Voir ci-dessuB, page
i. Ibid., page 74.
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sa crise ministérielle *. Et, s'il y avait à l'issue du débat, un sentiment général, c'était de refuser confiance à la parole de l'Ailenlagne. Il est malaisé de pénétrer, dans ce dédale de contradictions, le fond de la pensée impériale. Mais cette incertitude même n'a fait que mieux découvrir les procédés regrettables des agents d'exécution. Et par là, la conférence, réunie à la demande de l'Allemagne, a abouti à une diminution de son autorité politique et de son crédit moral.
Lisez d'ailleurs tout ce qui, pendant les mois suivants, s'est imprimé outre-Rhin. Dans les livres, dans les revues, dans les journaux, vous trouverez Texpression d'un mécontentement dont la vivacité et l'unanimité sont, croyons-nous, sans précédents. Sans doute, l'origine de ce mécontentement est complexe et il ne s'explique pas tout entier par des motifs extérieurs. Mais quand on s'attaque au régime personnel, au secret diplomatique, à l'effacement du chancelier-, n'est-il pas clair que l'on songe surtout à cette affaire marocaine engagée si bruyamment, menée si rudement et si médiocrement résolue? Voyez d'ailleurs, entre beaucoup d^autres articles, celui que la Gazette de Francfort consacrait, le 17 novembre 1906, à la politique impériale ^ Elle déclarait, d'accord en cela avec tout le parti libéral, que l'aventure marocaine n'avait conjuré aucun des risques contre lesquels on prétendait avoir voulu se mettre en garde et qu'elle avait aggravé, loin de l'améliorer, la position de l'Allemagne. Elle revenait sur ses critiques anciennes contre les méthodes qui ont rendu la diplomatie allemande « désagréable à tout le monde ». Elle rappelait la' dépêche au président Kruger ; les attaques contre les Japonais; la propagande pour une union continentale contre la race jaune ou contre l'Amérique ; les menées panislamiques telles que les pratiqua, con tre la France en Algérie, contre l'Angleterre en Egypte, le baron Max Oppenheim K Et elle concluait : « Quel a été le succès de tout cela? Nous avons laissé les Boërs en plan. Les Japonais ont vaincu les Russes. Le Sultan du Maroc doit subir la police
i. Voir ci-dessus, page 316.