‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 199 sur 357 · Voir lo Temps, 18 mars 1906, Propos diplomatiquu · texte numérisé non relu

Voir lo Temps, 18 mars 1906, Propos diplomatiquu

n l» D'une façon générale maintenir à la France, dans ravenir comme dans le passé, pour toutes les questions encore à trancher, un appui absolu et sans réserve.

» 2» Plus spécialement appuyer énergiquement la France dans son Y«fu8 «l'admettre que l'inspecteur de la police ait le commandement du port do Casablanca ou de quelque autre que ce soit et qu'ainsi ce port soit soustrait à la police franco-espagnole. »

3. L'ne note officieuse anglaise exposa, en ces tcrmesj à la date du iSmaK. les raisons du gouvernement britannique : a La circnlaiie récente de sir ICdward Grey, qui a été communiquée à tous les ambassadeurs d'Angleterre et notamment à sir Arthur Nicolson, pour déclarer que l'Angleterre n'acceptait nullement la proposition autrichienne relative à Casablanca et rappeler qne

CASABLANCA 331

La Russie, à son tour, entrait alors en scène. Et ne voulant pas remplir ses devoirs d'alliée avec moins de netteté que la Grande- Bretagne ne s*acquittait de ses obligations d*amieS elle adressait à ses ambassadeurs une circulaire identique à la circulaire anglaise. Cette circulaire était ainsi conçue :

Saint-Pétersbourg, 6/19 mars 1900.

Je viens d'envoyer au comte Cassini le télégramme suivant : Le gouvernement impérial estime nécessaire d opposer un démenti énergique à la nouvelle qui a été répandue qu'il aurait pris parti contre le point de vue français et pour la création d'une organisation spéciale de police à Casablanca. Celle nouvelle est sans fondement. En conséquence, pour éviter toute fausse interprétation dans une question de cette importance, vous voudrez bien donner l'assurance au plénipotentiaire français que vous êtes prêt à Tappuyer en ce qui concerne l'organisation de la police dans le port susnommé. En même temps, les puissances représentées à la conférence seront informées des instructions qui vous sont adressées, afin de détroire le soupçon qui pourrait naître d'un double jeu de la Russie, alors que, en dehors du désir de soutenir son alliée dans ses justes revendications^ ses efforts ne tendent qu'à un but élevé de conciliation, c'est à savoir de trouver aux difficultés actuelles une solution qui réponde à la dignité des deux parties.

Signé: Lamsdohf.

Cette communication, parfaitement correcte dans le fond et dans la forme, exaspéra le gouvernement et les journaux allemands. C'était, en effet, la première manifestation publique des senti-

l'Angletorre appuyait saus réserve l'action française à la conférence, a été molivée par les raisons suivantes. Des bruits provenant d'Algésiras ol de Berlin ont été répandus dans les diverses capitales de l'Europe, aussitôt après la présentation du projet autrichien. Suivant ces bruits, tous les délégués à. Algésiras se prononçaient pour l'adoption de ce projet, et la France restait complètement isolée dans son opposition à Casablanca. On allait jusqu'à insinuer que l'Angleterre et la Russie elle-même abandonnaient les délégués français. Ces bruits ont pris un tel développement que le ministre des Affaires étrangères anglais a cru nécessaire de les arrêter net. Une autre raison de la circulaire anglaise est que l'Angleterre, au lendemain de l'arrivée au pouvoir du nouveau ministère français, a voulu montrer que rien n'était changé et qu'elle soutiendrait la France à Algésiras comme parle passé». (Voir le Tetnps, 21 mars.)

4. Il convient de noter que le chargé d'affaires d'Angleterre à Saint-Pétersbourg avait déjà protesté auprès du comte Lamsdorf contre l'attitude prêtée à son gouvernement et à sir Arthur Nicolson par la circulaire allemande du 12 mars.

ments de la Russie. Cotte irrilalion s'aecrut de ce fait qoe h Temps, ayant connu, avant îe prince de Bùlow el avant M. Km Bourgeois, ces instructions, en publia , dès le iÙ mars, un résume et que c'est par ce résumût aussitôt télégrapliiép qu'on en eut connaissance à Berlin *. Le lendemain soir, une fête de cour avaîl lieu au palais. Tout le monde remarqua Tair sombre et Irrité ût l'Empereur, du chancelier, de M. de Tchirschky et leurs nerTeui | conciliabules. On savait de plus qu'avant la fêle, le secrétaire d'Êl^l avait eu un long entretien avec le comte d'OstenSacken. Très maladroitement, la Gazette de V Allemagne du Nord allait d'ailleurs souligner et augmenter rimportance de la dépêche russe^Êo engageant contre le Temps une campagne d'une violence inonie. Elle prétendit d'abord que la publication du journal français n'était point exacte, alors qu'il suf lisait de comparer les deux textes pour constater l'identité de leur sens ; pour s'assurer que, dans l'un comme dans l'autre, le gouvernement russe démentait énergiquement l'attitude à lui attribuée par le gouvernement allemand; que, dans l'un comme dans l'autre, il affirmait n'avoir jamais conseillé à la France de céder sur Casablanca; que, dans l'un comme dans l'autre enfin, il proclamait sa volonlé de remplir tous ses devoirs d'allié el son désir de voir la conférence aboutir

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