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(articles 1 à 12) était une « déclaration relative à l'organisation de la police ». La seconde (articles 13 à 30) était un « règlement concernant la surveillance et la répression de la contrebande des armes ». La troisième (articles 31 à 58) était un « acte de concession d'une Banque d'État marocaine». La quatrième (articles 50 à 76) était une « déclaration concernant un meilleur rendement des impôts et la création de nouveaux revenus. » La cinquième (articles 77 à 104) était un « règlement sur les douanes de l'empire et la répression de la fraude et de la contrebande ». La sixième (articles 105 à 119) était une « déclaration relative aux services publics et aux travaux publics ». Dans un septième chapitre (articles 120 à 123), la conférence ayail groupé les dispositions générales, à savoir :
1** Ratification de l'Acte d'Algésiras, suivant les lois constitutionnelles de chaque État, avant le 31 décembre 1906;
2^ Mise en vigueur de l'Acte au plus tard à cette date et avant, si possible ;
3° Maintien en vigueur des traités, conventions et arrangements des puissances signataires avec le Maroc, sous réserve que, en cas de conflit entre les dispositions de ces traités et celles de l'Acte général, les stipulations de ce dernier prévaudraient;
4'' Engagement de la part des puissances signataires de mettre en harmonie avec les dispositions de l'Acte général, leurs législations internes.
Au point de vue de l'exécution, l'Acte général prévoyait, après ratification des puissances, l'intervention du corps diplomatique, accrédité à Tanger, pour l'élaboration de règlements sur les points suivants :
i^ Approbation, à la majorité des voix, d'un règlement sur l'organisation de la police (article 4);
2^ Etablissement, à la majorité des voix et d'accord avec le maghzen, d'un règlement sur le commerce des armes de chasse et de luxe non rayées, de fabrication étrangère, ainsi que des munitions s'y rapportant (article 18) ;
3*^ Application du terlib aux ressortissants étrangers, après que cet impôt serait régulièrement perçu sur les sujets marocains (article o9) ;
4" Etablissement, à la majorité des voix et d'accord avec le
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iDaglizen, d'un règlement sur les laxes urbaines acceplôes en principe par la conférence (article Gl ) ;
5** Hevision des contrats en vertu desquels des ressortissants «'(rangers détiendraient des biens habous ou des propriétés domaniales (article 63);
6" Établissement, à l'unanimité des voix, d'un règlement sur l'application éventuelle aux ressortissants étrangers des taxes, r<'clamées par les délégués marocains, sur certains commerces, industries et professions (article 64) ;
7' Etablissement, à la majorité des voix et d'accord avec le maghzen, d'un règlement sur la création et l'application aux étrangers de droits sur les contrats et actes authentiques devant les adouls; de timbre, de mutation sur les ventes immobilières ; de statistique et de pesage sur les marchandises transportées par cabotage ; d'un droit de passeport à percevoir sur les sujets marocains ; évonluellernonl, de droits de quais et de phares (article 65) ;
8 ' Établissement, d'accord avec le maghzen et à la majorité des vni\, d'un programme de travaux publics (article 66);
\)' Établissement, dans les mêmes conditions, d'un règlement sur les adjudications (articles 66 et 110) ;
10' Établissement, à l'unanimité des voix et d'accord avec le maghzen, d'une revision des droits de stationnement et d'ancrage dans les ports marocains (article 70) ;
1 1^ Établissement, à la majorité des voix et d'accord avec le maghzen, d'un règlement sur les droits de magasinage en douane (article 71) ;
12' Établissement, dans les mômes conditions, d'un règlement sur la ([uantité d'opium à introduire sur permis spécial (article 7:2) ;
13 Fixation, dans les mêmes conditions, des indemnités à attribuer à des ressortissants étrangers, par suite de la création du monopole des tabacs (article 73) ;
IV' Revision éventuelle, à l'unanimité des voix et d'accord avec l«^ niaghzen, de la déclaration surles impôts etrevenus (article 75);
l.'j Participation au travail de la commission d'estimation des valeurs en douane (article 96) et du comité permanent des douanes (article 97j ;
\i\" Fievision du règlement de magasinage en douane de con-
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cerl avec le gouvernement chéri fien et à la majorité des voix (article 98) ;
17** Revision éventuelle, à l'unanimité des voix et d'accord avec le maghzen, du règlement sur les douanes, deux ans après son entrée en vigueur (article 104) ;
18** Établissement, à la majorité des voix et d'accord avec le maghzen, d'un règlement sur l'expropriation (article 114) ;
19^ Établissement annuel d'une liste d'arbitres en matières d'expropriation (article 118).
