‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 82 sur 357 · Voir Appendice, page · texte numérisé non relu

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118 LA tlONFKRKNCE 1) AUiKSIRAS

il Mencbbi, alors minisire de la guerre, par sir Arthur Nicolson, ministre d'Angleterre à Tanger, dans un dessein beaucoup plus politique que financier. Nul alors ne songeait encore, même à titre d'hypothèse, à la possibilité de l'accord franco-anglais, qui devait se conclure trente mois plus tard. Et la diplomatie britannique nourrissait l'espoir de fermer le Maroc à notre influence en le régénérant économiquement et politiquement. Sir Arthur Nicolson avait cru que le terlih pourrait aider à cette régénération défensive. Et il s'était fait le parrain de la réforme proposée. Après quelques hésitations, toutes les puissances l'acceptèrent le 23 novembre 1903. Le nouveau règlement astreignait lesélrangers et protégés, au même titre que les Marocains, à payer l'impôt sur les animaux domestiques, les terrains et les attelées de labour, les vergers et les jardins. Il spécifiait que cet impôt serait égal pour tous, exclusif de tout autre, soustrait dans sa perception à l'arbitraire des gouverneurs, réparti et levé par un corps spécial d'ouinanas et d^adouls \ avec le concours des consuls en ce qui concernait les étrangers. C'était là une véritable tentative de révolution financière, supprimant l'impôt coranique, le mieux accepté de tous, abolissant les privilèges religieux les plus traditionnels, substituant le droit régalien au droit religieux dans un pays où l'idée religieuse est la seule base de l'autorité politique : autant de raisons pour qu'il fût inapplicable.' Tout en adhérant aux propositions du maghzen, les légations marquèrent d*ailleurs leur scepticisme en ajoutant au règlement un article aux termes duquel les étrangers et protégés ne devaient être astreints au paiement des taxes du leiUib qu'autant que les Marocains les acquitteraient eux-mêmes. Le Sultan avait espéré, sous prétexte de réforme fiscale, faire payer les Européens. On lui répondait en l'obligeant d'abord à faire payer ses sujets.

Le résultat fut déplorable. Avec une imprudence sans nom, le maghzen avait cessé de percevoir les anciens impôts avant môme d'avoir obtenu le consentement du corps diplomatique à rétablissement des nouveaux. Les contribuables perdent vite l'habitude de payer. Les Marocains profitèrent du dégrèvement,. mais restèrent obstinément rebelles aux impôts de remplacement, si bien

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