre^ Jiislruclioiis do M. Bouvier ii M. Kévoil produit ici une vive sensulion. Le Lôkal-Anzeiger eslîtue f|iîc M. Bourgeois se trouve en itré^t^iice d*une siluatîon déllnîe et dans l'impossibilité de modifier ces instrucUgnH par d'autres, a moins qu'un nouveau projet ne surgisse à la confcieuce. Le Bediner Tu^eblûH considèrt^ la publication du Temps conime deift.in«^e à coU[ier toute relrarto k M. Bourgeois. M. Schiemann déclare que lis prékn lions ff^nçaiaeâ, comme elles sont foi^ Miulées par le Temps, sont irréalisables, mais eouimîte de pouvoir noter dans une huitaine que le différentl a di&paru, La publication du Temps est une grosse surprise dans les niiJieux orncielSt qui croyaient que M. llévoil ne persistait dans son attitude (juVn allendanl les indications du nouvenu minislère. On refuse toutefois de se prononcer sur ces instiiictioas avaiit d'avoîi* va linlerprétation que leur donnera M, Révoil à la prochaino sdance plénière. »

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modifier, à cet égard, la politique de son prédécesseur? Et le ministre ajoutait :

— Aujourd'hui même, 14 mars, j'ai purement et simplement confirmé à M. Révoil les instructions de M. Rouvier.

Aussi bien, la situation était très nette. Deux projets étaient en présence, que M. de Radowitz avait reconnus, par leur combinaison, susceptibles d'aboutir à un accord : le projet français et le projet autrichien. Nous avions, sans tarder, fait connaître ce que nous pouvions emprunter au second, à savoir le principe de Tinspection. Nous attendions encore que l'Allemagne nous ffl connaître ce qu'elle empruntait au nôtre. Si on nous refusait la police francoespagnole des huit porls, nous refusions l'inspection. Si nous acceptions l'inspection, nous entendions que satisfaction nous fût donnée sur la nationalité des instructeurs, h Casablanca comme ailleurs.

La netteté de cette déclaration produisit un effet immédiat. La France ne cédait pas. Les puissances qui la soutenaient tinrent à honneur de montrer qu'elles ne cédaient pas davantage. On a vu* que, dès le 12 mars, quand le comte Wolff-Metternich était venu annoncer à sir Edward Grey que sir Arthur Nicolson nous conseillait d'abandonner Casablanca et de souscrire à l'inspection sans compensation, le secrétaire d*État anglais avait répondu à l'ambassadeur par le plus net des démentis :

— Ce que vous me dites là, avait-il répliqué, n'est pas possible.

Le soir même, il télégraphiait à Algésiras pour avoir des explications. Et, dès le 13, il recevait la réponse du plénipotentiaire britannique. Sir Arthur Nicolson déclarait que, jamais, au cours de ses conversations avec son collègue allemand, il n'avait ni dit ni laissé entendre qu'il fût favorable au projet autrichien sans amendement, ni que nous pussions céder sur la police du huitième port. Sans doute, si la France avait mis bas les armes, le gouvernement anglais n'aurait pas été plus intransigeant qu'elle. Mais il demeurait résolu à nous soutenir en tout et partout, quelle que fût notre attitude. La publication par le Temps des dernières instructions de M. Rouvier, l'affirmation de M. Léon Bourgeois qu'il s'appropriait ces instructions, témoignaient de notre fermeté.

i. Voir ci-dessus, page 318.

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Sir Edward Grey fit immédiatement le nécessaire pour qu^onsùt que, contrairement aux assertions de la circulaire allemande, il restait à nos côtés sans Tombre de faiblesse ni d'hésitatioo. Et comme, au même moment, les ambassadeurs d* Angleterre à Vienne et à Saint-Pétersbourg, télégraphiaient qu'on leur demandât des. détails sur « l'adhésion de leur pays au projet autrichien )», il adressa à tous ses représentants, à la date du 13 mars S un télégramme circulaire avec ordre de le communiquer. Ce télégramme portait que les instructions données à sir Arthur Nicolson M . prescrivaient, d'une façon générale, de maintenir à la France, dans lavenir comme dans le passé, pour toutes les questions encore à trancher, un appui absolu et sans réserve ; plus spécialement de Tappuyer énergiquement dans son refus d'admettre qne rinspecteur de la police eût le commandement de Casablanca, on de quelque autre port que ce fût, et qu ainsi un ces huit ports fût soustrait à la police franco-espagnole. Le lendemain 14 mars, sir Francis Bertie, ambassadeur d'Angleterre, venait porter celte dépêche à M. Georges Louis, directeur des affaires politiques au quai d'Orsay. Et sir Charles Hardinge, sous-sècrétaire d'État permanent au Forcing Office, informait M. Paul Cambon, qu*il en avait donné connaissance au comte Wolff-Metternich. Trois jours après ^, le Temps, estimant qu'il y avait intérêt à ce que Topinioa européenne fût informée, ainsi que les chancelleries^ publiait les instructions envoyées à sir Arthur Nicolson. Nul ne pouvait plus croire que l'Angleterre songeât à nous abandonner, moins encore qu'elle agît sur nous pour nous décider à capituler*.

1. Le 13 mars au soir, M. Rouvier avait déjà quitté le qnii dHyreay.M. Léon Dourgeoiâ n'y était pas encore arrivé. C'est la publication des insiruclions de M. Réveil par le Temps qui détermina l'envoi de cette circulaire.

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