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UO \Ji CONFKRKNCE d'aLGÉSIRAS
pratiques et, pour tous, acceptables s'en trouvait fortifiée. Notre cause ne pouvait qu*y gagner moralement.
C'était là Tessentiel du débat sur les douanes : ce n'était pas tout cependant. Et à cùté de cette décision de principe, la conférence devait étudier aussi diverses mesures subsidiaires qui s'y ratlacliaicnl directement. La première fut la diminution des droits d'exportation. Il existe au Maroc des droits de ce genre, allant parfois jusqu'à la prohibition pure et simple, sur un certain nombre de produits. Ils se justifient, tant par les ressources qu'ils assurent au maghzen que par la nécessité fréquente de faire face à des crises de disette qu'expliquent la mauvaise organisation des cultures et l'insuffisance des communications. Deux thèses se trouvaient en présence. Les représentants du maghzen redoulaientqu'en diminuant les droits, on ne diminuât aussi les recettes: et, au début, cette crainte parut partagée par sir Arthur Nicolson. La majorité des plénipotentiaires estimait au contraire qu'en augmentant les facilités d'exportation, on accroîtrait le produit des droits tout en abaissant leur taux. C'est celte seconde manière de voir qui prévalut. On envisagea Thypo thèse du dégrèvement pour les pois chiches, le maïs, l'orge, le blé. On réclama l'élévation de 6000 à 10 000 des têtes de gros bétail que les puissances sont autorisées à exporter annuellemement du Maroc*. On demanda la liberté du cabotage entre les ports de l'empire pour les marchandises et les animaux de toute espèce originaires du Maroc, à l'exception des chevaux, mulets, ânes et chameaux, pour lesquels un permis spécial du maghzen devait rester nécessaire. Malgré la mauvaise volonté de la délégation marocaine, qui se livra, au cours de la discussion, à une persistante obstruction, ces différentes mesures prirent place dans l'Acte final, soit sous forme de clauses acceptées, soit sous forme de vœux recommandés au bon accueil du Sultan.
La réforme et le contrôle de l'administration des douanes n'avaient pas paru sulUsants pour assurer aux travaux publics nécessaires un budget constant et régulier. Mais l'adoption de la surtaxe n'excluait point celte réforme. La conférence consacra à Tétudier quatre de ses séances, A la cinquième séance de comité»
1. Los Marocains firent à cetlo proposilion une vive opposition.
LES DKIJATS ÉCONOMIQUES i31
le 3 février, le comilé de rédaction fut, sur la proposition de M. Ferez Caballero, chargé de définir « les bases sur lesquelles de\Taient être établies les formalités douanières ainsi que Tunilication des législations relatives à la répression de la fraude et de la contrebande ». A la séance du 10 février, lecture fut donnée de cet avant-projet *, qui s'inspirait naturellement du règlement déjà adopté pour la répression de la contrebande des armes. Aucune observation importante n'ayant été formulée, le comité reçut mission de préparer un projet définitif, dont l'examen fut abordé le 13, à la septième séance olTieielle, continué le 14 et le 17. Cet examen, purement technique, ne présenta point d'intérêt général. Et le texte de l'Acte final se suffit à lui-même à cet égard-. Tout au plus, peut-on noter que, comme pour la contrebande des armes, la répression de la contrebande douanière fut, dans les régions limitrophes des possessions de la France et de l'Espagne, confiée à ces deux puissances. Ce n'était là d'ailleurs que l'application d'un principe définitivement acceptée
A l'heure où s'achevait ce travail soigneusement étudié et si bien approprié aux besoins locaux qu'il a, depuis sa promulgation, été cité comme un modèle dans d'autres pays musulmans ^ l'intérêt des délégués avait cessé de s'y attacher. Ce n'était plus dans la salle de Vayuntamienlo, dans les séances plénières ou de comité, que se décidait l'avenir de la conférence. C'était dans les salons de l'hôtel, au cours des entrevues privées des plénipotentiaires. C'était dans les capitales, parmi l'entre-croisement des télégrammes. Les grosses questions, déjà, n'étaient plus entières. Et avant la discussion publique, la discussion à huis-clos les avait entamées. L'étude de ces négociations directes, à laquelle nous arrivons maintenant, est plus neuve et plus passionnante que celle des débats initiaux dont nous venons de retracer l'histoire. Il eût été cependant injuste et regrettable de céder, pour y parvenir, à la tentation de brûler les étapes. L'œuvre préliminaire,
\. Voir Protocoles, page 94.