‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 283 sur 357 · Ibid.^ page · texte numérisé non relu

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4. Voir Victor Bérard. La France et Guillaume 11 (Paris, 1907).

service à son allié : car c'est grâce aux transactions dont elle prit rinitiative, que la politique allemande put sortir de l'impasse où l'avaient enfermée son intransigeanceobstinéeetia désapprobation de TEurope*. Mais elle profita également de cette action médiatrice, en prouvant qu'elle avait sa politique à elle et qu'elle ne prenait pas à Berlin toutes ses inspirations. Là encore donc, TAllemagne devait reconnaître qu'elle n'était pas, au sein de la Triplice, souveraine absolue; que cette alliance, autrefois despotique à son profit, était devenue parlementaire ; que chacun y revendiquait le droit de discuter et d'agir. La Triplice a gagné à cette évolution de devenir une garantie de paix. Mais ce n'est pas à l'Allemagne qu'elle le doit.

Loin d'étendre le champ de son action, l'Allemagne, à Algésiras, l'a donc resserré. Elle n'a rompu ni relâché aucune des combinaisons qui l'offusquaient. Et ses alliés mêmes, touten remplissant vis-à-vis d'elle leurs devoirs contractuels, n'ont pas admis que leur diplomatie fût absorbée par la sienne. Elle n'a réussi qu'à nous imposer un minimum de sacrifices marocains et elle a consolidé, du même coup, notre situation européenne. La méthode ambiguë de sa politique, ses alternatives de promesses imprécises et de sommations brutales, son attitude négative et intransigeante, lui ont porté, d'autre part, un préjudice qu'elle ne réparera pas sans peine. D'avoir amené l'Europe à Algésiras pour, ensuite, essayer de traiter sans elle en récusant son jugement; d'avoir élevé contre la France des griefs, qui, bientôt, aux yeux de tous, n'étaient plus que des prétextes; d'avoir cherché, jusqu'au dernier jour, moins à sauvegarder par des arguments un intérêt positif, qu'à obtenir par la force un succès d'amour-propre, l'opinion publique lui a su mauvais gré. Et sa diplomatie, pleine de faux fuyants et de surprises, a paru plus inquiétante comparée, à la nôtre, simple, droite et mesurée. Quelle que soit la cause de ces erreurs, — défaut de direction, désaccords entre l'Empereur, le chancelier et les bureaux*, maladresses de leurs représentants, — la conférence, et l'Europe avec elle, en ont été choquées, comme aussi de la suprême manœuvre menée contre la France pendant

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