Voir Livre Jaune, page
î). Voir Livre Jaune, page 274.
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Un nccord s'est établi entre le groupe des banques allemandes elle consortium des banques françaises, en vue de participer à celle opération qui gardera son caractère d'avance de courte durée, avec gage spécial et remboursable sur le r?ochain emprunt ou par les voies et moyens de la Banque d'État dont la création figure au programme de la conférence. L'opération laisse intacte la question du droit de préférence du consortium français *.
Conformément à cet accord, le consortium français avait ultérieurement obtenu la participation de moitié qui lui avait été promise. Il était donc de moitié dans l'avance de courte durée consentie au Sultan par la maison Mendelssohn, avance qui, on n'avait cessé de nous le rappeler, ne créait « aucun titre durable w. Et cependant, en dépit de cette participation, en dépit du caractère môme de l'opération, voici qu'aujourd'hui l'Allemagne revendiquait pour elle seule un avantage exclusif, justifié, prétendait-elle, par l'apport qu'elle ferait à la banque en lui cédant des droits dont, six mois plus tôt, elle niait Texistence et auxquels, en tout cas, la France était associée pour moitié ! Cette prétention, contraire aux en|jçagemenLs de la diplomatie impériale. Tétait tout autant à l'arrangement conclu entre les banques françaises et la maison Mendelssohn. Aux termes de cet arrangement, l'avance de 10 millions de marks était, en effet, remboursable par la Banque d'État dès sa constitution. Comment l'abandon des garanties que coniporlait cette avance pouvait-il, dans ces conditions, être considéré comme un véritable apport à la Banque d'Etal, puisqu'il dépondait d'elle de faire disparaître l'avance sans compensation et de l'absorber de piano? Comment surtout pouvait-on comparer celUi avance au droit de préférence et de contrôle du consortium français, qui devait subsister intact et inattaquable, au moins jusqu'en 1941, date où l'emprunt deviendrait remboursable ? Qui ne voyait d'ailleurs que, si l'Allemagne, en ajoutant une troisième part aux deux qu'elle accordait déjà au consortium français, prenait pour elle-même deux parts, au lieu d'une qu'elle demandait d'abord, elle annulait purement et simplement sa prétendue concession et continuait à ne nous offrir qu'une seule part en échange du droit de préférence? Comme pour la police, elle
i . Voir appendice, page 486.
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retirait d*\xm xnain ce que de Taulre elle accordait. Comme pour la police, ses <c concessions » étaient purement apparentes et ne répondaient à aucune réalité.
M. Révoil, à qui le marquis Visconti-Venosta avait transmis ce singulier amendement, Técarta tout aussitôt. M. de Radowitz, qui ti^avait rien à répondre à nos arguments, se contenta d'insinuer qu'il serait bien désirable d'accorder cependant dans la banque quelque avantage à la finance allemande. Mais notre bonne volonté, si grande fût-elle, ne pouvait aller jusqu'à créer des droits ^ui n'existaientpoint. De nouveau, la conversation s'arrêtait donc. Mais le vendredi 23, au moment où il devenait notoire que l'entente était acquise pour Casablanca, M. de Welsersheimb demandait à M. Révoil quel était son dernier mot sur la banque. Le plénipotentiaire français, avec une entière franchise, lui répondait aussitôt que nous ne pouvions céder le droit de contrôle et que, quant aux droits de l'article 32, ils ne pouvaient être négociés qu'autant que le privilège de premier rang des porteurs français sur la totalité des recettes douanières serait explicitement garanti. Quant aux parts, nous réservions notre réponse jusqu'à ce qu'on fût pleinement d'accord sur la police. En tout cas, nous ne saurions descendre au-dessous de deux. Le délégué autrichien déclarait alors ne pas savoir exactement ce qu'accepterait l'Allemagne. Pourtant, il croyait être sûr qu'elle renonçait à réclamer une part supplémentaire pour elle et que, si nous nous contentions de deux pour le consortium, il y aurait moyen peut-être de s'arranger. Il suffirait que, dans la souscription ultérieure de l'emprunt destiné à rembourser l'avance du 30 septembre 1905, la finance allemande obtînt une participation égale à celle qu'elle avait dans l'avance elle-même, c'est-à-dire 50 p. 100.
Quand cette nouvelle se répandit parmi les plénipotentiaires, elle produisit, bien que non confirmée encore, une immense satisfaction. Il semblait à tous que ce fût la fin. A la fatigue, à l'inquiétude, à la mauvaise humeur succédaient l'espoir et l'optimisme. Si l'on s'accordait pour la banque et pour Casablanca, on ne doutait pas que le reste n'allât de soi. On ne voulait pas s'arrêter à l'idée que, sur les deux questions de l'inspection et de la répartition des ports, une nouvelle discussion fût possible. Et la surprise de voir enfin l'Allemagne céder quelque
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chose était telle qu'on nous adjurait de ne plus provoquer de difficultés, de signer, de signer tout de suite, de signer sans discuter. C'était là, pour nous, un danger réel. Et si nous n'eussions tenu bon, les articles relatifs à Tinspecteur auraient risqué de nous mener très loin. On pouvait admettre qu'un sacrifice nouveau dans le sens du contrôle international fût nécessaire et possible. Mais il ne fallait pas que ce sacrifice aboutît à la répudiation de nos principes et transformât ainsi notre succès en échec. C'est à quoi un dernier efifort allait pourvoir, qui ne fut ni le moins pénible ni le moins méritoire.