Voir le Temps, 26 mars
2. Voici l'article du Temps ix ce sujet, Propos diplomaliques.
A Ce n'est pas seulement les journaux allemands qui ont faussement affirmé que toutes les puissances représentées à Algésiras, y compris la Russie et l'Angleterre, conseillaient à la France d'accepter le projet autrichien et d'admettre à Casablanca l'installation d'une police neutre. Deux ambassadeurs d'Allemagne ont tenu un langage semblable, & quelques heure» d'intervalle, dans les deux capitales où ils sont accrédités, et par conséquent en vertu d'instructions identiques adressées de Berlin à l'un et à l'autre.
» Ces ambassadeurs sont le comte WolfTMettemich, ambassadeur à Londres, et le baron Speck de Sternburg, ambassadeur à Washington.
» C'est à la suite de la démarche faite prés de lui par M. de Metternich et après un entrelien où cet ambassadeur avait inexactement dépeint l'atlitutio des puissances, notamment de la Russie, que sir Edward Grcy a publiquement expliqué dans une note officieuse (que nous rappelons dans noire Bulletin) pourquoi il avait confirmé en termes énergiques à sir Arthur NicoUon l'ordre d'appuyer la France dans sa résistance au projet autrichien.
» C'est dans les mômes conditions que le comte Lamsdorf a adressé au comte Cassini les instructions qui ont si fort ému la presse allemande.
» La Gazelle de l'Allemagne du Nord, en affirmant qu'il n'existe pas de a document » de la diplomatie allemande faisant allusion à l'isolement de la France ou à un changement de front de la Russie, oublie donc — délibérément — deux démarches officielles dos représentants de rAIIemagnc à, Londres et & Washington. On appréciera ce que vaut celte singulière façon do jouer sur les mots.
» Si la Gazelle de l'Allemagne du Sord revenait à la charge, j'apporterais de nouvelles précisions. Mais celles qu'on vient de lire suffiront sans doute à. lui rappeler qu'elle est sur un terrain où elle n'aura pas le dernier mot. »
3. Voici l'article de la Gazelle de l'Allemagne du Nord où s'enregistra cet aveu :
« Le Temps continue à troubler les négociations et à rendre l'cntenle plus difficile. D'après des dépêches privées de Paris, le Temps prétend que les ambassadeurs allemands à Londres et à Washington ont, sur les instructions de Berlin, propagé la légende de l'isolement de la France. La vérité se réduit à ce fait que, le 12 mars, les représentants d'Allemagne reçurent communication d'un rapport de M. de Radowitz disant que le projet Welsersheimb avait leçu un accueil extrêmement favorable et que la majorité des délégués avaieul-
thèse. La colère des officieux de Berlin avait donc pour résullatde justifier, au regard du public, la nécessité des démentis anglais et russes, en obligeant rAliemagne elle-même à confesser la campagne qui les avait provoqués. La lumière était ainsi faite non seulement sur le présent, mais sur le passé. Et les révélations du Temps* montraient, avec les menées dont la France avait été Tobjet, la fidélité des concours précieux qu'elle avait partout rencontrés.
conseille rcntente à leurs coUègucs français. Les diplomates allemands reçurent aussi les instructions do communiquer cela aux cabinets auprès desquels ils étaient accrédités, et d'ciposcr que le projet Welsershcimb offrait nne basi* prottrc à mener la conférence à bonne Ho et & inaugurer une période de tianquillité, de sécurité et de prospérité économique. » (Voirie Temps, 28 mars).
