II PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION
d'indications douteuses ou fausses..., qui d'ailleurs n'intéressent personne. » Ce sont de <c vieux mensonges » ripostait le Lokal'Anzeiger. Et il ajoutait délicatement : « Les adorateurs de Michelet et de Thiers n'ont pas encore à craindre que leur idéal passe au second rang. » Je fus Iraité d' « empoisonneur » par M. Théodore Schiemann dans la Gazette de la Croix. Suivant lui, mon volume était simplement « monstrueux ». Le Reichshote m'appelaitlui aussi, «Tempoisonneur parisien, bien connu ». Pour la Deutsche Tageszeitungy c'était un « nouveau coup de la fronde delcassisle ». Pour la National Zeitnng^ j'étais un « fantaisiste ». Pour la Schlesische Zeitiing, un « pamphlélaire »; ipouvla Braunschweigische Landeszeitung j un « faussaire » ; pour la Germania, un « troublepaix ». Là Natiofml Zeitung se consolait en pensant que « ni le livre ni Tauteur n'étaient pris au sérieux en France ». Le Hannoversche Kourrier se gaussait de cette « littérature assez superflue ». La Saale Zeitung voyait en moi un agent « des cléricaux et des jésuites ». Pour la Germania^ je faisais de « l'américanisme de presse » ; pour le lieoôachtcrdo Stuttgart, de la « fantaisie gauloise ». Lîi Neue Badische Laadeszeitui}g me reprochait d'être « hypnotisé par la trouée de Belfort »; la Magdeburgische Zeitung de faire le « jeu de l'Angleterre ». La Post me désignait obligeamment pour « la potence ». J'en passe et des meilleurs, — parmi lesquels je m'en voudrais pourtant d'oublier le journal qui me dénonçait à ses lecteurs comme un « écrivain rabulistique ^»
Si docile que soit la presse allemande aux inspirations gou-
1. Lus seuls démentis do faits cnoiicés au cjurs do cette promière carnpagno portaient sur les trois points suivunls : 1" iju'il n'y avait pas ou correspondance directe entre Guillaumi.' II et M. Hoosevclt, mais seulemi.-nt communication dipIomati(|uc ordinaire de gouvernement à gouvernement ; 2» que le comte Witte n'avait jamais écrit à l'Empereur pour appuyer la thùse de la France; 3» que le marquis di San-Giuliano, ministre dus Atlairus Etrangères d'Italii', avait déclaré inexact mon récit des événements du 7 au 14 mars. Comme on le verra plus loin, pages v et vi, la chancolleiie de {{■•rlin duvait reconnaître peu de jours après que les deux premiers de ces démunlis n'étaient pas soutenabl<*s. Quant au troisième, il suIHt de rappeler que le marijuis di ban-Giuliano aviit quitté la Consulta le I" lévrier.
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vernementales, elle compte cependant des organes plus sérieux qui comprirent que ces négations sans preuves et ces injures sans arguments allaient à rencontre du but qu*on se proposait. La Gazette de Cologne ^ après avoir publié la sortie de son correspondant de Londres, garda le silence. La Gazette de Francfort y tout en me reprochant d'être parfois « tendancieux», rendiljuslico à rcfforl historique dont témoignait mon livre. Le Bcrliner Tarjehlatt^ après en avoir cité de longs extraits, conclut qu'à son sens « la diplomatie allemande avait péché non par déloyauté mais par maladresse », car (( dix mois durant, elle n'avait compris ni les dispositions de la France, ni celles de TEurope ». La Vossische Zeitung exprima la même idée, ainsi que le Hamburger Fremdenblatt. La Coblenzer Zeittnig ajouta : « Il y a longtemps que nous pensions qu'Algésiras n'était pas un coup d'éclat de la diplomatie allemande. Le livre de M. Tardîeu confirme notre appréciation ». Le Hannoversche Kourrier écrivit : « Notre diplomatie n'a pas été déloyale, mais hélas! aveugle ». La Berliner Morgenpost s'en prit aux « autosuggestions delà Wilhelmstrasse et de Potsdam ». Le Neues Tagblatt de Stuttgart conclut son commentaire en disant : «L'auteur sait beaucoup de choses et on aurait tort de traiter en bloc ses récits comme de simples racontars ». Le Leipziger Tageblatt^ après avoir parlé delà « chamade allemande de mars 1906 », s'exprima dans le même sens : « Il est très grave de savoir que notre diplomatie fut dépendante de ce que, un beau jour, son facteur essentiel en entassez de soutenir les réclamations que, pendant un an, ses représentants avaient appuyées de toutes leurs forces. » De même la Neue Hamburger Zeitung : « Notre diplomatie a manqué de coup d'œil et, sous les fers du régime personnel, elle a suivi une roule peu conséquente et moins encore heureuse ». Le Frankfurter General Anzeiger déclara que la documentation de mon volume prouvait qu'il y avait eu des traîtres « à la Wilhelmstrasse ou plus haut ». Enfm plusieurs journaux réclamèrent une réfutation officielle. «C'est l'affaire