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2. La police fut la seule réforme pour lo/iuelle la « courte durée » visée par les accords franco-allemands ait été explicitement limitée à cinq ans. Pour le reste, on s'en référa, sans inconvénients d'aiUeurs, aux principes adoptés dans

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confiées directement à l'inspecteur par le corps diplomatique), il déclara qu'il eût préféré la première formule, — qui plaçait, entre les légations et Tinspecteur, l'intermédiaire nécessaire du représentant du Sultan, — mais qu'en présence du désir général d'armer les légations contre les fins de non-recevoir trop fréquentes des autorités chérifiennes, il ne croyait pas devoir insister. Un détail encore restait à régler : la nationalité de l'inspecteur. Dans tous les projets rédigés, on avait prévu pour le Sultan la faculté de choisir entre un officier suisse et un officier hollandais. Mais, de plus en plus, la France et l'Angleterre désiraient que ce choix ne pût se porter sur un Hollandais : une visite maladroite de deux vaisseaux néerlandais à Tanger, peu de jours après le voyage de Guillaume II en 1905, avait, en efl'et, donné aux Pays- Bas, dans l'esprit des Marocains, une allure germanophile, qui pouvait être gênante pour nous. On jugeait, il est vrai, assez difficile de revenir sur une proposition plusieurs fois répétée. Mais, après examen, on estima que c'était nécessaire, et, le 27 mars, sir Arthur Nicolson fit la déclaration suivante :

J'éprouve un certain embarras, car il s'agit d'une question un peu délicate; mais j'ai tant de confiance dans les sentiments amicaux de mon collègue des Pays-Bas, que je me crois assuré que Son Exe. M. Testa ne se méprendra pas sur la pensée qui m*a inspiré.

Personne n'apprécie plus que moi les hautes qualités des officiers néerlandais et j'ai une entière confiance dans leur zèle et leur dévouement; mais, en ce qui concerne l'inspecteur général, il faut, à mon avis, le demander au pays le plus désintéressé de tous dans les affaires du Maroc.

La Suisse n'a ni commerce, ni navigation, ni représentation au Maroc : la protection même de ses citoyens est répartie entre trois puissances, l'Allemagne, les États-Unis et la France. Elle n'est pas même signataire de la convention de Madrid. Elle est donc dans une situation unique, en ce qui touche ses relations avec le Maroc, et il serait impossible de trouver un pays dont le parfait désintéressement dans les allaires marocaines soit aussi évident et aussi indiscutable.

Pour le rôle difficile et délicat d'inspecteur général, je pense que, sous tous les rapports, la Suisse est particulièrement désignée, et, qu'au surplus, ses officiers possèdent une compétence et une intelli-

lo programme de la conférence résultant do ces deux accords. 11 convient d'ohscrver que, pour la police, l'Acto général ne comporte ni ne sous-ontend aucune clause de tacite reconduction.

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gence incontestables. Je me permets donc de suggérer que MM. les délégués veuillent bien prier leurs gouvernements respectifs de se mettre, le moment venu, en communication avec le gouvernement fédéral suisse et de le prier d'accepter la commission de désigner un officier supérieur compétent pour remplir les fonctions d'inspecteur général de la police marocaine ^

M. Révoil, à son tour, prit alors la parole :

Je suis heureux, dit-il, de m'associer aux sentiments qui ont été < xprimés par M. le délégué plénipotentiaire de la Grande-Bretagne à l égard de M. le délégué plénipotentiaire des Pays-Bas et je ne doute pas que M. le Jonkheer Testa ne trouve ici le témoignage de l'estime dans laquelle je tiens l'armée et la nation néerlandaises.

L'intention de la conférence ayant été, lorsque le principe de l'inspection fut admis, de confier ces fonctions à un officier tout-à-fait indépendant des compétitions d'intérêts du Maroc, je crois toutefois qu'il serait préférable, ainsi que Ta fait remarquer Son Exe. sir Arthur Mcolson, de s'adresser à la Suisse '^.

Cette double proposition ne fut pas sans provoquer une assez vive opposition de la part de l'Autriche d'abord, ensuite de l'Alleinagne. Mais l'attitude du représentant des Pays-Bas enleva bienlot toute base à cette opposition. Répondant à M. Révoil, M. Testa commença, en effet, par dire qu'il s'en remettait à la conférence. Puis, le 31 mars, il fit la déclaration suivante :

Le gouvernement de S. M. la Reine n'aurait pu donner son consentement à ce que des officiers néerlandais fussent appelés aux fonctions d'inspecteur général des troupes de police au Maroc, que si la conférence l'avait formellement et unanimement désiré et l'avait jugé nécessaire pour arriver à une solution.

Or, s'étant rendu compte que cette unanimité ferait défaut, le gouvernement des Pays-Bas ne saurait consentir à être désigné dans le traité à l'effet de présenter au choix de S. M. Chérifienne des officiers de nationalité néerlandaise pour exercer l'inspectorat général^.

Le conflit s'évanouissait donc, — faute de combattants. Et le dernier des points litigieux relatifs à l'inspection se trouvait de cette façon définitivement résolu.

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