La cérémonie de la signature mit le comble à l'allégresse qui s'épanouissait depuis le l*^*" avril en lunchs et en dîners dont l'un des plus brillants fut offert, le 3, par M. Révoil. A cette heure de délivrance, TKurope passa sans transition de la gravité à l'espièglerie. Et ce fut un spectacle bien curie«x que celui qu'offrit alors la grande salle de Vayuntamiento :
Les délégués quittèrent leur grande table et allèrent successivement s'asseoirdevantunepetite, qui portait l'unique exemplaire authentique, celui qui ira aux archives du ministère des Affaires étrangères d'Espagne. Mais à peine leur signature donnée, les diplomates venaient vers les groupes de dames, causaient et offraient la plume qu'ils venaient de rendre historique. A ces souvenirs offerts, on voulut bien vile en joindre de conquis et ce fut une rafle des substantielles et excellentes fournitures de bureau, dont les autorités espagnoles avaient chargé la grande table. Les délégués eux-mêmes donnaient l'exemple ; ils préparaient leur déménagement en insérant dans les rayons de leur classeur à papier, plumes, buvards-tampons, gommes, essuieplumes, plumiers. Ceux de ces objets qui vagabondaient isolément sur le tapis attiraient vite l'attention, dans le désert qui s'était fait autour d'eux et trouvaient un amateur. L'un brandissait un plumier, l'autre un essuie-plume : on s'en prit même aux encriers, cependant dangereusement pleins. Un journaliste décrocha le calendrier et le lit fiévreusement signer aux diplomates de bonne volonté, bien qu'on en eût arraché malheureusement les feuilles jusqu'à la date du 9. Tandis que les uns allaient en bas, au bureau de poste provisoire, faire authentiquer leurs prises par l'apposition du cachet postal de la conférence, les autres s'amusaient à faire raine d'emporter les chaises. Cet intermède joyeux dura assez longtemps, car la confection des sceaux de cire qui accompagnent chaque signature est une affaire sérieuse et compliquée : quelques-uns armoriés, immenses, sont d'une majesté impressionnante, d'autres, au contraire, très simples, enlacent de petites initiales comme les cachets qui ferment les lettres de chaque jour. Pendant qu'on en tournait la cire et qu'on les pressait, le cordial
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pillage s*achevait : aucun des diplomates, même les plus vénérables, ne s'en abstint.
Il était terriblement tard, mais la junte municipale devait, avant la fin, avoir son rôle dans les rites de la clôture. Depuis quelque temps, l'alcade et les membres de la junte attendaient à la porte de la séance, accompagnés des deux huissiers, porteurs d'une énorme masse d'armes et revêtus à la mode du xvi® siècle, d'une livrée rouge et or, assez analogue à celle des gardiens de la tour de Londres. L'alcade, qui s'exprime aisément en français, lut un compliment à la conférence et annonça qu'une plaque commémorative serait scellée au « front » de la Casa consistorial . Le marquis Visconti-Venosta improvisa une petite réponse pleine de bonne grâce, disant que les délégués garderaient, eux aussi, le souvenir d'AIgésiras agréablement gravé dans leur souvenir ^
C'était la fin. Tandis que les délégués bouclaient leurs malles, ils ne se refusèrent pas la satisfaction légitime de rendre hommage à leur œuvre et de prendre à témoin de leur succès ces reporters contre l'indiscrétion desquels ils avaient courtoisement lutté trois mois durant. Ce fut le comte Cassini, le plus communicatif de tous, qui ouvrit le feu, à la demande de M. Pimienta, correspondant du Te77ips à Tanger :
Vous pouvez écrire, dit le comte, que je considère le résultat de la conférence comme très-satisfaisant. J'estime, en ce qui concerne la France, qu'elle peut partir d'AIgésiras la tête haute. Elle le doit d'abord à la compétence de son représentant à Algésiras, ensuite au concours de ses alliés et amis. Je me hâte d'ajouter que les décisions de la conférence ne lèsent les intérêts de personne et que l'esprit de conciliation, qui a caractérisé durant ces derniers quinze jours l'attitude des délégués allemands, n'a pas peu contribué à faciliter notre t.iehe...
Mon gouvernement n'a eu qu'une préoccupation : remplir loyalement ses devoirs d'allié envers la France. Les difficultés d'ordre intérieur que la Russie a traversées dernièrement ne nous ont pas détournés un seul instant de ce devoir. Mais je tiens à ajouter que, si notre concours a été particulièrement efficace, c'est grâce aux relations cordiales que mon gouvernement n'a cessé d'entretenir avec lAllemagne, notre voisine et amie. C'est au caractère de ces relations que nous devons d'avoir été écoutés à Berlin , à l'heure décisive. Je me suis inspiré du même principe à Algésiras, et c'est lallilude apparemment réservée, que j'ai gardée durant les premières