‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 282 sur 357 · ic/., pages 138 et · texte numérisé non relu

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sa sécurité morale reconquise du cf^té des Alpes, on comprendra le soin qu elle mit, à Algésiras, à ne pas sacrifier à son « assurance » continentale sa « contre-assurance » maritime. La violence même avec laquelle la presse et le gouvernement allemands lui reprochèrent son impartialité précisa chez elle la résolution de la sauvegarder. Et quand la conférence se sépara, Tautonomie conquise par sa diplomatie fut d'autant plus appréciée qu'elle avait été, de la part de TAllemagne, l'objet d'assauts plus directs*. Il était donc évident que, si la Triplice subsistait, — et elle subsistera tant que l'Autriche et l'Italie, ne pouvant pas vivre amies, seront forcées de vivre alliées, — l'Italie entendait, cependant, être dans cette combinaison autre chose qu'un instrument passif et qu'à l'interprétation impérieuse de la chancellerie de Berlin, elle opposait, notamment dans la Méditerranée, la thèse des obligations limitées et de la liberté des contractants.

Sur l'Autriche, l'Allemagne comptait absolument. Et, par sa dépêche au comte Goluchowski, Guillaume II déclara publiquement que sa confiance n'avait pas été trompée^. On sait cependant comment, à partir du l^mars, la diplomatie austro-hongroise s'ejQTorça de garder à son action un caractère individuel. C'est que si, poussée par Bismarck vers les réalisations orientales, elle s'est, depuis trente ans, tournée vers les Balkans, elle n'a pas renoncé à jouer un rôle dans l'Europe occidentale. Et ce rôle serait fini, le jour où elle n'y apparaîtrait que comme l'agent de la Wilhelmstrasse. En Orient môme, la politique de Guillaume II, son intimité avec la Turquie, le progrès incessant du commerce allemand en Serbie, en Bulgarie, en Roumanie, soustraient à l'Autriche-Hongrieune part des profits qui lui avaient, d'abord, été promis*. Plus encore que les Autrichiens, les Hongrois sont inquiets du Drang nach Osten des Hohenzollern. Et les uns et les autres, si divisés soient-ils, reconnaissent que l'intérêt primordial de la monarchie dualiste est de maintenir, tel qu'il est, l'équilibre de l'Europe. D'où, pendant la conférence, la nécessité d'agir, non seulement sur la France, mais encore sur l'Allemagne. Ce faisant, l'Autriche rendit

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