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au Maroc et que les accords franco-anglais ont sensiblement inquiété ceux qui, dans le parti colonial, avaient jelé les yeux sur l'empire chérifien. Le 20 avril 1904, les pangermanistes wurtembergeois, réunis à Esslingen, demandaient au gouvernement de « mettre à profit la situation, pour développer les intérêts économiques de rAjlemagne au Maroc ^ ». Le 27 mai, la Société coloniale allemande exprimait des vœux analogues'^. A cette même réunion le comte Joachim de Pfeil, chargé du rapport, expliquait que <c TEmpire avait encore la possibilité de mettre la main sur une terre où TAllemand pouvait prospérer ; qu'il fallait diriger sur le Maroc les 32000 émigrants qui vont chercher fortune aux États- Unis tous les ans ; que ces émigrants trouveraient là un climat et des conditions de production appropriés à leur activité ; qu'enfin, au point de vue politique, le Maroc était à Theure présente le seul point d*appui dont pourrait se servir la marine allemande pour maintenir, au cas de complications internationales, le libre passage entre TAtlantique et le canal de Suez ». Et il paraphrasait sa formule déjà populaire : « Oui, fût-ce au prix d'une guerre, nous avons besoin du Maroc ! » Quelques jours après, l'Union pangermanique, tenant à Lubeck sa réunion annuelle, n'était pas moins catégorique. Elle adoptait une résolution, dont le comte de Pfcil

i. Voici lo8 passages essentiels do ces vœux : « Gomme la plupart de nos colonies sont peu susceptibles d'extension, comme, au contraire, le Maroc peut devenir une colonie de peuplement et d'agriculture, en niOme temps qu'il serait un point d'appui des plus précieux pour notre flotte sur une route de navigation des plus importantes, il est désirable que le gouvernement impérial fasse le nécessaire, au cas où le stalu quo ne pourrait Ctre muinlenu au Maroc, pour s'établir dans la région Ouest de ce pays, où déjà le négoce allemand occupe une situation considérable, souvent môme prépondérante. et pour (fue notamment Oualidia et Agadir soient occupés, comme précédemment Tsingtau en Chine, afin de démontrer et d'affirmer nettement la sphùrc d'intérôts allemands dans ce pays. » (Voir livre Jaune page 121).

2. « En présence de la situation inattendue que l'arrangement francoanglais crée au Maroc, l'assjîmblée coloniale juge nécessaire que le gouvernement impérial entreprenne des démarches pour obtenir ce (lui suit : !• Tant que durera au Maroc l'état de choses présent, la liberté commerciale sera garantie dans toute sa plénitude, et les droits politiques et économiques des sujets allemands y résidant devront être sauvegardés de façon expresse; 2» Au cas où le Rlalu quo serait modifié en faveur de la France, l'Empire allemand devrait recevoir des compensations au moins égales à l'accroissement de la puissance française, compensations correspondant à la fois à Timportance de ses intérêts économiques dans le pays, aux besoins qu'a sa flotte de .points d'appui maritimes et aux besoins d'expansion de sa population. » (Voir Livre Jaune page 136).

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se faisait encore le promoleur, et rédamait, au nom des intérêts politiques et économiques de TAllemagne, l'acquisition de la côte atlantique du Maroc ; elle se déclarait blessée de rhumiliation subie parTËmpire, non consulté au moment des négociations francoanglaises ; elle sommait le gouvernement de saisir Toccasion qui lui était offerle de faire prévaloir les prétentions allemandes et de prendre pied solidement dans l'empire du maghzen ^ Enlin un an plus tard, iM. Théobald Fischer, que Ton peut considérer comme rinterprète le plus autorisé de Topinion allemande à l'égard da Mai'oc, affirmait^ que, dans Téventualité d'un partage, le minimum des revendications allemandes porterait sur la partie du Maroc située entre TAtlas et l'Atlantique, au sud de Rabat et y compris le Sous, laissant à la France tout le reste du pays.

Mais, — et M. Fischer, partisan du partage, le reconnaissait lui-même, — le démembrement du Maroc n'était pas en cause. Au surplus, beaucoup d'Allemands étaient loin de penser comme lui sur les avantages d'une installation au Maroc ''^. Toujours d autre part, nous nous étions engagés à respecter non seulement la souveraineté du Sultan, mais l'intégrité de Tempire chérifien. Toujours aussi le gouvernement impérial avait proclamé qu'il ne demandait aucun avantage territorial. Guillaume II l'avait dit à Alphonse XIH à Vigo en lOO'i. Le prince de Bulow l'avait répété sur tous les tons\ En admettant ou que ces ailirmations ne fussent pas pleinement sincères, ou que, avec le temps, les appétits coloniaux eussent gagné le gouvernement, TAUemagne, par suite des négociations avec la France et de la conférence elle-même, avait les mains liées et bienlùt elle constaterait l'impossibilité où elle se trouvait de prendre pied sur la côte marocaine. N'est-il pas d'ailleurs évident que, si elle avait recherché des prolits immé-

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