‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 38 sur 357 · Voir Livre Jaune, pages 53o et suivantes · texte numérisé non relu

Voir Livre Jaune, pages 53o et suivantes

LES lîSTKllKTS KT LES nnOIïS 43

taire. Nous n'avions donc point cherché à introduire au Maroc un r^^gime analogue à celui qui n avait été d'ailleurs appliqué dans la régence de Tunis qu'avec le consentement de TAllemagne. L'assimilation établie entre les deux situations n*étail pas exacte; mais à supposer qu'elle l'eût été, à supposer môme que, contrairement à la réalité, la convention de 1880 eût visé d'autres points que Texerdce du droit de protection, on ne pouvait pas en tirer la conclusion que les intérêts économiques des puissances dussent en souffrir. En effet, les modifications apportées à certaines parties du statut tunisien avaient laissé intacts les traités antérieurement signés par le gouvernement beylical. Au Maroc, le gouvernement chérifien avait souscrit, en 1890, des engagements envers TAllemagne qui donnaient au commerce allemand les garanties les plus complètes ; il n'était jamais venu à notre pensée que ces engagements pussent n'être pas respectés. L'Allemagne n'en soutenait pas moins que notre désir de présider aux réformes, soit par accord direct avec le Sultan, soit par mandat de l'Europe, dissimulait le parti pris d'obtenir une situation privilégiée qui nous permît, au détriment des autres puissances, de refermer la « porte ouverte ».

Restaient deux autres reproches. Le premier formulé pour la première fois par M. Vassel, consul d'Allemagne à Fez, le 21 février 1905, imputait à M. Saint-Uené-Taillandior une sorte d'abus de confiance *. On prétendait, sur la foi du maghzen, que le ministre de France s'était présenté à la cour chérifienne comme le mandataire de l'Europe. Dès le 9 avril, M. Sainl-René-Taillandier avait démenti formellement cette assertion -. Et, le 15 juin, il avait renouvelé énergiqueraent ce démenti '. Jusqu'au dernier discours du prince de Bi'ilow, nous devions cependant retrouver devant nous celte accusation ridicule, qui, sur la simple affirmation du Sultan, prêtait arbitrairement à notre diplomatie une attitude aussi maladroite pour le moins qu'incorrecte.

Jusqu'au bout, ou peu s'en faut, des débals dWIgésiras, nous devions également nous entendre imputer la violation de prétendus

Page 1