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416 I.A CONFÉRENCE D AUiÉSIliAS
de la France, admis par elle en théorie, le 8 juillet lOOîi, on auroif, pour en venir là, gagné sept ou huit mois. C'eût été, pour tous, préférable. Mais tout est bien qui finit bien^
Le Journal des Débats concluait dans le même sens :
La conférence d'Algésiras, ouverte sous la pression de préoccupations graves et poursuivie au milieu d*un malaise pénible et général, se termine en somme de la manière la plus favorable, puisque chacun s'en va joyeux, proclamant qu'il n'y a ni vainqueurs ni vaincus. Il serait même plus juste de dire qu'il n'y a eu que des vainqueurs à Algésiras. Nous-mêmes, nous ne pouvons que nous féliciter d'avoir vu triompher la justice de notre cause, grâce certainement à la modération, en môme temps qu'à la loyauté et à la fermeté de notre diplomatie, mais aussi grâce à l'habileté et au dévouement de nos représentants et grâce enfin au concours précieux que leur ont si fidèlement apporté nos alliés et nos amis. Nous devons, en outre, être profondément heureux de la sympathie générale que nous avons rencontrée partout dans le monde et qui s'est manifestée si opportunément à l'heure critique, comme de la courtoisie parfaite dont nos adversaires ne se sont jamais départis à notre égard.
De son côté, TAllemagne n^a pas lieu d'être moins satisfaite. Elle désirait, dans une question où tant d'intérêts divers et si importants étaient en jeu, que toutes les puissances fussent consultées et sollicitées de donner leurs avis. Elle affirmait d'ailleurs que ce désir procédait d'un sentiment parfaitement désintéressé, qu'elle n'était inspirée que par le seul souci de l'intérêt général, et qu'elle ne réclamait aucun avantage particulier, mais simplement l'application rigoureuse et sincère du droit commun pour tout le monde. La conférence lui a, sur ce point, donné toute satisfaction^.
l^e Siècle, tout en critiquant les solutions intervenues au point de vue proprement marocain, reconnaissait h; bénéfice général que nous retirions de la conférence en ce qui touche nos alliances et nos amitiés. Les autres organes de la presse parisienne et départementale approuvaient presque sans réserve \
En Allemagne, les jugements étaient sensiblement plus complexes et plus divers. Les uns s'attachaient surtout à prouver que la diplomatie impériale avait obtenu toutes les garanties qu'elle