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préparer. Armés de ces principes directeurs, ils allaient s'allacher à démontrer aux tiers notre bonne foi, k nos adversaires notre résolution, menant au jour le jour contre la presse allemande une lutte, où nos plénipotentiaires rencontreraient le meilleur appui moral.
Dans cette unanimité, une seule dissonance éclatait : on la devait à M. Jaurès et à son journal, Y Humanité^. Par suite d'une incorrigible inconscience, d'un étrange besoin de paradoxe ou d*un orgueil exaspéré, M. Jaurès, dans les questions nationales, prend le contre-pied de l'intérêt français. Que ce soil pour vanter les mérites de la Triple-Alliance a contrepoids nécessaire au chauvinisme franco-russe » ou pour plaider en faveur des « sans-patrie », tel que M. Gustave Hervé, les circonstances atténuantes, il est trop souvent avec les adversaires de son pays. Dans l'affaire maro< caine, il avait tranché une fois pour toutes, que nous avions tort et TAllemagne raison. Très-ignorant des faits de la cause^ il s'en tenait à des attaques imprécises contre les « spéculateurs » ou le « syndicat marocain ». Le 16 décembre, il avait tenté d'engager un débat sur la déclaration de M. Rouvier ; selon lui, le fi^ésident du Conseil n'avait pas pris assez de soin des intérêts allemands ^ ^ A maintes reprises, durant les débats, il renouvellera & la tribune, sans nul succès d'ailleurs, des tentatives analogues. Et, plus fré- ([uemment encore, ses articles de \ Humanité s'emporteront contre notre diplomatie à de violentes critiques ou à de perfides insinuations. Epris au Maroc comme ailleurs de la chimère internationaliste, il servira inconsciemment le jeu de la chancellerie impériale par ses efforts répétés pour affoler l'opinion et désarmer nos représentants. Fort heureusement, sa voix isolée ne suffira pas à rompre l'unité du sentiment public et l'on finira par comprendre à Berlin que, pour tenir la France, il ne suffit pas d'avoir avec soi celui qu'en 190o le prince de Radolin appelait « l'iiomme le plus considérable du parlement français ^ », mais dont M. de Billow,