‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 26 sur 357 · Voir Journal officiel du 8 dccenibre 190 i · texte numérisé non relu

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22 LA CONFKnENCE D ALGKSIRA»

double titre à youloir apporter un remède à une situation qui était devenue intolérable ^

Le 7 avril, à la Chambre, même langage :

En traitant au nom de la France avec le goavemement marocain, nous nMnvoquerons, aujourd'hui comme hier, que les titres que noos confèrent une longue frontière commune, les dommages, les sacrifices de toute sorte qui résultent pour nous des troubles incessants de la région marocaine voisine, l'impuissance avouée dumaghzen à y mettre fin, la nécessité reconnue par lui de notre concours, Tappel enfin qu'il a fait à nos propositions et à nos conseils^.

El M. Rouvier, le 16 décembre, expose la même doctrine lorsqu'il s'écrie :

La France^ Messieurs, ne peut pas ne pas avoir une politique marocaine ; la forme et la direction que prendra dans l'avenir révolution de TEmpire marocain, influeront d'une manière décisive sur les destinées de nos possessions de TAfrique du Nord. Depuis soixante ans, le voisinage du Maroc a été pour TAIgérie une cause permanente de trouble et d'agilalion. La sécurité de nos communications et de nos postes frontières; celle de nos sujets algériens, menacée par des excitations de toute nature; la présence constante sur nos confins des rebelles et des fugitifs de chaque insurrection; l'agression continue non point de maraudeurs isolés, non point de bandes, mais de hordes de plusieurs milliers d'hommes : tout nous imposait la nécessité de réclamer que rÉlat limitrophe remplît ses obligations envers nous.

La question qui se pose devant la conférence est simple. Chaque puissance a des droits au Maroc : ils ne sont pas contestés. Chaque puissance y bénéQcie des traités : il n'a jamais été question d'y porter atteinte. Chaque puissance enfin, dans une mesure quelconque, peut faire valoir ses intérêts : ces intérêts doivent être respectés. Mais ce que nous avons le devoir de montrer à la conft'retice, c'est la « qualité spéciale » de 7ios droits et r importance de nos propres intérêts.

L'inti'Tôt politique de la France au Maroc était donc un intérêt vital, sur Tapprôcialion duciucl jamais nous n'avions varié. Cet intérêt exigeait, d'abord que l'empire chérifien cessât d'être à nos portes un foyer d'agitation ; ensuite qu'une intervention interna-

i. Voir Journal officiel du 1" avril l'JOo.

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