Voir ci-dessus, pages J2l
4. Ces produits étaient le bUt-ro, le lh«'. le caft;. les boissons alcooliques, l'cipium.
roeDtde droits aussi vexatoires. D'ailleurs, le principe moine de la majoration douanière était loin d'être accepté par le plus grand nombre des plénipotentiaires. Les uns, au premier rang desquels figurait M. de Radowitz, se déclaraient hostiles à toute majoralion ; les autres, comme le comte de Welsershcimb, représentant de rAulriche, n'étaient pas aussi catégoriques, mais ils inclinaient à penser que, sans surlaxe douanière, on pourrait, dans une organisation meilleure des services, trouver l'excédent de recettes dont on avait besoin. D'autres enfin, comme sir Arthur Nicolson, ne refusaient pas de consentira l'élévation des droits de douane, mais ils mettaient à leur adhésion une condition formelle : c'est que les fonds ainsi recueillis seraient versés dans une caisse spéciale, dont l'Europe garderait le contrôle. Entre ces thèses diverses, la situation de la délégation française était délicate. La réserve de l'Allemagne lui imposait l'obligotion de prendre l'initiative des propositions. Et, dans ces propositions, il lui fallait accorder, avec la nécessité de trouver pour les réformes les fonds indispensables, la défense de l'intérêt français. L'idée directrice de notre politique était de ne point créer au Maroc d'organivsations inlernalionales de longue durée, susceptibles de devenir pour nous une menace ou une gène. Or, quoi qu'on fit, si l'on instituait, — et comment y échapper ? — une caisse spéciale pour les receltes supplémentaires des douanes, c'était un premier élément d'internationalisation qu'on introduisait dans l'empire chérifien. Quant à se contenter d'une réforme administrative, il n'y fallait pas songer. Nous savions, par l'expérience del'empruntde 1904, que, si Ton peut opérer un prélèvement sur les receltes douanières, un contrôle effectif de ces recettes est impossible ^ De plus, c'est pour des travaux définis, pour améliorer notamment Toutillagc des ports, qu'on cherchait des ressources nouvelles. Quelle garantie aurait-on que ces travaux seraient exécutés, si on laissait au maghzen le soin d'y présider? Et comment, sans augmenter les droits, obtenir l'argent nécessaire ? 11 eût fallu pour cela prendre sur les recettes du Sultan, diminuer par conséquent ces recettes : or on était à Algésiras pour les augmenter. De quelque côté donc
1. M. Regnatilt, en 1904, avait réussi à organiser le prélèvement, mais non le conlrôle.
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que I on envisageât le problème, force élait de revenir à ces deux conclusions : majoration des droits de douane, afibctalion de Texcèdent ainsi obtenu à des dépenses déterminées par les soinâ d'une caisse spéciale. À vrai dire, les instructions de M. Révoil indiquaient qu'à un relèvement général des droits de douane, une meilleure spécification semblait préférable*. Mais, d'une part, la question n'était plus entière, puisque la conférence était saisie d'un projet de majoration et par le programme marocain et par le questionnaire espap^nol ii là). D'autre part, si nous pouvions admettre des éléments d'organisation internationale, c*étail, de toute évidence, sur le terrain économique, où nous avions, dès le premier jour, ailirnié notre attachement au principe de la «porte ouverte » -. Il fallait tenir compte aussi derinlérèt que nous avions à fortifier la bonne impression produite sur les États de second ordre par nos déclarations initiales. El, pour ce faire, il était essentiel de garder la direction morale des débats, en opposant à l'inertie de la délégation allemande, qui n'avait jusqu'alors présenté aucune solution, le caractère pratique de nos propositions. 11 n'était pas non plus sans intérêt de montrer au maghzen que, tandis que M. de Hadowitz lui refusait cette augmentation de revenus à laquelle il tenait par-dessus tout, nous étions prêts à la lui consentir sous certaines conditions.
Ces conditions élaient d abord rafifectation contrôlée des ressources nouvelles à des travaux publics, dont toutes les puissances commeivantes devaient également bénéficier. C'était ensuite de ne pas engager l'avenir, d'arrêter des mesures spéciales et temporaires, rOponJanl aussi bien aux besoins locaux qu'aux nécessités de la période transitoire par où passait notre politique marocaine, de ne rien créer par conséquent de général ni de définitii*. Sans doute, c'était là, de notre part, une première transaction qu'il aurait été plus opportun de réserver pour le moment, où il fût devenu possible, le débat s'élargissant, d'obtenir une contre-partie. Mais cette attitude expectante u'aurait-elle pas donné à croire à des arrière-pensées, qu'on eût invoquées contre nous? D'accord avec sir Arthur Nicolson, le marquis Visconti-Venosta, le duc d'Almo-