‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 46 sur 357 · Voir appendice, page · texte numérisé non relu

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dials^ elle les eût obtenus mille fois plus aisémeût de la négoeiatioû directe offerte par M. Rouvier que de la conférence? On a dit que son but était d'obtenir ces profits non au Maroc, mais en Turquie. Hypothèse séduisante, mais fragile et que ruine le refus catégorique opposé par le D** Rosenà M. Révoil, quand celui-ci lui avait proposé d' c< élargir » la négociation ^ Donc, ici encore, le motif est inadéquat à l'acte. Et de même que, pour sauvegarder une importation de 3 millions, nullement menacée du reste, le gouvernement allemand n'aurait pas risqué une guerre avec la France, de même des velléités d'occupation, discutées par une fractiaa importante de yopinion, n'auraient pas suUi à expliquer l'intensité de sa politique.

Ces motifs particuliers écartés» restent les raisons d'ordre général. Ces raisons, ce n'est pas au Maroc, c'est en Europe qu'il les faut chercher. Et c'est peut-être parce qu'elles n'ont rien à voir avec le problème marocain que, si souvent, sur le terrain proprement africain, la politique allemande semblera incertaine et déconcertante. Ces raisons doivent être graves. Car l'intervention Uos4ile de Guillaume 11, — à laquelle il eût été logique et possible de substituer une communication amicale et une protestation diplomatique — contredit à la fois et l'attitude obligeante qu'il gardait à notre endroit depuis 1888^ et le désir, aussi vif chez lui que chez. Bismarck, de s-entendre hors d'Europe avec la France. Le changunent est absolu autant que brusque. IXoii vient-il? A cet égard, les dates répondent avec une lumineuse netteté. A partir de 1901, la politique française, qui jusqu'alors, et du fait même de l'alliance russe, a été puren^ent conservatrice, se modifie et de l'observation passe à l'action. Partant de cette idée juste que notre entente avec Pétersbourg, n'ayant pu ni dû être pour nous un instrument de revanche, peut et doit nous donner du moins, pour le règlement de nos affaires et la poursuite de nos intérêts, la liberté de nos mouvements, notre diplomatie aborde, du côté de l'Italie d'abord, du côté de l'Angleterre ensuite, une

4. A cotte offre, M. Roscn répondit qu'il n'était pas autorisé à traiter une antre crveslion que celle du Maroc. Ce fait détruil l'hypothèse ingénieuse exposée par M. Victor Bërard dans son livre Y A/faire marocoiiie et les explications souvent développées dans le m(^me sens, au cours de conversations privées, par le baron de Marschall, ambassadeur d'Allemagne à Constantinoplc.

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