‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 244 sur 357 · Voir Protocoles, page · texte numérisé non relu

Voir Protocoles, page

l'acte général 405

A la fin de la séance du samedi 3! mars, le duc d'Almodovar fit la déclaration suivante :

— Le moment me paraît venu de reviser les textes adoptés par la conférence et de les coordonner en un Acte général. Je propose do confier ce travail à une commission spéciale composée de LL. EE. MM. Ferez Caballero, deuxième délégué d'Espagne, Kcgnault, délégué technique de France et Klehmet, conseiller technique de la délégation allemande.

Cette proposition ayant été adoptée à l'unanimité, le lundi '2 avril, M. Ferez Caballero donna lecture du projet d'Acte général qu'il avait élaboré avec ses collègues et à la rédaction duquel le second délégué français avait pris naturellement une part prépondérante ^ La lecture de ce projet ne provoqua aucune observation. Et Ton s'occupa aussitôt des conditions dans lesquelles on pourrait procéder à la signature de l'Acte. Le baron de Joostens fit remarquer que la Belgique y adhérait sous réserve de la position particulière résultant pour elle de sa neutralité perpétuelle. Les délégués marocains déclarèrent qu'ils n'avaient pas de pleins pouvoirs, mais ils admirent, à la demande du président, que les délégués des puissances ne pouvaient pas, pour signer, attendre la décision du Sultan. La séance de clôture et de signature fut donc ti.xée au samedi 7 avril. Toutefois, il fallait prévoir la procédure spéciale que rendait nécessaire l'abstention des délégués marocains. D'accord avec M. Révoil, le duc d'Almodovar proposa (rajouler, à l'Acte général, un protocole additionnel, aux termes duquel les gouvernements s'engageraient à unir leurs efforts pour obtenir du Sultan la ratification intégrale des décisions de la conférence. A cette fin, M. Malmusi, ministre d'Italie à Tanger et doyen du corps diplomatique, serait chargé de se rendre à Fez en mission spéciale. On décida également que les vœux de la confé-

1. Il «'lait on elTel naturel que les délégués français eussent le rôle principal ckuis la jiréparalion d'un texte rédige dans leur langue. A ce sujet, il est u musant do rappeler que M. de Hadowitz s'était, quelques semaines plus tôt, plainl au niarciuis Visconti-Venosta que nos plénipotentiaires c. rédigeassent

]u<\> birn ».

406 LA CONFÉnENCE D ALGKSIRAS

renco relatifs au choix de l'inspecteur général de la police ainsi qu'à la compétence de la cour fédérale de Lausanne seraient portés à la connaissance du gouvernement de la confédération helvétique par le duc d'Almodovar, tout d'abord à titre d'information ofli cieuse, la communication officielle devant être faite aussitôt que l'Acte général aurait été dûment ratifié par les puissances SHgna taires.

M. White déclara alors que son gouvernement, en s'associant aux décisions de la conférence « ne prenait aucune obligation ou responsabilité par rapport aux mesures qui pourraient être rendues nécessaires pour la mise à exécution desdits règlements et déclarations* ». M. Sager, délégué suédois, s'associa à cette réserve. La position de chacun étant ainsi précisée, le marquis Visconti- Venosta exprima au duc d'Almodovar les remercîments de la conférence. Le duc répondit en rendant hommage « au constant bon vouloir de tous ». Après quoi, les plénipotentiaires, ayant remis leurs pouvoirs trouvés en bonne et due forme, apposèrent sur l'Acte général leur signature et leur cachet-. La conférence était terminée ^

Le duc d'Almodovar prononça donc le discours suivant :

MM. les délégués, au moment où nos délibérations prennent fin et à la veille de nous séparer, un sentiment de très-vif regret se mêle en moi à la satisfaction que nous cause la pleine réussite de nos travaux.

Les mois que nous avons passés dans celle ville, dont le nom demeurera désormais associé dans l'histoire à la conférence internationale sur le Maroc, ont été consacrés à l'étude de questions que roj)inion générale n'envisageait pas sans appréhension. L'esprit de concorde a heureusement triomphé de tous les obstacles et, pas un instant, l'issue favorable de noire tâche n'a été menacée. Les rapports qu'il nous a été donné de nouer entre nous, d'officiels qu'ils étaient au début, se sont, à mesure que le temps s'écoulait, changés en relations d'étroite cordialité et l'émotion dont s'accompagne nécessairement notre sépa-

Page 1