Voir Protocoles, pag
3. On décida ultcriourcment rimpression do ces compte-rendus.
LE MÎMEi: ET LA HENCONTRE 107
à la différence des protocoles des séances olTicielles, serait dressé en un seul exemplaire et soumis successivement à tous les délégués, qui, après Tavoir approuvé, y apposeraient leur signature. Les signatures donneraient à ce document sa valeur authentique. Les décisions adoptées en principe dans les séances de comité seraient renvoyées à une commission chargée d'en préparer le texte et de le présenter à l'approbation de la conférence réunie en séance officielle. Le rôle de ce comité de rédaction se bornerait à préparer les textes, suivant les décisions prises au préalable par les plénipotentiaires.
L'impression produite par cette première séance résultait surtout de la déclaration de M. Réveil. Ceux des plénipotentiaires, à qui il avait eu déjà l'occasion de parler de nos projets, lui savaient gré d'avoir si exactement conformé sa manifestation publique à ses assurances privées. Les autres ne pouvaient s'empêcher do reconnaître que nous avions fourni spontanément les garanties qu'on était en droit de désirer de nous. Et par là même, l'Allemagne, qui avait provoqué, contre la France, la réunion de la conférence, se trouvait, dès le principe, obligée d'adhérer aux vues de notre représentant. Adhésion théorique, il est vrai, et dont, au jour le jour, nous allions éprouver bientôt l'infinie fragilité. Sur la théorie, l'accord existait. La pratique révélerait le conflit.
I. Art contrebande des armes. — Le questionnaire espagnol. — L'erreur de M. de Radowitz. — Une entente facile. — Les dislricls frontières. — La formule du marquis Visconti-Vcnosta. — L'adhésion de M. do Radowitz.
H. La poli ligue financière du Maroc. — Le projet chêrifien. — L'origine delà crise fiscale. ~ Les anciens impôts. — Les deux lertibs. — Le dcGcit. — Le questionnaire espagnol. — La confiîrence et le projet marocain. — Concessions et conditions. — Les deux courants. — M. Perez Caballero elle marquis Visconti-Venosta. — Impôts et douanes.
III. Le maghzen et les douanes. — Les intérêts des puissances. — La situation de la France. — Une moyenne nécessaire. — Les thèses en présence. — L'adoption du projet français. — Décimes additionnels et caisse spéciale. — Les mesures d'exécution. — Les droits d'exportation. — L'adjudication. — Les rélormes administratives des douanes. —La répression. —L'impression générale.
En prenant possession du fauteuil de la présidence, le duc d'Almodovar avait dit :
Sa Majesté Chéri6enne et les puissances ne nous ont pas investis de la mission de tracer un plan complet pour la transformation administrative du Maroc. 11 s'agirait plutôt d'étudier en commun les moyens d'application des mesures qui, dès à présent, paraissent être à la fois et les plus urgentes et les plus faciles à introduire.
De l'unanime aveu, la répression de la contrebande des armes répondait à cette définition. Et tout le monde avait approuvé le président de l'inscrire en tête de Tordre du jour*. Urgente, cette répression l'élait à coup sûr, car si la conférence se réservait d'étudier ultérieurement l'organisation de la police dans Tempire
i. Les séances, où il fut question de la conlrebande des armes, fuirent la promi«>re séanco de comité et les séances plénièros 2, 3, 4 et 7.
LES DÉBATS KCONOMIQUKS 10^
clîérifien, il était évident qu'en limitant sur son territoire l'introduction des armes, elle faciliterait d'autant le rôle de cette police *. La question ne devait d'autre part provoquer de difficultés ni locales ni européennes et comportait surtout, de la part des puissances, des mesures contre leurs nationaux. Elle était donc, à ce double litre, une commode introduction aux débals et permettait aux délégués de prendre, avant la bataille, un contact sans péril. C'est le 18 janvier, à la première séance de comité, tenue à trois heures de l'après-midi, que la question fut abordée. La délégation espagnole avait, à cet effeU préparé un questionnaire* affirmant d'une part la nécessité de prohiber Timportation des armes et des munitions, d'autre part la possibilité d'admettre des exceptions h. celte règle ; envisageant ensuite l'hypothèse des diverses sanctions ; affirmant enfin que, dans les régions frontières des possessions espagnoles et françaises, la surveillance et la répression de cette contrebande devaient être l'afiTaire exclusive des gouvernements marocain, espagnol et français. Dès le premier jour par conséquent, la conférence trouvait en présence les trois termes qu'elle allait avoir à concilier : la souveraineté du Sultan, qu'il s'agissait de renforcer tout en la limitant; l'intérêt général de l'Europe, qu'il fallait accorder avec les intérêts particuliers ; la situation spéciale de l'Espagne et de la France, dont il était impossible de ne point tenir compte. Dès ce moment aussi, la délégation française prenait l'attitude qu'elle conserverait jusqu'à la fin et établissait un contact, qu'elle ne laisserait plus se rompre, avec les représentants de l'Espagne et de l'Angleterre. De môme qu'il avait entretenu M. Révoil, de son discours inaugural, de môme le duc d'Almodovar avait rédigé, d'accord avec les plénipotentiaires de France et de Grande-Bretagne, son questionnaire sur la contrebande des armes. C'est dans cette conversation préparatoire que fut décidée l'assimilation des possessions espagnoles et françaises, quant à la surveillance de la contrebande dans les districts marocains frontières. Et lorsqu'à la séance de comité, M. de Radowitz,
1. Les meilleurs juges estiment que, dans ces dernières années, plus de 400 000 fusils à lir rapide ont été introduits au Maroc. Les bandes du Tafilulet, qui ont attaqué jusqu'à l'automne 1904 nos postes do l'Extrôme-Sud oranais, possédaient de nombreux fusils mauser.