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la conférence eût là-dessus à statuer ; qu'il n'y avait pas lieu, par conséquent, de nous accorder dans le reste du Maroc une situation particulière. Et, pour écarter avant la discussion une solution qu'il ne voulait point accepter, il s'efforçait de nous lier les mains en invoquant une prétendue promesse, restriclive de notre liberté, qui aurait été faite au D' Rosen, — - sous quelle forme, on ne le disait point — à la fin de sa mission à Paris. On a vu déjà quels arguments décisifs répondaient à cette prétention *. M. Révoil s'y référa sans provoquer d'objections. Il conclut en déclarant à II. de Radowitzque, si l'Allemagne semblait décidée à refuser à la France le mandat de police, la France était, en revanche, résolue à le demander; que, ce faisant, elle entendait sauvegarder, suivant l'expression de M. Rouvicr, la qualité spéciale de ses droits et de ses intérêts; que cette sauvegarde était du reste conciliable avec le respect le plus scrupuleux de la liberté économique.

L'entretien se termina, sans conclusion pratique, sur l'intention exprimée par M. de Radowitz de le reprendre un prochain jour.

Cesl le vendredi 26 janvier que M. de Dadowitz avait rendu visite à M. Révoil. C'est le lundi 29 qu'eut lieu entre M. RegnauU et le comte de Tattenbach la première des entrevues convenues au cours de cette visite. M. de Tattenbach arrivait à ces pourparlers ofGcieux, — secrets môme, avait dit M. de Radowitz, mais comment garder dans l'hôtel le secret sur une rencontre de ce l^enre ? — avec une réputation déjà acquise de brusquerie et de raideur. Depuis le commencement de la conférence, il allait de -délégation en délégation avec des propos comminatoires, multipliant ces tt moulinets de sabre » que, peu de jours après, M. Delbrnc.k devait recommander comme propres à intimider les Francs, et mêlant la menace à la plaisanterie. Dans ses premiers rapports avec M. RegnauU, c'est cependant la note aimable, familière et sans gène qui domina. Notre délégué technique, aussi incapable de se laisser prendre aux avances que troubler par les

i. Voir ci-d08sus, page 44.

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menaces, allait se contenter d'ailleurs de répondre aux argameots de son interlocuteur par les objections appropriées, en demeurant sur son terrain.

On parla d'abord de la Banque d'Etal, non sans avoir rappelé qu'aux termes de Tentrelien entre MM. Révoil et de Radowitz, on s'occuperait ensuite de la police, pour chercher, suivant Texpres* sion du plénipotenliairc allemand, dans i étude combinée des deux questions « les éléments d*une transaction ». De cette conversation à hâtons rompus, qui n'opposa pas i*un à l'autre deux textes écrits, mais so borna à confronter des idées, une impression d'ensemble se dégagea, sensiblement plus nette que celle qui résultait dt's entrevues antérieures de M. de Radowitz soit avec le marquis Visconti-Vonosta, soit avec M. Révoil. On sait^ quels étaient en matière linancière les droits des banques françaises créancières du Maroc; comment, de ces droits garantis par le contrat du [2 juin 1904, les uns étaient inaliénables, les autres ne pouvaient être cédés que contre une juste compensation'. Si lumineuse que fût cette vérité juridique, le comte de Tattenbach la mécuniKiissait avec désinvolture. Pour lui, le droit de préférence du consorliuin français devait être purement et simplement abandonné : il Tanéaulissail d'un trait de plume et nous conviait à faire comme lui. Après quoi, il partageait le capital de la banque en parts égales entre toutes les puissances représentées à la con« férencc et, sans tenir compte de la situation prépondérante delà France dans le commerce du Maroc, sans s'arrêter au rôle décisif joué par l'épargne française dans la constitution du crédit marocain, sans reconnaître que la Banque d'État ne pourrait fonctionner qu'après entente avec nos banques, il nous plaçait au même rang que la Suède ou les Pays-Bas : le tout présenté avec rondeur et comme une chose naturelle, suivant la mélhode qu'emploie volontiers la diplomatie allemande pour masquer, au début d'une discussion, l'excès de ses prétentions.

En réfutant brièvement celte thèse insoutenable, M. Regnault n'eut point le sentiment qu'elle fût définitive. Ce sentiment se conlirma à la seconde et à la troisième entrevue, le jeudi 1*' et le

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