‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 263 sur 357 · Ibîd.^ page · texte numérisé non relu

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Triple-Alliance qui ignore la Méditerranée, mais qui est à Berlin l'objet d'interprétations impérieuses ; de l'autre, les accords méditerranéens avec l'Angleterre et la France. Aux yeux du marquis Visconti-Venosta, l'intérêt italien exigeait un accord direct qui évitât aux tiers, et d'abord à son pays, la nécessité de se prononcer. Pendant les quatre premières semaines, l'éminent représentant de l'Italie travailla activement à préparer cet accord. Il étudia les thèses en présence, et, tant sur la banque que sur la police, il ne jugea point que celle de l'Allemagne valût la nôtre. 11 exprima son opinion, notamment le 23 janvier et le 5 février*. Et la délégation allemande en ressentit une vive colère. Puis, quand, le 19 février, il devint évident que les négociations directes n'aboutiraient pas, il ne cacha pas son désir de n'avoir pas à voter : il était de ceux qui auraient préféré, à l'hypothèse de ce vote, un accord partiel sur les questions économiques, — ce qu'on appelait alors, à Algésiras, un enterrement décent de la conférence*. La France, qui avait besoin d'une discussion complète et plus encore d'un scrutin, obtint de lui, cependant, l'expression publique de son avis à la séance du 3 mars ''\ Cet avis ne portait que sur un point de procédure. Il n'en eut pas moins un retentissement immense*. De ce jour, il fut entendu à Berlin que l'Italie faisait défection, alors qu'elle cherchait seulement à rester impartiale. Et la presse allemande se déchaîna. Le gouvernement italien, craignant les représailles, tenta de nous retenir. Mais le coup était porté, — et sans que l'Allemagne fût en droit de rien reprocher à l'Italie, car celle-ci n'avait pas repoussé le fond des propositions allemandes. La réserve qu'elle garda depuis lors précisa, à Berlin, la modération de ses intentions, sans nous porter préjudice. Le cabinet de Rome nous facilita d'ailleurs les concessions sur la banque, en nous promettant que l'administrateur italien* voterait avec son collègue français. Et, grâce à l'autorité de son délégué, il traversa cette crise périlleuse sans sacrifier son indépendance et sans courir d'autres risques que

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