1. Le Temps du 26 mars exposa ainsi les raisons pour lesquelles il avait puMié les circulaires anglaise et russe :
(( Celte publication, que la Gazette de Francfort juge inutile et dangereuse» c'est rAliemagne, et rAliemagne seule, qui Ta provoquée en traçant un tableau inexact des dispositions des puissances. Nous pensons que l'heore des rciiKichos est passée. Et nous ne lui reprochons pas cette inexactitude, que nous passons aux profits et pertes do cette interminable afISaire. Mais> pour nous disculper, nous sommes contrainls de la lui rappeler. Pourquoi, dès le il mars* lo Lokal-Anzriger écrivait-il : « La n'-sistance française & Algésiras a isolé la « France el poussé du côté allemand les principales puissances neutres, notam- •( liant la Uuïsie. les htals-Unis. l'Italie et mtmc l'Angleterre. CSette attitude <( d<' l'Ani^loterre a élii provoquée par une longue conversation qui a eu lien le et ^;atllcdi 10 mars au soir entre sir Arthur Nicolson et M. de Radowitx? • i*oui<iuoi le lendemuin, îi la chancollciie même, déclarait-on & notre correspondant do Berlin que <( l'An^^leterro paraissait disposée à ne pas encourager '.' une plus longue résistance de la France »? Pourquoi, le 12 mars, la Gazelle <(e Francfort conririudit-elle sous les initiales do M. Stein, ami personnel dv (-hnn(.'(j]i(>r, u que la majorité des puissances était favorable à l'idée de coniler .< ini port sur huit à une pidice neutre? » Pourquoi, le 47, la Gazette de Col":/ne iM-rivail-elle : k Nous croyons que TAutriche, Tllalie et môme la .( Russie, iilliée de la France, appliquent leurs efforts diplomatiques à décider (( la FraiH-o ii céder, ••onviiinoues qu'elles sont que le projet antrichien répond <( à tùule.s les ]u»Hcnlioiis légitimes de la France? » Pourquoi, nous le répétons, ces ai'iirmations concordantes des organes les mieux renseignés de la presse allemande, — alors que ces affirmations étaient radicalement contraires à la réalité des choses et donnaient à une fausse nouvelle rautocité des plus ;;rands journaux d'outre-Rhin, alors que jamais sir Arthur Nicolson ni le çoiiito Cassini n'avaient, dans leurs entretiens avec M. de Radowitz, prononcé uno .-:eiil«' parcii- «lui put motiver cette version? Pourquoi surtout fttut-il que, (lo oL'ttc fuu.-sr- nouvolJe. des ropréseiitants oftîciels de TAllemagne se soient piirU's caution dans dos ronditions qu'une note de la Gazette de V Allemagne (tu Sord nous oblige à préciser. »
M. Francis Charmes, dans la Uevue des Deux Mondes du 1" avril suivant. ai'iir. «iait eu ces termes la publication par le Temp^ des deux circulaires: .. La divulgation des instructicms qui ont été données & un certain moment au c»int«; Cassini, venant après celle des instructions qui l'avaient été à sir Arthur Ni«:olson, a eu pour obj«.<t et pour effet de couper court à une campa^iiic de laussi- nouv.-lli's (|ui présontaient sous un jour trompeur les attitudes do la Kussie <'t de l'Ani-'leterro à notre égard. »
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CASABLANCA 335
On sait S avec quelle insistance, par trois télégrammes de Guillaume Il en date du 1 â, du 15 et du 1 7 mars, succédant à trois démar* ches du baron Speck de Sternburg, la pression allemande s'était exercée à Washington. L'appui des États-Unis nous fut, contre cette pression, aussi fidèle que Tavait été celui de TAngle* terre et de la Russie. L'Empereur d'Allemagne demandait que H. Rooseyelt nous recommandât le projet autrichien : le président s'y refusa; que, du moins, M. White reçût l'ordre de voter ce projet: M. Roosevelt s'y refusa encore. A la dernière dépêche de l'Empereur, appuyée énergiquement par l'ambassadeur, un troisième refus répondit, — refus verbal d'abord adressé à M. de Sternburg, refus écrit ensuite, télégraphié à Guillaume II par l'intermédiaire du baron de Sternburg (17 mars). Non seulement M. Roosevelt, très mal impressionné par les récentes manœuvres de l'Allemagne, déclarait, avec une netteté particulière, le projet autrichien a inacceptable ». Mais il affirmait que, si la doctrine de Monroë ne l'eût pas empêché de prendre parti, ill'eùt activement combattu comme étant une amorce de partage du Maroc, au moyen de sphères d'influence ^ M. Roosevelt rappelait d'ailleurs qu'ayant, le 7 mars, soumis à l'Empereur un projet ', il s'y tenait; que, si le délégué américain ne s'abstenait pas, il ne pourrait voter que pour ledit projet ; que Ja France avait fait une grosse concession en acceptant Tinspection ; qu'il appartenait à l'Allemagne de la reconnaître en renonçant à ses prétentions sur la police suisse de Casablanca, injustifiable à tous égards. En même temps, M. Root télégraphiait à M. White des instructions dans le même sens, qui constituaient la réfutation complète des arguments invoqués ^ en faveur de la