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378 I-A CONFKnENCE D AU.ESIRAS

cation, une police espagnole. Tanger aurait, pendant quatorze années, une police mixte avec un chef français, et, ce terme écoulé, une police purement espagnole. Rabat et Casablanca auraient une police française. Chacune des deux puissances se trouvait ainsi placée dans la partie du Maroc où elle avait le plus d'intérêts. On ne parlait pas de Mazagan, de Safi, ni de Mogador. Mais, dans l'esprit du gouvernement français, il allait de soi que, ces trois ports ne figurant pas dans la zone où TEspagne revendiquait des droits spéciaux, la France serait chargée d'y procéder aux organisations éventuelles, qui n'étaient pas alors envisagées.

Toutefois, il ne suffit pas, aux heures de crise, de sous-entendre ce que l'on désire. Et, aussi bien, la discussion à la conférence avait pris une tournure qui ne se prêtait pas à ces sous-entendus. Depuis le début, on s'occupait non pas de cinq ports, mais de huit. Et c*est sur huit ports que, de toute évidence, on statuerait. Or, c'eût été mal connaître Tamour-propre espagnol de croire qu'il accepterait sans protester une combinaison qui eût donné immédiatement cinq ports à la France, deux à TEspagne, et un, Tanger, à une police mixte commandée par un Français. L'Allemagne, du reste, était toute prête à éveiller cet amour-propre, si, d'aventure, il se fût assoupi. Dès la fin de janvier, M. de Stumm avait fait luire aux yeux de M. de Ojeda la flatteuse perspective d'une police organisée par l'Espagne seule K Sans doute, cette solution avait été écartée aussitôt qu'énoncée. Mais d'autres pouvaient être suggérées qui auraient les mêmes efTets. L'Allemagne avait eu communication de nos arrangements secrets avec les Espagnols*-'. Elle savait donc avec précision sur quoi pouvait porter le désaccord entre Paris et Madrid. Le rôle de tentateur, que déjà elle avait joué, pouvait la séduire encore. Et si elle était écoutée, la ruine de la confiance franco-espagnole risquait d'exercer sur l'issue de la conférence la plus fâcheuse influence.

Notre jeu et celui de l'Angleterre, très-utilement servi, pendant ces difficiles semaines par M. Jules Cambon et M. Cartwright, était évidemment de répéter au gouvernement espagnol que nous ne pouvions prendre pour base de nos amicales relations avec hii que

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