Voir ci-(lossu5. pages 1 à
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résullat. Sur l'avis de sir Arthur Nicolson, M. Révoil renonça dès Madrid à déposer, sur le bureau de la conférence, les arrangomenls franco-anglais, franco-espagnol et franco-allemands ; cetlc; procédure était, selon lui, inutile et dangereuse : inutile, parce que l'Allemagne avait reconnu, le 8 juillet 1905, nos traités et arrangements relalifs au Maroc S dangereuse, parce qu'en les invoquant, nous invitions la conférence à les discuter. D'autre part, il fut entendu que, dès la première séance, M. Ilévoil, dans une courte déclaration, aflirmerait publiquement les principes directeurs de la politique française : souveraineté et indé- / pendance du Sultan; intégrité de son empire; porte ouverte ; adjudication. C'était un moyen excellent d'impressionner en notre faveur ceux des délégués qui nous attribuaient peut-être des arrière-pensées exclusives. C'était une parade directe aux accusations allemandes, une façon décisive de devancer TAllemagne sur son propre terrain et de la dessaisir de ses arguments en nous les appropriant. Le duc d'Almodovar, le comte Cassini, le marquis Visconti-Venosla et M. Henry White, mis dès le soir de l'arrivée au courant de ce projet, l'approuvèrent sans réserve.
Cette arrivée fut ce que sont toutes les cérémonies de ce genre : train spécial, honneurs militaires, réceptions oiïicielles. Le lendemain lundi 13 janvier, à trois heures moins dix, les premiers délégués arrivèrent au palais de Yayuntamiento. Ce furent d'abord les Belges; puis, dans une môme voiture, — détail fort remarqué, bien q^u'il fût le résultat du hasard, — M. Ilévoil et sir Arthur Nicolson. A trois heures, tout le monde était réuni dans le cabinet du duc d'Almodovar, qui prenait aussitôt la parole en ces termes^ :
Messieurs les délégués, c'est la seconde fois que les représenlnnls de Sa Majesté Chérifienne se réunissent sur le territoire espagnol avec les plénipotentiaires des puissances intéressées au Maroc pour délibérer sur des questions de la plus haute importance pour l'avenir du Maghreb. L'Espagne est heureuse d'offrir aux uns et aux autres une hospitalité que, comme quelqu'un le disait tout récemment, elle peut considérer dans l'espèce comme une tradition ; et sous l'empire de ces senliraents j'ai Thonneur de vous adresser, au nom de S. M. le Roi,
i. Voir appendice, pago 479.
t. Pourcelto prcmiïTC séance, voirie Livre Jaune, sur la confi-n'ni^c d'Al^j si ras, pages 5 à 46.
10* LA CONFKIVKNCE D ALGÉSIRAS
mon auguste souverain, cl de son gouvernement, lears soahaits de cordiale bienvenue, ainsi que de vous exprimer Tespoir que nos communs efforts mèneront à bonne fin la tâche élevée et délicate qui nous est imposée à Algésiras^
Usant du bénéfice de Tordre alphabétique, M. de Radowitz disait alors :
Messieurs, Tordre alphabétique me donne le droit de vous prier de vouloir bien m^accorder la parole. J'ai donc Thonneur de tous proposer de confîerla présidence des travaux de cette conférence à Son Excellence M. le duc de Almodovar del Rio, le digne représentant du pays qui, en ce moment, offre son hospitalité aux délégués des puissances réunis'-.
Sur quoi, les délégués ayant unanimement adopté cette proposition, le duc d'Almodovar répondait :
Je remercie vivement Son Excellence M. le premier délégué d* Allemagne des termes si pleins de considération pour TEspagne et de déférence personnelle à mon égard dont il s^est servi pour proposer à LL. ËE. messieurs les plénipotentiaires que, conformément à Tusage, la présidence de nos travaux me soit confiée ; et je suis également reconnaissant aux autres délégués de Tassentiment bienveillant qu*ils ont bien voulu donner à cette proposition. Il serait peut-être superflu de vous assurer que, faute d'autres qualités, j*apporterai à Taccomplissement des importantes fonctions qui viennent de m*étre dévolues le môme esprit de conciliation, dont nous sommes tous animés. Pour que la conférence achève de se constituer, je me permets de proposer comme secrétaires M. Pina, chef de section au ministère d*É(at, M. Pierre de Margerie, conseiller à Tambassade de France à Madrid, et, comme secrétaires-adjoints, M. Hontoria et M. deOjeda, secrétaires d^ambassade^.
On passait aussitôt dans la salle des séances où les délégués prenaient place, suivant Tordre alphabétique, en commençant par la droite du président. Exception était faite pour les délégués du Maroc placés à sa gauciie. Immédiatement, le duc d'Almodovar prononçait le discours d'ouverture. Ce discours, dans la matinée, avait donné lieu à une courle et amicale négociation entre le pré-