‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 261 sur 357 · Ibid.y page · texte numérisé non relu

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CONCLUSION 4i3

sa résolution. Elle eut le rare mérite, — rare surtout pour une grande puissance, — déjouer àAlgésiras, volontairement et constamment, un rôle de second. Tandis que TAulriclie, par l'initiative qu'elle prenait de suggérer des transactions, exerçait, par rapport à l'Allemagne, une action de médiatrice plutôt que de collaboratrice, l'Angleterre se borna à faire siennes nos décisions et à mettre à leur service son autorité. Sir Arthur Nicolson avait dit le :23 janvier à M. de Radowilz :

— Ma politique est trop étroitement liée à celle de la France, pour que je puisse même me faire vis-à-vis d'elle le truchement de vos propositions ^

Cette formule résumajusqu'audernierjourlapolitique anglaise, politique unilatérale qui plaça son honneur et son intérêt dans sa fidélité exclusive, aussi discrète que ferme, à notre endroit. Et le service rendu à la France s'étendit du même coup à l'amitié franco-anglaise, source, avait-on dit, d'aventures pour notre pays qui serait exposé par elle à de périlleux entraînements. Loin de nous entraîner, l'Angleterre nous soutint, aussi respectueuse de notre liberté que de ses engagements. Et le bloc, que nous fîmes avec elle, fut la base de notre succès.

La Russie, attachée à l'alliance française, mais soucieuse de l'amitié allemande, aurait été volontiers l'honnête courtier de l'accord direct. Dans la première semaine de février, alors que le gouvernement russe recommandait à Berlin la police franco-espagnole comme conforme à l'opinion de la majorité des plénipotentiaires, on comptait à Saint-Pétersbourg sur une prompte solution^. Il en fallut bientôt rabattre. Et, dès lors, la Russie nous assura un concours excellent. On se souvient de la lettre du comte Witle à Guillaume IP, de la séance du 3 mars, de l'exposé enfin fait, le 5, de nos vues sur la police par M. Bacheracht '*. Après la crise ministérielle et le trouble qui s'en suivit, le gouvernement russe ne voulut pas que sa fidélité fût moins évidente que celle du gouvernement britannique, et, comme sir Arthur Nicolson, le (omte Cassini reçut l'ordre de marcher jusqu'au bout avec

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